Le monde de MOZ

Le monde de MOZ  © Photo FF Surf

Après des vacances en famille sur son île de La Réunion, Amaury Lavernhe part pour Hawaii où se dispute à Pipeline (18-28 février) la première étape d’un tour mondial encore assez flou. Nous l’avons rencontré chez lui, aux Canaries, où le vice-champion du monde de bodyboard a parfait sa préparation. Avec nous, il a passé en revue les grands points de sa saison, de sa vie, de son actualité. Immersion dans le monde de Moz.

 

Le Tour mondial
« Le Tour 2014 n’est pas vraiment défini. C’est encore flou. On a eu une fin d’année bancale avec l’IBA qui a eu du mal à rebondir et trouver des partenaires pour ses compétitions. Cette année, on est géré par l’APB, constituée principalement de riders. Pipe est heureusement confirmé mais s’il s’est décidé tardivement.  Il y a des compétitions avec des bases solides comme Arica, le Brésil, le Fronton. J’espère qu’on les retrouvera cette année. Je suis motivé pour soutenir l’APB, qui s’occupe du tour, et j’espère qu’on aura de belles compétitions cette année encore.

Hawaii
« Je vais passer ma dixième saison sur le North Shore. Même s’il n’y avait pas eu de compétition, je pense que je serai allé à Hawaii. Ça m’aurait fait bizarre de ne pas y être. C’est le rendez-vous incontournable pour le monde du bodyboard. Ceux qui y seront sont ceux qui veulent être sur la scène internationale, en compétition comme en free surf.

Pipeline
« Je suis revenu de la Réunion mi-janvier et j’ai commencé tout de suite ma préparation. Pas mal de renforcement musculaire. Il faut savoir être en forme à Hawaii. C’est dur mentalement et physiquement. On doit être prêt. Je bosse pas mal le cardio ; il faut de la caisse pour choper les meilleures vagues à Pipe. Car il faut être dans la zone critique. Il faut donc prendre des risques, avoir du souffle et être confiant. Je n’ai pas vraiment changé ma préparation habituelle. Mais je me suis surtout préparé techniquement pour Pipeline. 

Sa saison
« L’année va être assez longue. Hawaii, les Canaries puis l’Australie, donc. Sans doute des compétitions en Amérique du Sud avec le Chili et le Brésil. Je serai en août en France puis je repartirai aux Canaries en septembre. Et je retrouverai mes amis de l’équipe de la Réunion en octobre pour les championnats de France. Il y aura, enfin, le Fronton et les Mondiaux ISA en fin d’année.

Technique
« Surfer avec les meilleurs mondiaux en compétition ou en free surf m’a fait comprendre que j’avais un retard technique sur des riders comme PLC, Jeff Hubbard, Jared Houston… Ils ont un bagage énorme. Ça m’inspire de parvenir à faire ce qu’ils font dans toutes les conditions, que ce soit dans des petites ou des grosses vagues. J’ai pas mal surfé des droites aux Canaries. Venant de la Réunion, j’étais forcément meilleur en gauche. Mais aujourd’hui, je suis autant confiant et aussi à l’aise en droite comme en gauche. Il faut avoir cet équilibre technique et mental pour accepter tout ce que la mer va t’envoyer comme vague.  J’ai obtenu de bons résultats, et mon titre mondial, en parvenant à compenser mes lacunes techniques par mon mental. Mais pour être meilleur, j’ai pas mal travaillé. Et je sais que je dois encore travailler. Ceci dit, je progresse, j’ai une confiance technique plus forte. Mes victoires en Australie et au Brésil me confortent en ce sens. Surtout le Brésil, car je ne suis pas un spécialiste des beach break et j’ai pourtant gagné là-bas l’an dernier. 

Pierre-Louis Costes
« On a commencé à voyager et à suivre les premières compétitions ensemble. On a tous les deux un titre mondial à notre actif et notre duo à beaucoup joué dans l’évolution du bodyboard français. PLC a un talent énorme, il m’inspire techniquement. Il est si doué ! De mon côté, je pense l’avoir inspiré avec mon mental et mon évolution tardive. On se tire la bourre. Surfer avec lui me motive énormément. On est les deux seuls Européens à vraiment vivre du bodyboard. On est issu de milieux différents. Ça fait pas mal de temps que je ne l’ai pas vu. Je sais qu’il surfe pas mal au Portugal, qu’il a fait de bons trips. Je suis persuadé qu’il va encore nous étonner. On va se retrouver à Hawaii. Et avec tous les autres Français, comme Florentin, Mouradian et Castillo, on sera un bonne bande pour donner le meilleur à Pipe

La Réunion
« La Réunion est l’île de mon cœur, c’est elle que je représente sur le tour mondial. J’ai toujours une pensée pour mes amis de là-bas. Les gens doivent comprendre que je n’ai pas abandonné mon île en la quittant. Mais la situation y est compliquée. Pour un professionnel de la mer comme moi, c’est vraiment dangereux de s’entraîner à La Réunion. Je suis toujours licencié au Radical surf club, je représenterai encore mon île aux championnats de France cette année. Mais j’avais besoin de trouver une autre base d’entraînement pour continuer à progresser car j’ai encore un bout de chemin à parcourir. 

