Les championnats de France fêtent leur 58e édition

PV Laborde vainqueur en 2018 d'une des plus belles éditions des championnats de France. PV Laborde vainqueur en 2018 d'une des plus belles éditions des championnats de France.  © FFSurf / We Creative

Les championnats de France by Banque Populaire fêtent cette année leurs 58 ans pour une 58e édition due à l'annulation de l'édition 2020 (Covid). 33 titres nationaux seront décernés à Biarritz du 28 octobre au 5 novembre.

LE PALMARÈS DEPUIS 1964 

Les tout premiers championnats de France placés sous l'égide de la Fédération Française de Surf datent de 1964. Quelques jours après la création de la "Fédé", Philippe Gérard et Marie-Christine Delanne écrivent leur nom sur la première ligne d'un palmarès qui s'étire depuis comme de la wax au soleil d'été. C'est à Anglet qu'ont lieu les trois premières éditions, celle de 1966 se tenant sur le légendaire spot de la Barre, disparu depuis. A cette époque, une seule discipline est de mise : le surf ! Pas de shortboard, ni de longboard, mais la planche de l'époque. Celle de Jean-Marie Lartigau, triple champion de France (1966, 67 et 68), de François Lartigau, Joël de Rosnay, René Bégué, Jean-Baptiste Caulonque, Marie-Christine Delanne ou encore Marie-Paule Delanne. La Barre est Le site privilégié avec quatre éditions (1966, 68, 69 et 70) alors que Biarritz les accueillent en 1967.

Les Tahitiens écrasent tout ou presque
arsene88Biarritz est de nouveau la ville hôte des championnats en 1971. Une date clef avec l'arrivée des Tahitiens sur la scène nationale. Henri Lucas l'emporte haut la main avec un style et une planche qui cassent les codes. Pendant deux décennies, les Polynésiens font main basse sur tous les titres ou presque. C'est la grande époque des Patrick Juventin, Claude Laurent, Arsène Harehoe, Gérard Remoissenet, Vétéa David, Wilfried Sanford. 1973 marque également un changement de taille puisqu'après 9 éditions entre Biarritz et Anglet, les championnats de France franchissent l'Adour pour se poser dans les Landes, à Seignosse précisément. En 1976, Tahiti est choisi pour accueillir les « France ». Arsène Harehoe est sacré chez lui, tout comme Teura Ruagi chez les dames.
Tahiti attendra 11 ans pour organiser une seconde et dernière fois les championnats nationaux en signant un nouveau doublé local avec les victoires de Wilfried et Christine Sanford.

Les années 80 marquent un tournant
anne.gaelle.hoarau.1988Durant cette période faste pour le surf tahitien, plusieurs "métros" font de la résistance et profitent de la valeur ajoutée tahitienne pour progresser. Christophe Bordenave, Bernard Capdepont, Christophe Reinhardt, Thierry Sansoube, Philippe Barland, et Eric Graciet sont ainsi champions de France.
Les années 80 marquent un véritable tournant. Il y a tout d'abord l'introduction de nouvelles disciplines : le longboard, le kneeboard, le bodyboard sont désormais de la fête. Puis l'entrée en lice de compétiteurs venus de La Réunion et de la Guadeloupe va donner un nouveau souffle et relever encore le niveau. La Réunionnaise Anne-Gaëlle Hoareau est la première championne de France ultramarine sacrée en métropole (1984) et détient à ce jour le record de titres nationaux (7).
Avec la création de la Fédération Tahitienne de Surf en 1990, les Polynésiens quittent le giron de la FFSurf sur le dernier des 5 titres (record) d'Arsène Harehoe à Lacanau.

Duels chez les dames
piter.picon.isa.2002Cette décennie voit le titre national devenir la propriété de Didier Piter (4), Grégory Pastuziak (2), Boris Le Texier (2), Yann Martin, Mike Picon et Mario Lédée (1997). Lequel offre à la Guadeloupe son premier titre national Open quatre ans après que l'île Papillon a organisé les championnats entre le Moule et Anse-Bertrand (1993). C'est d'ailleurs en Guadeloupe qu'un certain Jérémy Florès (5 ans) dispute sa première compétition officielle. Chez les dames, le duel entre Anne-Gaëlle Hoareau et Emmanuelle Joly est désormais arbitré par Marie-Pierre Abgraal. Alors que de futurs grands noms du surf français font leurs gammes en espoirs : Pauline Ado, Amandine Sanchez, Lee-Ann Curren.
Un moment à part, sur un autre lieu et à une autre date, les catégories espoirs sont définitivement rattachées aux France à la fin des années 90. L'apparition du circuit professionnel européen EPSA dans les années 90 puis des QS dans les années 2000 entraînent une désaffection des meilleurs français.

