Présentation de F. Pradier nouveau DTN FFS
Arrivé le 3 mars dernier à la Fédération Française de Surf pour occuper le nouveau poste de Directeur Technique National du surf tricolore, le biarrot François Pradier s’est prêté au jeu des questions réponses, afin de nous dévoiler qui il est et ce qu’il compte entreprendre en cette année 2008.
Présentation
Bonjour, je suis François Pradier, j’ai 38 ans, habite à Biarritz, Pays Basque, je suis marié avec 3 enfants.
Avant d’arriver à la FFS où travaillais-tu ?
Je suis rentré en tant qu’ « emploi jeune » en 1998 à la Ville de Biarritz pour prendre en charge la structuration des clubs de surf. Après quelques concours réussis de la fonction publique, j’étais depuis 2005, adjoint au directeur des sports de la Ville de Biarritz: J’exerçai principalement les missions de responsable des activités littorales et du sport en milieu scolaire dans un service de 50 agents + 50 sauveteurs communaux saisonniers des plages. J’avais en charge l’ensemble des dossiers liés à la plage et notamment le suivi du surf et sa réglementation, les événements, la programmation d’équipements de bords de mer, etc.
Que faisais tu avant d’entrer à la Mairie de Biarritz
J’ai vendu de la pub pour les éditions surf session, fait quelques « piges » dans des magazines spécialisés mais surtout été éducateur sportif pendant 15 ans (surf, natation, rugby).
Quelle est ta formation ?
Je suis issu du cursus STAPS, creuset des techniciens du sport français, avec une Maîtrise: « entraînement et performance motrice» et un mémoire universitaire intitulé « le surf de compétition sur la Côte Basque », 1993.
Avais-tu déjà été impliqué dans le mouvement fédéral ?
J’ai écrit les premiers statuts du BASCS (le club formateur de Biarritz) en 1998 et donné les premiers entraînements de surf avec Axel Lerga et d’autres. Cela a duré 5 ans.
Je me suis occupé du comité départemental côte basque de surf, secrétaire à partir de 1999 puis président de 2002 à 2005. Avec une super équipe, toujours en place (François Pola, Pipo Ortiz, Eric Termeau et d’autres), on y a fait des choses nouvelles pour le surf en côte basque: l’accessibilité en école primaire, la mise en place d’un poste d’éducateur sportif pour développer deux pré filières de haut niveau, et d’un circuit d’épreuves départementales « jeunes ». Mais aussi la gestion de sections sportives avec la création d’une section « filles » Bref, un organe déconcentré de la FFS plutôt performant.
Quels sont d’après toi les éléments qui t’ont permis d’être nommé et qu’attend-t on de toi à la FFS et au ministère ?
Les raisons pour lesquelles je pense avoir été choisi par le Comité directeur de la FFS, j’évoquerai ma capacité à être à la fois imprégné de culture surf et également d’une culture sportive généraliste que j’ai développé grâce à mon activité professionnelle en tant qu’agent de catégorie A de la filière sportive de la fonction publique territoriale.
Cela fait dix ans que je suis l’interface entre un milieu réputé caractériel et rebelle, une collectivité, la Ville de Biarritz, et des institutions (dont le formalisme ne s’accommode guère des heures de marées et autres mouvement fluctuant de notre discipline) et de passer de l’un à l’autre avec relativement d’aisance. Durant cette époque j’ai expliqué sans cesse aux surfeurs ce qu’est la notion d’intérêt général qui, je le rappelle, n’est pas la somme des intérêts particuliers…
Il me semble que ce profil bivalent est un atout pour un DTN de la FFS qui, pour avoir une vision prospective de sa discipline, doit connaître le surf mais aussi l’organisation du sport français pour que le surf trouve une place cohérente dans la politique sportive de l’Etat.
Depuis combien de temps pratiques tu le surf ?
Je suis un surfeur passionné qui a voué sa vie pour cette discipline. J’ai acheté ma première licence fédérale à 14 ans et j’ai eu la chance depuis que je suis ado de baigner dans les ambiances et les groupes références du surf français, (les mecs de la « Grande » à Biarritz, les tahitiens de l’époque, etc.). Déjà, à cette époque, je trouvais avec mes copains que nous étions un peu seuls, sans matos, sans vraiment de « grands frères » pour nous passer le flambeau. C’était la liberté, l’adolescence, la « déconnade » même mais déjà j’avais une idée en tête : Faire qu’en surf il y ait des grands qui s’occupent des petits et du matos pour s’entraîner. Déjà les prémices de mon parcours. Aujourd’hui j’ai 20 ans de surf, le tour du monde des meilleures vagues, un BE et toujours mes planches.
