Un titre, deux podiums et des regrets

  • Sam 01 décembre 2012
Maxime Castillo en action lors des derniers Championnats de France Maxime Castillo en action lors des derniers Championnats de France  © by Yves Sobansky

L'équipe de France a bouclé ce samedi les championnats du monde ISA de bodyboard au Venezuela avec le titre de Maxime Castillo en juniors, la deuxième place de Martin Mouradian en drop knee et le bronze de Yoan Florantin en Open. La France perd la première place par équipes au détriment du Brésil qui la double pour 13 petits points...

En tête depuis trois jours au classement des nations, l'équipe de France a laissé échapper son titre mondial par équipes dans la dernière série du dernier jour. Pour 13 petits points, le Brésil la coiffe au poteau grâce, notamment, au succès d'Eder Luciano en Open. Rageant quant on sait qu'avec une deuxième place en Open qu'aurait pu (dû ?) obtenir Yoan Florantin, les Bleus auraient conservé leur trophée. « Il y a eu des choses bizarres, pestait Nicolas Padois, le team manager tricolore. Une vague moins bien notée, une note qui est effacée et remplacée par une autre bien meilleure. On est un peu dégouté à chaud... »

A froid, il restera tout de même un deuxième rang mondial pour les bodyboardeurs français et, surtout, trois médailles en individuels dont celle en or de Maxime Castillo, champion du monde chez les juniors. « Il y a de la joie et de la déception, confirme Padois. Le bilan est tout de même honnête, on a défendu notre rang et démontré qu'on avait des riders comme Yoan (Florantin) et Martin (Mouradian) qui vont faire parler d'eux très vite ! Bravo aussi, et surtout, à notre capitaine Jérémy Arnoux, qui s'est fait éliminer trop tôt (11e place) mais qui a fait son job jusqu'au bout en restant solidaire et attentif avec le reste de l'équipe. »

Catégorie Open
Yoan Florantin (La Réunion) avait fait de ces Mondiaux un objectif majeur de fin de saison. Après avoir conservé son titre de champion de France au début du mois de novembre, « Ti Pec » voulait aller décrocher la lune sur l'île de Marguarita. Un parcours sans faute jusqu'en finale, et notamment une superbe prestation vendredi lors de la finale du tableau principal, laissait penser qu'il était parti pour succéder au palmarès au Landais Pierre-Louis Coste. Dans une finale de 30 minutes, Florantin avait choisi d'être patient dans des vagues capricieuses, pas très grosses (1 mètre) mais pouvant offrir par moment de belles rampes de lancement pour les manoeuvres aériennes qu'il apprécie tant. Le Réunion fut ainsi longtemps quatrième avant de passer troisième, puis deuxième derrière Sergio Alonzo. A seulement 5,88 pts du Vénézuélien pour aller chercher le titre mondial. C'était sans compter sur le retour énorme du Brésilien Eder Luciano qui, à 8 minutes du final, trouvait une belle vague pour y placer un air roll spin magnifique, crédité d'un 8/10. Le Sud-Américain passer en tête, Florantin glissant à la troisième place avec l'obligation d'aller score un 7,81 pts. Rien d'impossible pour celui qui avait obtenu un 9,70 pts la veille lors de la finale du tableau principal. Mais l'océan ne venait pas, cette fois, à son secours. Florantin repart donc du Venezuela avec la médaille de bronze. C'est mieux que rien.
L'analyse de Nicolas Padois : « Dommage que Yoan ne prenne pas une meilleure note en tout début de sa finale. Ça aurait certainement changé pas mal de choses. Sans doute pas pour le titre mondial, mais au moins pour la deuxième place. Qui nous aurait garanti le titre par équipes. Lui aussi a fait son maximum. Il n'a rien à se reprocher. »
Yoan Florantin : « Je suis hyper déçu mais je n'ai pas de regrets car j'ai fait mon maximum dans ces petites vagues. Ce n'est pas comme si j'avais raté une vague. Je n'ai jamais été bien placé, les vagues arrivaient toujours sur les autres, pas sur moi. J'aurais peut être pu reprendre la deuxième place, mais bon... C'est dommage. J'étais bien depuis le début des championnats, très motivé. Je n'ai pas non plus trop gamberger, je savais ce que j'avais à faire. Mais aujourd'hui, dans ces vagues, c'était de la loterie. Et comme chacun avait plus ou mois le même niveau, c'est celui qui avait la plus belle vague qui gagnait. Je quitte le Venezuela dans deux jours pour la France puis direction les Canaries où je participerai dans quelques jours à la dernière étape du tour mondial professionnel IBA sur le spot d'El fronton. Là, au moins, on aura des vagues dignes de ce nom ! Je suis très fier de ma saison, notamment de ma qualification dans le Top 24 pro. Une nouvelle vie va commencer pour moi. »

