Florès victime des mauvais choix

Pas de miracle pour Jérémy Florès ce jeudi matin. Le n.1 français est éliminé par Gabriel Médina (9,40 à 7,50 pts) au Round 3 du Quik Pro France, au terme d'une série marquée par l'absence de vagues et de mauvaises prises de décisions.

 

C'est le genre de défaite qui reste en travers de la gorge. Avant sa confrontation face au Brésilien, actuel leader du classement mondial, Jérémy Florès nous avait dit vouloir « surfer comme au Round 1 » face à Mick Fanning et Filipe Toledo pour « n'avoir aucun regret. » 
A l'issue des 30 longues minutes dans une mer vraiment avare en vagues, le Réunionnais peut en nourrir. Irrésistible depuis plusieurs mois, Médina était dans un jour sans ce jeudi et à la portée d'un Florès au besoin (très) urgent de résultat. 

Une gauche à 5 points comme tournant du heat

Las. Sur des bout de vagues au sud du spot principal des Guardians, marqué par un fort backwash, Florès n'a jamais trouvé l'ouverture et le mur pour placer au moins deux bonnes manoeuvres. A la différence du Brésilien, lequel l'a breaké sur une gauche avec deux turns et un reentry tout en assurance (5,07 pts). Loin des standards qu'on lui connait et notamment de l'aérien.
Prioritaire, Florès a pourtant ramé comme un damné pour sauter sur cette vague sans réussir à l'avoir. Logique serait-on tenté d'écrire car, dans une mauvaise passe, la grinta qui est sienne depuis tout jeune semble aussi avoir disparu. Cette gauche fut le tournant de la série. A la recherche d'un 5,40 pour doubler l'Auriverde, le Français n'a pu que s'incliner face à l'océan.
L'option choisie de surfer tout au sud aura-t-elle été la bonne ? Facile d'en parler après coup. Mais on aurait aimé le voir plutôt devant le podium principal avec davantage de fréquence et un poil plus de taille. Médina s'y est essayé, il a chuté deux fois avec le puissant backwash. Florès aurait-il tenu ? On ne le saura jamais.

Conditions aléatoires

Au-delà de la défaite, sa troisième au 3e tour d'un CT cette saison contre cinq autres dès le 2e tour, Florès peut également l'avoir mauvaise contre la décision de lancer la compétition dans ces conditions aléatoires. Il y avait certes des vagues au lever du jour mais avec la marée haute, le risque de les voir disparaître, tout du moins être détériorées par le backwash, était très élevé. 
Envoyé au casse-pipe, comme Médina, et avant eux Josh Kerr vs Adrian Buchan, Florès a payé cash une décision bien légère. Dommage que la voix du seul Français encore en lice (Bourez ayant été sorti dimanche dernier au Rd3 lui aussi) n'a pas été entendue… En clair, Florès aura servi de cobaye. Comme s'il avait besoin de ça cette année.

Kelly Slater n'a pas voulu y aller… donc

Dommage (donc) que la direction de compétition n'a pas voulu attendre le début de l'après-midi pour lancer cette suite du 3e tour. Cela n'aurait peut être pas changé le résultat final mais, au moins, aurait permis au Français de s'exprimer dans des vagues convenables. Tout ce qu'il demandait pour avoir une chance de s'imposer dans ce duel très compliqué. C'est ce qu'ont ordonné les surfeurs des séries suivantes, dont Kelly Slater, et qui, eux, ont été écoutés après que 14 vagues surfées ont été notées en dessous de 1 point en une heure et deux séries. Quand Kelly parle, l'ASP écoute.

Aucun surfeur français pour l'encourager ce matin

A croire qu'en cette saison noire, rien ne jouera en la faveur de Florès, ni ne lui permettra de s'en sortir. Rien ni personne. Si ses fans sont de plus en plus nombreux sur les réseaux sociaux et lui témoignent de leur soutien indéfectible, le petit monde du surf français ne semble malheureusement pas préoccupé par son maintien.
Ce jeudi matin, aucun surfeur du WQS n'était présent sur le site du Quik Pro France. La locomotive Florès, qui booste directement et indirectement leur carrière depuis des années, ne les intéresse apparemment plus. Sport individualiste nous dira-t-on.
Soit. Mais que chacun s'occupe désormais de son nombril et les futurs Jérémy Florès se verront confrontés au même scénario dans quelques années. Ce n'est pourtant pas ce que la Fédération française apprend depuis une dizaine d'années à ses surfeurs au sein des équipes de France. Equipes où la solidarité est la force de la maison bleue.

Deux CT et quatre Prime au programme 

33e avant Hossegor, Jérémy Florès restera au même rang après. Il lui reste deux compétitions sur le World Tour pour rêver d'une neuvième saison consécutive sur le CT : Péniche (12-23 octobre) et Pipeline (8-20 décembre). Où il n'aura d'autres choix que de se hisser au minimum en quarts de finale tout en espérant que les surfeurs naviguant autour de la 20e place ne franchissent pas le 2e tour.
Mathématiquement, ce n'est pas encore terminé. Mais conscient de sa situation, Florès va devoir attaquer les quatre derniers WQS Prime bille en tête. Son salut passe par Cascais (7-11 octobre), Sao Paulo (3-9 novembre), Haleïwa (12-23 novembre) et Sunset (24 nov. - 6 décembre). Nous on y croit dur comme fer. Allez Mimi !

 

 

Dernière modification le : 02 octobre 2014
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