« J'ai l'impression que c'est dimanche tous les jours ! » Michel Bourez, n.13 mondial

Le surfeur tahitien en confinement depuis 6 jours maintenant reconnaît qu'il n'aurait pas été possible d'aller aux Jeux Olympiques dans de bonnes conditions. Il profite de son témoignages pour adresser un message aux jeunes et leur demande de bien réfléchir à leur avenir.

 

Le report des JO à 2021 t'a-t-il surpris ?
Non, ça ne m'a pas surpris. C'est la meilleure solution. La plupart des athlètes ne voulaient pas des Jeux cet été et avaient demandé un report. A quatre mois des Jeux, personne ne pouvait se préparer correctement. On est tous en off. On n'aurait jamais été prêt physiquement et moralement pour le début des Jeux Olympiques. C'est mieux d'avoir reporter cet évènement à 'année prochaine.

Avais-tu parlé avec d'autres surfeurs pro de l'éventualité du report des Jeux ?
Non, il n'y a eu aucune discussion avec les autres surfeurs. Mais on s'y attendait tous. Après avoir vu les compétitions du CT annulées en début de saison, comme toutes les grandes compétitions dans tous les sports, on savait que les Jeux ne pourraient pas avoir lieu. On savait que ce report allait être annoncé.

Où es-tu exactement en ce moment ?
Je suis à la maison. J'habite à Paea, à Tahiti. Je suis avec ma famille. On ne voit personne depuis six jours maintenant.

Comment vis-tu ce confinement ?
J'ai l'impression que c'est dimanche tous les jours ! On est en famille, on fait des choses ensemble, mais sans bouger de la maison. On fait du sport aussi, on s'occupe. J'en profite pour faire des choses que d'habitude je remettais toujours au lendemain. Par exemple, aujourd'hui, j'ai fait un grand nettoyage. J'ai nettoyé toute la maison ! C'est là que je vois que j'ai plein de choses à faire et du temps pour le faire. Je range bien tout mon matos, je trie toutes les lettres. Je me suis bien occupé du jardin aussi : j'ai coupé la haie et passé dans la tondeuse !

Qu'est-ce qui est le plus dur ?
Le plus dur est de ne pas aller surfer évidemment. Mais aussi de voir les infos et se rendre compte du nombre de cas qui augmentent tous les jours. Et se dire que ça n'est pas que chez nous que ça arrive, mais que le monde entier est dans la même situation. C'est dur.

Qu'est-ce qui te surprend le plus durant ce confinement ?
Beaucoup de choses me surprennent ! A commencer par les gens qui n'écoutent pas les consignes. Je vois des jeunes qui continuent à faire la la fête ensemble. Ils ne comprennent pas le danger que ça représente. J'habite en bord de mer, je ne vais pas à la plage pour ne pas être un mauvais exemple et ne donner envie aux autres d'y aller.

Quel message veux-tu passer ?
Les gens doivent comprendre qu'on a plus de temps que jamais à passer chez soi, avec les siens. Faites tout ce que vous ne pouviez pas faire : étudiez, perfectionnez-vous dans votre langue, apprenez-en d'autres, passez plus de temps avec votre famille. Et j'ai aussi un message pour les jeunes : ayez une réflexion sur votre avenir. Projetez-vous et, quand tout ça sera terminé, faites très attention d'être entourés des bonnes personnes.


Déjà parus

Vincent Duvignac, champion du monde par équipes de surf 2017
Amandine Chazot, championne du monde par équipes de Stand Up Paddle 2019
Eric Dargent, vice-champion du monde de Para Surf 2020
Jérémy Florès, n.10 mondial
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