Catégorie juniors
Après deux échecs aux championnats d'Europe (3e place à Lacanau en septembre) et aux France (2e place à Anglet en novembre), Maxime Castillo a pris une éclatante revanche ce samedi sur lîle vénézuélienne de Marguarita en décrochant l'or mondial ! Le sociétaire de l'Ocean Roots (La Salie, Gironde), a lui aussi cru tout perdre face à un autre Sud-Africain. Mais contrairement à Mouradian qui n'a pas su réagir, Castillo, lui, est revenu en trombe pour arracher son premier titre. Rapidement devant grâce à une belle vague notée 6, 33 pts, Castillo n'a jamais trouvé une seconde bonne vague (le score total se faisant sur la somme des deux meilleurs vagues). Du coup, il se faisait doubler à la moitié de la finale par Tristan Roberts pour 0,07 pt ! Obligé de trouver une vague à 4,24 pts, le Girondin a su être patient jusque dans les dernières secondes. Et à 2'30'' du final, il partait sur une belle gauche sur laquelle il plaçait de très beaux rollos. Résultat : 4,77 pts et le titre mondial juniors. En pleurs à sa sortie de l'eau, il était ensuite porté par ses compatriotes, un drapeau tricolore en mains.
L'analyse de Nicolas Padois : « C'était très serré, très stressant pour nous au bord de l'eau. C'est le plus beaux des titres car cette saison, Maxime a eu beaucoup de revers, il a vécu une année difficile. Ça l'a poussé dans ses retranchements et il s'est battu jusqu'au bout. Il voulait ce titre. Il a été le chercher avec ses tripes. »
Maxime Castillo : « Je suis tellement heureux ! Ce n'était pas évident car les vagues n'étaient pas faciles, pas très fun... J'ai eu cette vague à la dernière minute. Ce n'est que du bonheur ! Je ne réalise pas tout à fait ce qui vient de m'arriver. Surtout que j'ai eu une année très difficile. J'ai souvent perdu dans les derniers instants et là, je gagne le plus beau des titres au dernier moment ! C'est magique. Mes défaites cette année m'ont beaucoup appris. Et puis, il y a un retour de karma (rires). Je garderai un très bon souvenir du Venezuela. Des vagues pas folles, mais une très bonne cohésion de groupe et la démonstration que nous, Français, avons su montrer notre niveau dans ces petites conditions qui ont favorisé les Sud-Américains. »