Quels vont être tes principaux objectifs de l’année 2008 ?
Je n’ai pas la prétention de révolutionner le projet fédéral car tout d’abord, il faudra aborder cette mission avec toute l’humilité nécessaire à la découverte d’un nouvel environnement professionnel, de nouveaux collègues et interlocuteurs. Tout cela ne pourra se faire en un jour. Il me faudra un temps d’observation nécessaire.
De plus, la convention d’objectif du ministère fixe un cadre très précis commun à toutes les fédérations que l’on peut synthétiser en 4 misions principales :
- Promotion du sport par le plus grand nombre
- le développement du sport de haut niveau
- Prévention par le sport et protection de la santé des sportifs
- La promotion des métiers du sport.
Mais j’ai en tout cas identifié quelques priorités. J’en citerai trois:
1°) L’accession au surf de haut niveau.
Nous avons de bonnes équipes de France soudées, talentueuses. .Il faudra faire fructifier cet héritage que l’on doit à mon prédécesseur Francis Distinguin et à d’autres techniciens passionnés qui ont su établir une relation de confiance forte avec plusieurs générations de surfeurs français et hisser le surf tricolore à son niveau actuel.
Pour cela, nous avons constaté, avec Michel Plateau, responsable des équipes de France, la qualité et la quantité d’éducateurs et coachs de haut niveau en France qu’il faudra associer de plus en plus au projet fédéral. Nous allons mettre l’accent sur l’approche individualisée du surfeur car une bonne situation pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre.
En ce sens, le Ministère des Sports envisage de réformer les filières d’accession au haut niveau, toute fédération confondue, pour les adapter à la réalité. Aujourd’hui, l’excellence sportive se trouve non seulement dans les filières fédérales classiques (Pôles espoir, France) mais également dans d’autres formes de « coaching » : les relations parent/enfant (la tenniswoman Marion Bartoli et son père), entraîneur /compétiteur (Laure Manaudou et Philippe Lucas), les structures dites privées (team Lagardère d’athlétisme) ou les parcours initiatiques originaux (les judokas français s’expatriant au japon). En surf, nous avons des exemples précis dont nous devons nous inspirer pour étoffer la qualité de la formation française : Michel plateau est actuellement en Australie avec un collectif « France » pour se frotter à ce qui se fait de meilleur en matière de jeunes compétiteurs. Il a, auprès de lui, Patrick Florès, amenant son expertise qui a su guidé son fils mais aussi d’autres jeunes hexagonaux. D’autres coachs issus des marques de surf sont également en mesure d’amener une plus value à l’action de la FFS. Une Direction Technique Nationale diplomate et fédératrice devra coordonner ce bouillonnement de compétences. Parallèlement, l’effort de formation initiale et continue des éducateurs et entraîneurs sera maintenu.
2°) Le soutien apporté aux clubs, comités et ligues dans leur développement.
La FFS doit suivre les projets de développement locaux en y apportant sa contribution. La Direction Technique Nationale doit être au cœur de l’action publique locale et le moteur de la FFS auprès des clubs, dans le montage de projets (bâtiments, réglementation adaptée aux spécificités de chaque littoral communal, projet de développement sportif).
3°) La création d’une commission juridique
Aujourd’hui la FFS est au carrefour de nombreuses questions juridiques :
- La réglementation des plages
- Le statut fiscal des clubs et des écoles
- Le suivi socio éducatif des surfeurs de haut niveau en devenir ou en reconversion.
Une veille juridique sera mise en place pour pouvoir apporter une aide à l’ensemble des acteurs de la FFS dans leur démarche de développement.
D’autres axes majeurs d’intervention s’imposeront à nous. Il conviendra de les aborder sans précipitation mais avec méthode et enthousiasme.
Qu’attends-tu personnellement de ce nouveau poste ?
L’accomplissement de soi est important dans ma vie. Progresser, découvrir de nouveaux horizons sont un leitmotiv. J’ai écouté les autres DTN et autres inspecteurs jeunesse et sports que je connais, je suis prévenu, c’est une mission très enrichissante. C’est un sacerdoce, très prenant, très stressant. Mais depuis le temps que je suis surfeur je m’en serai voulu de ne pas être monté dans ce train là.








