Michel Plateau : « La lourdeur d'un côté, l’enthousiasme et l’animation de l’autre »

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Le directeur technique national de la Fédération Française de Surf dresse le bilan de la 57e édition des championnats de France. Il commente aussi les nombreux sujets de discussion de cette édition.


Les championnats de France étaient de retour aux Sables d’Olonne après 35 ans. Quel est votre premier bilan sur cet événement organisé par l’Olonna Surf Club ?
C'était effectivement un retour aux Sables d’Olonne bien des années après la première fois (1986). On était venu l’année dernière pour l’Open de France, qui avait été une répétition générale des Championnats. On était satisfait l’année dernière et on l’est tout autant cette année. Notamment de l’organisation, de l’accueil, de la ville… Un gros merci au club organisateur, à son président Pascal Caduc et à tous ses bénévoles, parce qu’ils ont fait un sacré boulot. C’est une gageure chaque année d’organiser une compétition aussi longue et aussi lourde, et avec autant de monde. On sera arrivé au bout de la compétition et c'est le plus important.

Justement, 8 jours de compétition, plus d'une trentaine de titres délivrés. C’est une très grosse machine, utile parce qu’on veut pouvoir passer en revue toutes les catégories, toutes les disciplines…
On reste sur cette philosophie des championnats de France qui sont la grande fête du surf français. Ça fait des années qu’on le dit. On revient aussi après deux années sans championnats de France (annulation en 2020, ndlr) et je pense que les gens sont très contents de se retrouver. Toutes les délégations sont là. Pour la Fédération et la DTN, c’est aussi l’occasion de faire un point sur les forces en présence. Sur les jeunes notamment puisqu’ils sont la relève. On a vu de très belles choses, notamment chez les plus jeunes. 

Il y a des résultats logiques, avec des favoris qui s’imposent. Et d’autres plus surprenants. Quelles images allez-vous garder sans forcément citer tout le monde ?
Il y a d’abord les favoris qui ont confirmé dès le premier week-end, comme Edouard Delpero, Alice Lemoigne, Ben Carpentier. Ce sont des champions du monde, d’Europe, des vainqueurs de coupe du monde, … Ils ont offert un super spectacle. Ce premier week-end a lancé les championnats et on a enchaîné avec toutes les autres disciplines. On a notamment vu une très belle finale surf senior, avec un dénouement intense et les deux dernières vagues de Thomas Debierre et Jorgann Couzinet qui font basculer le classement. On a eu une belle surprise avec Juliette Brice en surf seniors. On l’avait perdu de vue à cause des études, mais il ne faut pas oublier qu’elle était championne du monde par équipe il y a quelques années (2016, ndlr). Il y a aussi eu beaucoup de spectacle avec le surf junior.

« Nous sommes là pour faire de la pédagogie auprès des compétiteurs et des coachs »


Il y a eu de belles images, des moments de joie, mais aussi des moments de frustrations, et des critiques par rapport au jugement. On sait que le surf est un sport subjectif. Que peut-on dire à ceux qui sont repartis mécontents ?
Le surf en compétition est un sport à évaluation. Il le sera éternellement. A la Fédération, on fait en sorte que le jugement soit le plus objectif et impartial possible. Il y a cinq juges, un système informatique performant, des speakers qui participent aussi à la stratégie du sportif dans l’eau. Parfois, il y a une sensibilité dans le panel de juges qui va vers l’un ou l’autre des compétiteurs, c’est humain. L’essentiel est quand même que le meilleur gagne, et je pense que ça a été le cas cette année encore. Le surf en compétition devient de plus en plus précis, avec les systèmes de priorités. C’est vrai qu’il peut y avoir des moments de joie et des moments de frustration. C’est la loi du sport. Certains gagnent, d’autres non. Nous sommes également là pour faire évoluer tout ça. Pour faire de la pédagogie auprès des compétiteurs et des coachs. Les championnats de France sont un moment important parce qu'il y a une symbiose entre les juges, les arbitres, les compétiteurs et le staff. C’est très important.

Est-ce que les championnats de France dans leur version actuelle donnent-il toujours satisfaction ?
C’est une question que l’on se pose depuis très longtemps. Les championnats de France sont très lourds dans le temps et dans le nombre de catégories et disciplines. Il faut d’abord trouver des organisateurs capables d’organiser ces championnats sur 8 jours. On privilégie la Toussaint car on sait que c’est la bonne période des vagues, qui plus sur des vacances scolaires. En revanche, on est tributaire des conditions, cela peut rendre les choses un peu compliqués. Cette année, on a fini les championnats dans des conditions assez automnales, voire hivernales. Personne ne rechigne, le surf c’est comme ça. On essaye d’être le meilleur dans les conditions que l’on propose.

Peut-on imaginer un changement de format des championnats ?
Il y a des débats là-dessus, il y a une réforme des compétitions qui est en route. On travaille sur ce qu’il y a avant et après les championnats de France, pour faire en sorte que sur chaque territoire du surf français, métropole et outremer, l’offre de compétition soit à peu près similaire pour chaque compétiteur, c’est important. L’objet des compétitions est évidemment de délivrer des titres et apprendre à nos surfeurs ce qu'est la compétition pour espérer les amener le plus haut. C’est de la compétition mais aussi de la formation. Je dirai que les championnats de France donnent satisfaction parce que c’est la grande fête de toute la communauté française de surf, même avec ses problématiques. Est-ce qu’on changera ? Je pense que les outre-mer sont contentes de venir dans l’ensemble des catégories, notamment les jeunes qui découvrent la métropole et les seniors qui viennent les booster. Il y une vraie émulation. Il y a la lourdeur d’un côté mais il y a l’enthousiasme et l’animation de cette belle fête de l’autre. On essayera d’optimiser cela et d’être de plus en plus performant encore.

 

Dernière modification le : 02 novembre 2021
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