Catégorie drop knee
Martin Mouradian
a longtemps cru remporter le titre mondial dans la catégorie drop knee des championnats du monde de bodyboard. Mais le rider de la Guadeloupe s'est fait doubler par le Sud-Africain Iain Campbell à cinq minutes du final. Maroudian termine donc son marathon vénézuélien avec un titre de vice-champion du monde et une médaille d'argent autour du cou. Qui ne fera pas son bonheur. Engagé en Open et en drop knee (position à genoux sur sa planche), Maroudian aura surfé plus que quiconque sur ces Mondiaux, puisqu'il est passé par le tableau de repêchages en Open pour échouer à une place de la grande finale. Il prend ainsi la 5e place au classement général dans cette catégorie. Spécialiste du drop knee, Maroudian a donc fait étalage de son talent et de sa technique dans une finale qu'il domina durant 25 minutes. En route pour un titre mondial avant que le Sud-Africain Iain Campbell ne trouve une vague à 5,87 pts pour le doubler. A 30 secondes du buzzer, Maroudian avait une utile chance de repasser devant en prenant une vague à potentiel où il devait aller chercher un 5,21 pts. Las, il chutait, ses espoirs de conquête avec lui.
L'analyse de Nicolas Padois : « C'est vraiment dommage s'il passait sa manœuvre sur cette vague, il était champion du monde. Mais quelque part, le Sud-Africain mérite sa victoire, donc... »
Martin Mouradian : « Ça fait du bien quand ça s'arrête ! Dès le premier jour, j'ai été dans le tableau de repêchages et j'ai eu des séries très difficiles. Au final, je prends la 5e place en Open et je suis tout proche du titre en drop knee. Déçu ? Oui et non. Je suis à ma place. Mais je repense encore à cette dernière vague à 30 secondes de la fin. C'est ma meilleure en finale, je n'ai pas le droit de tomber... C'est surtout pour le titre par équipes que je suis déçu. On s'en veut tous un peu. On se dit chacun que c'est un peu de notre faute, qu'une vague de plus, qu'une place de mieux, aurait permis de conserver notre titre. »

Catégorie juniors filles
Dans une finale où la Brésilienne Kirsty Montenegro apparaissait comme la grande favorite, il y avait une place de vice-championne à aller chercher pour l'Hendayaise Maïka Etcheverria. C'est ce que la basque su faire en se plaçant juste derrière la Sud-Américaine grâce à deux vagues moyennes mais suffisantes. Mais à 4 minutes du final, la Japonaise Shiori Okazawa venait totalement bousculer la hiérarchie avec une superbe vague notée 7 pts. Reléguant ainsi la Brésilienne au deuxième rang et la Française au troisième. Pas la place dont il aura rêvé tout au long de sa finale mais un résultat qui lui garantissait une médaille de ces Mondiaux qu'elle alla chercher en contenant la Vénézuélienne Angelica Romero (4e).
L'analyse de Nicolas Padois : « Maïka est à sa place, elle s'est battue jusqu'au bout. Bravo à elle. »

 

Les résultats des finales
Open

1. Eder Luciano (Bré) 14,20 pts
2. Sergio Alonzo (Ven) 13,04 pts
3. Yoan Florantin (Fra) 12,33 pts
4. Sergio Luiz (Bré) 11,43 pts
5. Martin Mouradian (Fra)
11. Jérémy Arnoux (Fra)

Open filles
1. Sari Ohhara (Jap) 12,67 pts
2. Isabela de Souza (Bré) 12,27 pts
3. Yuleiner Gonzalez (Ven) 9,87 pts
4. Pamela Bowren (AfS) 7,77 pts
5. Anne-Cécile Lacoste (Fra)

Drop Knee
1. Ian Campbell (AfS) 11,20 pts
2. Martin Mouradian (Fra) 10,33 pts
3. Cesar Bauer (Per) 9,97 pts
4. Bryan Medina (Chi) 9,06 pts

Juniors
1. Maxime Castillo (Fra) 11,10 pts

2. Tristan Roberts (AfS) 10,60 pts
3. Emilio Vargas (CRi) 8,50 pts
4. Francisco Otani (Chi) 6,55 pts

Juniors filles
1. Shiori Okazawa (Jap) 12,84 pts
2. Kirtys Montenegro (Bré) 11 ,30 pts
3. Maïka Etcheverria (Fra) 9,34 pts
4. Angelica Romero (Ven) 7,77 pts

Classement par équipes
1. Brésil 5528 pts
2. France 5515 pts
3. Venezuela
4. Afrique du Sud
5. Pérou

La sélection française

Open : Yoan Florantin (La Réunion), Martin Maroudian (Guadeloupe), Jérémy Arnoux (Gironde, Guadeloupe)
Open fille : Anne-Cécile Lacoste (Gironde)
Junior : Maxime Castillo (Gironde)
Junior fille : Maïka Etcheverria (Pays Basque)
Drop Knee : Martin Maroudian (Guadeloupe)

Le site de la compétition !

 

Dernière modification le samedi, 01 décembre 2012 20:01
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