Titouan Puyo : « Moi favori ? Je ne fais pas confiance au papier ! »

Champion de France et du monde de Longue Distance, Titouan Puyo remet son titre national en jeu ce week-end à Quiberon (Morbihan). Dans cette interview, le Calédonien revient sur son titre national 2013 qui l'a révélé au grand jour, parle de son étiquette de favori sur cette édition, revient sur sa formidable saison, évoque de l'équipe de France. Confessions pagaie en mains et en toute humilité.

 

Un an après avoir éclaté au grand jour en remportant les championnats de France longue distance en Méditerranée, tu retrouves cette compétition mais avec un autre statu. Dans quel état d’esprit les abordes-tu ?
C'est sur que je n’arrive pas en inconnu cette année. Il faut quand même que je parvienne à aborder ces championnats dans les mêmes conditions, c’est-à-dire sans pression. Même si elle va monter doucement je pense.

Il y a un an, tu ne connaissais personne et personne ne te connaissait non plus. Douze mois plus tard, tu t’es fondu dans le peloton comme si tu en avais toujours fait partie ? Est-ce du à tes résultats ou à ton caractère ?
J'ai eu des hauts et bas cette année mais je fais maintenant partie de la bande des supeurs français aussi bien sur l'eau qu'à terre où j'ai tissé des liens d'amitié avec certains.

Cette victoire en 2013 a-t-elle été le déclencheur de ta saison 2014 ? Que t’a-t-elle concrètement apporté ?
L’an dernier, j’arrivais dans l'optique de me faire connaître et ça a réussi (sourire). J’ai eu des sponsors cette année pour suivre une saison assez riche ou je voulais découvrir les compétitions de tous les circuits. Je vais désormais pouvoir me concentrer sur des évènements plus ciblés l'an prochain. Encore grâce à mes sponsors qui continuent de me suivre et pourquoi pas avec des nouveaux !

« J'ai encore des choses à prouver, notamment sur la BOP »

Tu as aussi fait une entrée fracassante en équipe de France avec ton titre mondial en mai au Nicaragua. Est-ce le plus beau moment de ta carrière en Sup ?
C'est mon plus beau souvenir en Sup, c'est vrai. J’étais en forme ce jour-là, bien encadré, avec une bonne ambiance dans l'équipe ! J’espère que tous les riders joueront le jeu l'an prochain pour avoir un événement avec encore davantage de niveau. Cela m'a permis de me faire connaître. Mais j’ai encore des choses à prouver sur des évènements plus médiatiques comme la Battle of Paddle. En 2015, je dois démontrer sur la BOP que je peux faire parti des meilleurs. 

Outre le titre mondial, qu’est-ce que ta sélection en équipe de France t’a apporté ?
Il y avait un bon staff et chaque athlète a apporté avec son niveau, son expérience et son caractère un quelque chose à l'équipe pour que l'ambiance soit bonne. Une sélection internationale, ça donne un statut. ‘étais fier d'être dans cette équipe de France.

Tu as disputé pas mal de courses en France, Europe et aux Etats-Unis. Avec pas mal de succès mais aussi des regrets. Quels sont tes meilleurs souvenirs et quel bilan tires-tu de ton année ?
J’ai fais un peu tous les genres d'événements pour me faire une idée de ce qu'était ce sport à haut niveau. On m'avait prévenu et c’est vrai qu'il y a des moments pas faciles. Mais j'ai vécu une année extraordinaire. Mes bons souvenirs resteront l'équipe de France, mes deux semaines de préparation en Australie, les moments «  alone » dans le Kaiwi Channel pendant la Molokai, le road trip en Europe. Bref, pas que les courses mais aussi tout les à-côtés. Sportivement, je vais désormais mieux sélectionner mes courses et mes objectifs.

« J'ai décidé de ne faire que les world series en Europe »

Tu aurais décidé de ne plus participer au world series de la Waterman League. Tu nous le confirmes ?
J'ai découvert les world series cette saison, dont le format ne me plait pas vraiment : des distances courtes, peu de compétiteurs, une organisation parfois un peu « olé, olé », … J’ai appris cette année et je ferais seulement ceux en Europe l'an prochain. Comme je le disais avant, ce n’est pas vraiment l'esprit que j’attends sur une compétition de Sup. Sans enlever le fait qu'il y a un sacré niveau sur ces courses.

On revient aux championnats de France : le site de l’ENV est celui où se sont disputés les sélections pour les ISA l’an dernier. Que peux-tu nous dire de ce spot, des conditions de navigation et, enfin, est-ce que tu l’apprécies ?
J’espère voir le soleil cette année à Quiberon (rires) ! Ce spot m’a plutôt pas mal réussi puisque j'y ai obtenu ma sélection en équipe de France. C'est un bon spot, j'espère qu'il y aura les conditions pour un downwind car c'est ce que j'aime. Je suis moins à l'aise dans les vagues mais j'y travaille. J’espère donc qu'il y aura des vagues sur la technical race pour faire de notre sport quelque chose d'encore plus visuel et spectaculaire.