Les Canaries
« J'y venais depuis une dizaine d'années et après y avoir passé plusieurs mois en 2012, j'ai décidé de m'y installer. Ma chérie est Canarienne, la qualité des vagues et le niveau général m'ont fait faire ce choix. Aux Canaries, je suis collé à la mer. J’habite une maison avec vue sur trois spots world class. Je fais beaucoup de vélo pour travailler le cardio, je me suis inscrit dans un club de ju-jitsu qui me permet de garder la forme et de gagner en confiance. Ici, les vagues sont vraiment puissantes, et certains jours ça ne rigole pas. Il faut être en forme pour se surpasser. Je suis dans une belle maison, je m’occupe de ma famille. Mon bébé rythme ma vie maintenant. J’ai beaucoup de chance d’avoir une femme qui s’occupe aussi bien de notre enfant, cela me permet de m’entraîner un maximum. On a trouvé notre équilibre. 

Le localisme
« C’est tout un monde. Les Canaries sont réputées pour le localisme. Ce n’était pas évident d’entrer dans le cercle fermé des locaux de la ville de Gardar, où se trouvent les meilleures vagues de Gran Canaria. Les Canariens sont très bons en bodyboard, et ils ont le sang chaud. Ils n’allaient pas m’accepter car j’étais Amaury Lavernhe le champion du monde. J’avais besoin de faire mes preuves et, surtout, de montrer du respect. J’ai créé des liens d’amitié sincère avec des gens ici et je prends beaucoup de plaisir à surfer avec les locaux. . La famille de ma chérie est originaire de Galdar. Ça m’a permis de bien m’introduire. Je m’entends bien avec tout le monde, notamment les plus jeunes. Il y a beaucoup d’émulation ici avec le gros niveau général. Ça m’a fait progresser. 

Le Fronton
« C’est l’une des vagues les plus médiatiques des Canaries. Niveau slab, on peut difficilement faire plus concentré, plus puissant. C’est une vague qui m’a effrayé durant pas mal d’années. Qui continue encore à m’effrayer ! Personne ne peut être à l’aise un gros jour au Fronton. C’est une vague qui me challenge. Je la vois tous les jours depuis ma fenêtre. Elle peut avoir des allures dantesques comme d’une rare perfection. Les vagues arrivent de pleine mer et, selon l’orientation de la houle, le spot prend des proportions différentes. On peut y surfer selon toutes les conditions. Il est difficile de le classer par rapport à d’autres spots. Mais il est dans le top 3 des vagues à bodyboard car il offre un tube énorme et une rampe de lancement idéale. Il faut toutefois savoir qu’il existe ici d’autres vagues d’une perfection et d’une puissance rares.

La préparation physique
« Ça permet d’entretenir son corps, de ne pas se blesser. Ça fait plus de dix ans que je travaille à côté du bodyboard. Je pratique des sports qui apportent beaucoup, qui sont complémentaires. Je fais pas mal d’étirements pour enchaîner les journées de surf et de sports. Il faut être prêt à encaisser des impacts violents en bodyboard, notamment les replaquages après de grosses manœuvres aériennes. Mais la forme physique est utile sur tous les spots du monde, sur des vagues comme Pipeline, Arica, The Box… En bodyboard, il faut être équilibré entre un bon cardio, être fort en résistance et être flexible. Il faut travailler sur ces trois facteurs. Mon objectif reste le world tour, ça rythme mes saisons. Mais s’entraîner physiquement va bien plus loin qu’un tour mondial. C’est pour toute une vie. J’ai envie d’être en forme plus tard pour mon fils, pour moi. Quand je vois Mike Stewart être comme il est à 50 ans, ça m’inspire !

Road trip en Australie
« Je serai de retour début mars aux Canaries. Puis, en avril, je pars pour l’Australie jusqu’en août avec femme et enfant. C’est un gros trip. Je vais aller du côté de Sydney. Je connais bien les spots et j’y ai pas mal d’amis. C’est une zone très riche en vagues et avec un gros niveau en bodyboard. Je vais surfer, filmer, bosser. Je vais travailler avec des gens qui vont me permettre d’aller au top. L’Australie est aujourd’hui la nation du bodyboard. Ça va être un peu l’aventure puisqu’on va s’installer et se déplacer dans un van ! Je partirai sur des compétitions comme Arica et le Brésil de là-bas. J’ai hâte d’y être. 

L’équipe de France
« J’espère que l’ISA et l’APB s’accorderont entre les Mondiaux et le Fronton. Ce serait dommage qu’elles se tiennent en même temps. J’ai vraiment envie de participer à ces deux compétitions. Après deux années au Venezuela, les ISA Games auront lieu cette fois à Iquique, c’est une vague géniale pour le bodyboard. Ça me motive vraiment. On va avoir une bonne équipe cette année et j’ai vraiment envie d’y être pour représenter mon pays et donner le meilleur de moi même.

Stéphane SISCO

 

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Dernière modification le : 13 février 2014
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