Charly Martin : « J’ai envie que ça change ! »

A Lacanau, le Guadeloupéen (87e mondial) veut « continuer à apprendre » mais cherche aussi un gros résultat sur un spot qui lui a toujours réussi. A Lacanau, le Guadeloupéen (87e mondial) veut « continuer à apprendre » mais cherche aussi un gros résultat sur un spot qui lui a toujours réussi.  © Photo FFS

Comme nombre d’autres surfeurs, Charly Martin vit une drôle de saison. Moins de compétitions, pas encore de résultat même s’il vient sans doute de retrouver de la confiance et du rythme avec sa 17e place sur l’US Open fin juillet. Entretien.

 

On sait que ton début de saison n’a pas été forcément celui que tu envisagé après avoir consenti pas mal d’efforts pour changer ton approche de la compétition. Quel bilan tires-tu à mi saison ?
C’est vrai que ça a été un peu compliqué au début de la saison.  Il m’est arrivé pas mal de choses dans ma vie, dans ma famille. Je pensais sincèrement avoir un meilleur début de saison car c’est ma deuxième année sur le WQS, après une première saison complète. J’avais gagné en expérience, je pensais mieux faire.

Qu’est-ce qui s’est donc passé selon toi ?
En fait, j’ai tout repris à zéro. J’ai changé radicalement ma façon de surfer. L’idée est de trouver une façon de performer tout le temps. D’être plus régulier et de ne pas connaître des hauts et des bas comme ce fut le cas auparavant. Mes saisons précédentes ont toutes été les mêmes : ce n’est pas terrible puis je réalise une grosse perf en fin d’année. J’ai envie que ça change !

Et qu’as-tu donc fait pour que « ça change » ?
Une grosse remise en questions déjà. Peut être même trop en début d’année (sourire), d’où le manque de résultat. Mais je sais que ça va finir par payer. J’ai une nouvelle façon de m’entraîner. Je suis plus sérieux, je fais moins « d’extras » à côté… Je parviens à rester concentré. Je veux acquérir la meilleure façon de fonctionner pour m’y tenir tout au long de ma carrière. J’ai beaucoup observé, j’ai pris des conseils de gens autour de moi. Comme je le dis, je suis là pour apprendre. Cette seconde saison sur le QS doit me servir à ça : acquérir de l’expérience.

Tu viens justement d’en prendre une bonne dose avec ta 17e place sur l’US Open, la compétition Prime la plus relevée de l’année avec 20 surfeurs du CT et un niveau incroyable. Peut-on parler de déclic du coup ?
Ce n’est pas vraiment un déclic mais c’est vrai qu’avoir passé des tours (quatre séries au total, ndlr) m’a donné de la confiance. Ça m’a enlevé de la pression de passer des tours sur un tel Prime. Jusqu’à Huntington, j’avais l’impression de ne pas avoir encore exprimé mon surf, mon niveau. A HB, j’ai pu me montrer davantage. Mais j’attends de pouvoir me montrer encore plus à partir de maintenant.

Maintenant, c’est Lacanau. La suite logique après l’US Open serait que tu fasses un gros résultat ici…
Oui (sourire). J’aimerais bien ! J’arrive à Lacanau sans pression car c’est un 5-star mais en même temps j’ai un peu de pression car on est en France. C’est la seule fois de l’année où on va surfer chez nous. J’apprécie vraiment Lacanau, j’y ai déjà eu de bons résultats en QS quand c’était encore un 6 –star (17e), j’y ai gagné deux Pro Junior aussi. Cette année, il y a moins de grands noms qu’avant mais beaucoup de monde. Du niveau. Mais j’ai mon mot à dire. 

« Je ne fais pas le QS pour être top 50, je le fais pour aller sur le CT ! »

Que représente cette compétition dans ta saison ?
Une compétition où il me faut performer et une transition idéale avant les Primes de fin de saison. Je vais surfer devant le public français. J’ai besoin de prendre de la confiance pour la suite de la saison. Si ça se passe bien ok. Si non, ce ne sera pas grave. Je sais que j’ai trouvé la bonne formule.

Quelles sont les ambitions du Charly Martin version 2013 ?
J’ai toujours voulu me qualifier pour le CT. C’est plus qu’un rêve de gosse même si j’y pense vraiment depuis tout jeune. Il reste quatre Primes, l’objectif me qualifier sur le CT. Tout peut se passer, ça me tourner très vite. Tu fais une finale, tu gagnes et tu fais un bond au classement. Je sais aussi que ça va se jouer à Hawaï, comme chaque année. C’est pour ça que j’y passe toujours beaucoup de temps. Et encore plus au début de cette année. Pour préparer ce finish qui est très important.

On te sent déterminé…
Bien sûr. Je ne fais pas le QS pour être top 50 ou top quelque chose. Je fais le QS pour me qualifier sur le CT. Même s’il reste quatre, deux ou un Prime, tout peut arriver. Ça va très vite.  Je sens que j’ai le surf pour aller sur le CT.  Je sais que c’est là où je dois être pour continuer à faire ce que j’aime. J’ai 23 ans, j’ai mis du temps à commencer le circuit QS afin d’avoir le surf qui me permette d’aller en CT.

Un surf notamment de grosses vagues…
Oui. Je surfe dans toutes les conditions, petit ou gros. Et j’aime bien charger. J’aime les grosses vagues. J’ai surfé du gros Teahupoo, du gros Pipe ! Quelles que soient les conditions et les surfeurs en face de moi, je sais que je peux réussir.

Vous êtes plusieurs Français à avoir cet objectif, cette ambition. Toi, Marc Lacomare, Maxime Huscenot, Vincent Duvignac, Joan Duru… Il doit y avoir une sacrée émulation entre vous, non ?
Exact. Etre plusieurs Français ensemble sur le tour QS, c’est vraiment motivant. Même si on voit que ça change d’année en année. La saison dernière, c’était Joan qui avait les résultats. Cette année, c’est Marco. L’an passé, je n’étais pas loin de la qualif’. On sent qu’on en n’est pas loin. Il y a une bonne émulation entre nous, on se pousse, on se motive, on rigole bien entre nous. Joan, Marc, Duvi… On se connaît tous très bien. Il y a un gros potentiel en Europe et en France. On n’a pas encore les résultats qui le démontrent mais au fur et à mesure des compétitions, ça va changer. Le surf européen est sur la bonne voie.

A Lacanau, Stéphane Sisco

 

Dernière modification le : 15 août 2013
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