« Eric Terrien est inépuisable ! »

Tu vas retrouver ton plus sérieux adversaire sur la Longue Distance, à savoir Eric Terrien. Sur le papier, tu es le favori. Le crains-tu ? Qu’est-ce qui pourrait faire qu’il t’empêche de gagner ?
Je ne fais pas confiance au papier et il y a d'autres concurrents aussi sérieux. Ceci dit, les derniers résultats montrent que c'est encore Eric qu'il faudra surveiller, il est aussi a l'aise en downwind mais je préfère tout de même ces conditions contre le lui parce que sur le flat… bon dieu ! il est inépuisable !

La Longue Distance va-t-elle se résumer à un duel Puyo-Terrien ou y a-t-il d’autres racers susceptibles de venir vous voler la vedette ?
Les dernières courses montrent que les jeunes passent un cap en ce moment : Martin Letourneur, Arthur Arutkin et Arthur Daniel, mais aussi Greg Closier ou des gars du Sud. Le niveau se resserre. Je connais même un p’tit jeune de Nouméa qui pourrait nous impressionner… Et comme personne ne m'attendait l'année dernière, à moi de ne faire pas la même erreur. En clair, il faut se méfier de tout le monde !

Si la Longue Distance semble être ton affaire, tu n’est pas aussi dominateur sur la beach race. On sait que tu as bossé pour progresser dans cette catégorie. Suffisamment pour prétendre au titre de champion de France ?
C'est encore un peu tôt, c'est un format qui est nouveau pour moi. L’équivalent en va’a (pirogue polynésienne, le sport d’origine de Puyo, ndlr) n’était déjà pas mon fort. Mais j’y travaille, c’est la course la plus médiatique et attendue. Je suis depuis peu suivi par un coach pour la préparation physique, on a mis l’accent là-dessus ces dernières semaines puisque j'étais dans les Landes et que la barre est « loooongue » ici ! Je repasserai un peu de temps en Australie en février, et j’en profiterai pour bosser ce point faible avec des experts en la matière.

« Si je me débrouille en downwind c'est grâce aux alizés en Calédonie »

On ne sait pas encore quand ni où auront lieu les championnats du monde ISA dont tu es le tenant du titre en Longue Distance et donc sélectionné d’office. Mais on se doute que cette compétition est dans un coin de ta tête, non ?
Ça sera encore mon objectif principal. C’est pour ça que j'aimerais bien connaitre la date pour pouvoir m’y préparer au mieux. Je serais bien sûr ravi de retrouver le staff de l’équipe de France et pourquoi pas de nouvelles têtes.

Malgré toute cette agitation et ces nombreux voyages, tu as su prendre le temps de rentrer chez toi pour te reposer et naviguer avec tes amis. La Calédonie est-elle un vraie paradis du Sup ?
Je croyais pouvoir faire un an sans rentrer mais une fois à Hawaii, en juillet, je me suis dis « merde, c'est pas loin… ». Alors je suis rentré un petit mois. J'ai pu revoir ma famille, mes amis, mes sponsors locaux, re-gagner le titre de champion de Calédonie. Si je me débrouille en downwind, c'est grâce aux alizés qui génèrent de magnifiques bumps dans notre beau lagon. Il y a des internationaux qui commence a venir, mon rêve est de voir tout le gratin mondial faire un magic downwind avec les Calédoniens. J’ai plaisir à parler de chez moi et à faire découvrir cette île. Je me rends compte que je suis pas mal suivi chez moi, et ça me motive. J’essaye de donner à mon tour.

Dernière chose : il paraît qu’en Calédonie, justement, la relève est déjà là; on annonce même l’émergence d’un petit phénomène qui va bientôt faire plus de bruit que Titouan Puyo. Tu confirmes ?
Clément Colmas a un potentiel, c’est certain. Mais j’aimerais qu'on ne lui mette pas trop de pression. Il n’a que 13 ans. Il sera aux championnats de France où j’espère qu’il va briller. A lui de prendre son temps. Ce sera sa première grosse course. S’il arrive à gérer le stress, alors je ne me fais aucun soucis pour ce qui est de la partie sur l'eau. « Mets à pic » P’ti Clément !

 

Infos pratiques
Les championnats de France se déroulent du 8 au 10 novembre à Quiberon, autour du site de l'Ecole Nationale de Voile et des Sports Nautiques (ENVSN).

Deux journées de compétition devraient être nécessaires selon le programme prévisionnel suivant : 
- Samedi 8 novembre : Longue Distance
- Dimanche 9 novembre : technical race

Les 11 catégories au programme sont:
Hommes
- Moins de 15 ans
Espoirs (cadets et juniors 15 ans -18 ans)
Masters (36 ans-40 ans)
Vétérans (41 ans - 45 ans)
Vétérans plus (46 ans et plus)
Open
- Femmes
Moins de 15 ans
Masters (36 ans-40 ans) ; fonction du nombre d'inscrites
Vétérans (41 ans - 45 ans) ; fonction du nombre d'inscrites
Vétérans plus (46 ans et plus) ; fonction du nombre d'inscrites
Ondines

Site internet dédié : http://envsn.univ-lyon1.fr/webapp/website/website.html?id=75236&read=true

Dernière modification le : 06 novembre 2014
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