La Bretagne, enfin…
Gaspard Larsonneur (FRA) durant les Championnats de France de Surf 2019 organisés par la Fédération Française de Surf à Plage du Pont d'Or, à Hossegor. Photographié par Antoine Justes, le 21 / 10 / 2019.© FFS / we_creative / Antoine Justes - 2019Lesquels ne sont jamais tous en même temps sur la même édition mais offrent des joutes de très haut niveau quand ils sont là. Comme le titre en 2016 à Biarritz de Vincent Duvignac obtenu pour quelques centièmes devant Charly Martin.
Ou encore celui de PV Laborde dans les tubes ronds et épais de la Gravière pour une édition qui restera comme l'une des plus belles de l'histoire en qualité de vagues. On refermera ce (très) grand chapitre avec la dernière vague de fraîcheur nommée Gaspard Larsonneur. En 2019, l'ancien adepte du longboard offre à la Bretagne son premier titre national en surf Open.

Les quatre fantastiques du longboard
Delpero CDF14 Day7 FFS Justes JUS7534On a évidemment beaucoup parlé surf, tout du moins shortboard, il faut aussi s'attarder sur les autres disciplines. Et comment ne pas mentionner ici les quatre fantastiques du longboard tricolore ? A commencer par le Réunionnais Alexis Gazzo, six titres de champions de France dans les années 90. Difficile de faire mieux. Jusqu'à l'arrivée du Basque Jonathan Larcher et ses 8 titres de 2000 à 2009 (record national). La décennie suivante sera celle des frères Delpero, avec Antoine tout d'abord (4 titres) puis Edouard (6), dernier champion de France en titre et immense favori à sa succession dans quelques jours à domicile.
Alice Lemoigne, vice-championne du monde WSL en 2021, portera elle aussi le lycra n.1 à Biarritz. 6 fois championne de France, la Réunionnaise a dépassé Justine Dupont (4). Porté par le succès des Delpero, nés dans les Bouches-du-Rhône et adoptés par Biarritz, le Marseillais Nathan Sadoun offre lui le tout premier titre national à la région Paca en 2016 en s'adjugeant haut la main et pieds sur le nose, la victoire en longboard espoir à… Biarritz.

Le bodyboard et ses champions du monde
PIERRE LOUIS COSTES GRAVIEREDe la plus grande planche à la plus petite, place au bodyboard. Peu le savent, mais le premier champion de France de la "biscotte" est un certain François Payot. Chargeur de tube landais émérite, l'ancien patron de Rip Curl s'est aussi essayé au bodyboard et s’est offert un succès entre amis à Seignosse en 1982. C'est pour aller à Hawaii, que Patrick Florès, le père de qui vous savez, devient -lui- champion de France de bodyboard, en 1985 à Biarritz. Il marque le début de l'hégémonie réunionnaise sur la discipline avec les titres successifs de Stéphane Sisco (4), Jacques-Olivier Puyjarinet (1) et Christophe Perry (2). Daniel Germain (1992) viendra casser la dynamique avant l'avènement la même année de Nicolas Capdeville, champion du monde ISA, et 5 fois titrés sur la scène nationale.
Deux autres légendes planétaires lui succèderont : Amaury Lavernhe et Pierre-Louis Costes, deux titres chacun, avant que Martin Mouradian n'enclenche le turbo. Chez les dames, la "bagarre" entre la Réunion et les Antilles durera 20 ans, avec un avantage pour la Guadeloupéenne Eloïse Bourroux et ses 8 titres, avant qu'Anne-Cécile Lacoste ne pose ses palmes sur la plus haute marche du podium au début des années 2010. L'an dernier, Ethan Capdeville s'est fait un prénom en remportant le titre national aux Sables d'Olonne sous les yeux de son père.

