Eric Graciet : « Un moment fort et inoubliable »

A 50 ans passés, Eric Graciet a gardé toute sa technique et a repris l'entraînement physique pour être au top. En avril, il s'est hissé en finale des Mondiaux ISA. Ce week-end, il remet son titre national en jeu à Bidart. (Photo ISA/Tweddle) A 50 ans passés, Eric Graciet a gardé toute sa technique et a repris l'entraînement physique pour être au top. En avril, il s'est hissé en finale des Mondiaux ISA. Ce week-end, il remet son titre national en jeu à Bidart. (Photo ISA/Tweddle)

Quatrième des derniers Mondiaux Masters en Equateur voici deux mois, le Biarrot Eric Graciet remet en jeu son titre de champion de France, ce week-end à Bidart. A 51 ans, il explique ici ce que lui amène ce moment particulier où se mêlent compétition et esprit de famille. Entretien.

Que représente les championnats de France Masters ?
Un moment festif, convivial, une bonne ambiance … Mais il s’agit avant tout d’une compétition. Les Masters permettent de retrouver ses potes une fois dans l’année et de passer un bon moment. On a tous forcement une âme de compétiteur, avec l’envie de gagner, mais l’atmosphère reste unique et  bon enfant. 

Ça te fait quoi de retrouver des amis avec qui tu « bataillais » lors des compétitions des années 80 ?
Les Masters nous permettent de vivre entre amis un moment fort et inoubliable. Aujourd’hui, nous sommes presque une famille. C’est le moment de se rappeler les histoires du bon vieux temps et d’en créer de nouvelles. Cela permet aussi de se motiver pour aller à l’eau et surtout pour garder la forme. 

 As-tu fait une pause dans la compétition avant de t’inscrire en Masters ?
(Il réfléchit) Je ne sais pas si j’ai vraiment arrêté.  Au départ, je participais aux Masters mais j’avais moins d’application. Je n’étais pas trop présent car ma vie privée, mon travail et surtout mes enfants ne me permettaient plus d’aller aussi souvent à l’eau que je le souhaitais. Mais dès que les enfants ont commencé à surfé, je m’y suis remis plus sérieusement. Dès qu’ils allaient à l’eau, je les accompagnais et cela m’a remotivé.  

As-tu repris plus sérieusement depuis qu’il y a l’enjeu du titre national des Masters, les qualifications pour les mondiaux et une sélection en équipe de France ?
C’est sûr, ça donne plus de motivation. Comme c’est couplé avec la sélection, ça m’a permis de me mettre plus en « canne ». Pour les Mondiaux, il faut se préparer plus sérieusement car, en face, les autres sont là pour gagner. C’est la même ambiance que pour les France sauf que le niveau de la compétition et principalement le niveau physique sont plus poussés. Du coup, cet hiver, je me suis préparé en salle afin de ne pas me faire ratatiner.

La technique et le physique comptent-ils vraiment pour la catégorie Masters ?
Oui, car en face, nous avons des compétiteurs très bien préparés aussi bien en technique qu’en physique. C’est pourquoi  la préparation physique est très importante. Même si nous, à notre époque, on n’était pas très habitué à tout cela. Mais depuis quelques mois, j’ai appris à me mettre en forme. Il y a vraiment une différence entre le surf d’aujourd’hui et celui d’avant. Avant, nous ne faisions pas de préparation physique, nous nous entrainions seulement dans l’eau. Pareil pour les combinaisons. J’en parlais justement avec Patrick Florès, nous sommes vraiment novices par rapport à la gestion des combinaisons de manœuvres. D’ailleurs je me suis fait avoir en final à cause de cela. Du coup, à 40 ans passés, ça permet d’avoir toujours des objectifs.

Les Masters véhiculent donc l’image d’un sport que l’on peut pratiquer longtemps en compétition…
C’est sûr ! C’est la meilleure image à transmettre aux jeunes. Le surf n’est pas un sport où on s’arrête à 30 ans comme beaucoup d’autres sports car on est cassé ou fatigué. Si on fait un minimum attention à soi, le surf te permet de pratiquer durant de nombreuses années. Aussi bien pour le fun qu’en compétition. C’est vraiment cool. Après, tu n’es pas obligé de faire de la compétition. Il y a des gars qui participent aux compétitions alors que ce n’est pas du tout leur « truc », mais ils y viennent quand même, juste pour faire un tour et surtout passer un bon moment. D’autres viennent plus sérieusement, pour faire la compétition et faire en sorte de la gagner. 

Tu a terminé quatrième des championnats du monde ISA, il y a deux mois en Equateur. Es-tu heureux ou déçu de ce résultat ?
Sur le moment, tu te dis que ce n’est pas grave et tu es quand même content. Après tu as un peu les boules. Mais tu essaies de ne pas le montrer. D’ailleurs, après ce résultat, je voulais arrêter mais après réflexion je ne peux pas terminer sur un tel résultat même si ma femme est moins ravie. 

Donc tu n’arrêtes pas ! Et nous te verrons aux prochains championnats du monde, si tu es sélectionné…
Oui. Mais d’ailleurs, pour la sélection, je pense qu’un autre type de sélection devrait être mis en place. Celle-ci devrait être la même que pour les jeunes. C’est-à-dire organiser une sélection non pas sur une compétition mais plus sur des tests physiques et techniques. La sélection se doit d’être la plus cohérente possible afin d’avoir les meilleurs en équipe de France. 

Propos recueillis par Stéphane Sisco

Cliquez ici pour obtenir plus d'infos sur les championnats de France Masters 

 

 

Dernière modification le : 13 juin 2013
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