Palmipèdes avec ou sans planche
Marticorena CDF2015 Day9 FFS ARRIETA 667On reste dans chez les "palmipèdes" avec le kneeboard. Chez les inventeurs du carving, le titre de champion de France se dispute depuis bientôt 40 ans. Après le maître Christian Plumcocq (5 titres) et le Roi Philippe Alonso (9 titres), c'est l'esthète Jérôme Blanco, champion du monde masters en 2013, qui tient le rail et la corde pour aller battre le record. Le Basque en est à 8 et lorgne sur la victoire à la maison, après que le surprenant Jonathan Despergers a interrompu sa série de 6 succès consécutifs (2013-2018).
Toujours avec des palmes mais sans planche cette fois, on retrouve le bodysurf. Plus de 30 ans de championnats de France pour le sport le plus pur de l'univers surf. Lui aussi d'abord seul sur son spot, il a rejoint la grande caravane des championnats de France au début des années 2000 pour ne plus la quitter. Les pionniers Patrice Grieumard, Willy Cote, Franck Chesnel, David Dubes ou encore Christophe Clemente, ont fait des petits qui sont allés jusqu'à faire boire la tasse aux Américains. A commencer par Fred David, le premier Français champion du monde (2013), mais aussi Jonathan Despergers, le même qu'en kneeboard oui-oui, ou encore Joël Badina.

Le Sup surfing déboule
Angibaud CDF14 Day5 FFS Justes JUS5452Petit nouveau dans la grande famille du surf français, le Stand Up Paddle surfing fait son apparition en 2009 à Lacanau. Jérémy Massière ouvre le palmarès de la discipline. Peyo Lizarazu lui succède à Biarritz. Avant qu'Antoine Delpero ne trouve ses marques (3 titres). Le Breton Alexis Deniel s'impose en 2015 puis son "petit frère" Benoît Carpentier est sacré en 2018, un an avant son titre de champion du monde de la spécialité. Chez les dames, la Sablaise Caroline Angibaud est La référence du Sup surf tricolore. 5 titres de 2012 à 2016, des médailles mondiales à la pelle.

Les « France » en mode inclusif avec le para surf
ee6baf97843aad8c5801d7e15ee99c85 XLIl est lui aussi incontournable dans sa discipline : Eric Dargent, cinq titres de champions de France de para surf (amputation au-dessus du genou) est de retour après avoir raté l'édition 2021. Il n'est pas dans la même catégorie mais Philippe Naud, triple champion de France (amputation au-dessous du genou) est aujourd'hui l'un des grands monsieur du para surf. A un mois du départ pour les Mondiaux, on surveillera évidemment les performances des quelque 15 sélectionnés tous présents à Biarritz. A commencer par le "local" Maxime Cabanne.

Du surf à bout de bras
LEROY BUREL TANDEM CDF2016 JOUR2 FFS JUSTES JUS8640Pour conclure cet article aussi long que le palmarès complet des championnats de France : le surf tandem. Seule discipline collective et mixte de l'univers surf. Ici, les maîtres incontestés pendant des années sont Rico Leroy et Sarah Burel. 12 victoires depuis 2004, pour seulement trois défaites. Dont la dernière en date en 2019 à Hossegor avec l'avènement du duo Nicolas Padois - Mathilde Arassus. On les sait aiguisés comme un va'a polynésien pour aller décrocher la 13e étoile sur les vagues de la Côte des Basques.

Biarritz, pour la 10e fois
CDF2016 BIARRITZ JUSTES JUS1538Difficile, vous l'aurez compris si vous nous avez eu lu jusqu'ici, de parler de tout le monde et de toutes les disciplines. Qui font la richesse du surf français. Le palmarès (presque) complet -voir le lien ci-dessous- finira donc d'être le plus exhaustif. Et notez au passage que le stand up paddle, dans sa version race, dispose lui de ses propres championnats de France, en milieu maritime et en eaux intérieures, depuis une dizaine d'année désormais. Et Biarritz dans tout ça ? Organisateurs des championnats de France à neuf reprises depuis 1967, mais aussi des championnats du monde en 1980, 2017 et 2019, la cité basque revient sur le devant de la scène nationale six ans après la dernière édition (2016). Pour une nouvelle ligne à écrire dans quelques jours.

 

LE PALMARÈS DEPUIS 1964 

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Dernière modification le : 21 octobre 2022
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