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Jérémy Florès : « 2014 est loin derrière moi »

Jérémy Florès : « 2014 est loin derrière moi »  © Photo WSL

Après une saison catastrophique et une requalification in-extremis via le QS, Jérémy Florès attaque une neuvième année consécutive sur le World Tour. Comment se sent-il à la veille du Quik Pro Australia ? Quels changements a-t-il opéré à l’inter-saison ? Quel regard porte-t-il sur la vague de Snapper ? Quels sont ses objectifs ? Questions - réponses pour SurfingFrance.

 

 

« Je me sens comme un vétéran »

Jérémy, tu lances ta 9e saison sur le WCT ce samedi (vendredi soir en France). Te sens-tu dans la peau d’un « vétéran » du tour ?
Oui, on pourrait dire que je suis un vétéran. J’ai l'impression que je suis sur ce tour depuis une éternité. Mais en même temps, jamais je n’aurais imaginé me qualifier aussi jeune (à l’issue de la saison 2006, il termine 1er du circuit WQS à seulement 18 ans). J’ai été beaucoup plus vite que prévu dans l’évolution de ma carrière. Ça fait un peu bizarre : je n'ai que 26 ans alors que j’ai l'impression d’être plus âgé dans le milieu du surf. Mais qu’on se rassure ! Dans la vie, je suis toujours aussi « déconneur » et des fois même un peu immature (rires) !

« Absolument pas revanchard »

Après ta saison passée, qui a été délicate, arrives-tu « revanchard » pour 2015 ?
Pas revanchard. pas du tout même. Ma revanche, je l’ai déjà prise en me re-qualifiant pour 2015. Tout le monde pensait que j'allais sortir du world tour après mes mauvais résultats et surtout après ma suspension (il a écopé de 40 jours de suspension après J-Bay en juillet et raté Teahupoo et l’US Open, ndlr). Je m’étais donné un challenge en fin d’année et cette suspension m’a remotivé pour revenir. Donc, non; je ne suis pas revanchard du tout. Les compteurs repartent à zéro avec cette une nouvelle année. Et 2014 est loin derrière. 

« Rapidement retrouver un meilleur seeding »

Tu es sorti du Top 10 en 2012. Penses-tu pouvoir y revenir ?
Au long de ma carrière, j’ai été Top 10 dans alors que je ne m’y attendais pas (quatre fois en 2007, 2008, 2010 et 2012, ndlr). Comme je l’ai dit, tout est allé tellement vite. Mon objectif maintenant n’est pas forcement Top 10 ou Top 5 mais avant tout de reprendre confiance en compétition. Chaque chose en son temps. Je vais commence l’année avec un très mauvais seeding vu que j’ai été l’un des derniers requalifié (il commence la saison avec le dossard n°30, ndlr). Ce qui veut dire que je vais surfer contre les top seedées durant les premières épreuves. Mon objectif est avant tout de passer le maximum de séries pour remonter dans le classement et ne pas avoir à surfer à chaque fois contre eux dès les premiers tours. On va dire que je crois pas en moi parce que je ne veux pas surfer contre les top surfeurs… Mais cela influe énormément au cours de l’année. Je me souviens quand j’étais Top 10 : je pouvais avoir le droit à l'erreur en ne surfant pas à 100% et ça passait quand même contre des surfeurs du bas du classement. Alors que quand tu surfes contre des Fanning, Medina ou Slater, il faut presque toujours être à 200%. Ce sont des machines. Je me répète : chaque chose en son temps. Et, premièrement, remonter dans le classement pour un meilleur seeding.

« La technique n’est pas tout, la confiance si »

Comment expliques-tu avoir cartonné lors des 6 premières années sur le CT et n’être plus au top des résultats depuis deux ans ?
Je trouve que mon surf a progressé. Quand je compare des vidéos d’il y a 2 ans et celles d’aujourd'hui, mon surf est deux fois meilleur. Mais je dois encore énormément évoluer. Je regarde les John John (Florence), Slater, etc et ça m’inspire beaucoup. Je respecte tous les surfeurs du world tour et je m’entraine au mieux pour progresser et arriver à faire ce qu’ils font. Mais la technique n’est pas tout, le plus important c'est de retrouver la confiance en soi. C’est ce qui fait toute la différence. Ces dernières années je n’étais plus concentré comme je l’ai été auparavant.

« J’ai eu envie de faire autre chose »

Comment l’expliques-tu ?
J’étais peut être moins motivé pour gagner des séries. Si j’étais toujours motivé pour surfer, je l’étais moins pour faire de la compétition. Je n’ai pas arrêté d’en faire depuis que j’ai 14 ans. Ce ras-le-bol devait arriver. J’étais fatigué et j’ai eu envie de faire autres chose… Je suis également passé par des moments difficile sur un plan personnel et ça m’a beaucoup touché. J’ai consulté… Je suis apparemment passé par des étapes normales de la vie. Sauf que j’étais engagé sur le world tour en mode non stop et je n’ai pas su tout gérer. On vit. On apprend. Je sens que j’ai appris beaucoup de choses sur la vie en général c'est deux dernières années. Ce n’est donc pas plus mal.

 

« Du yoga, de la nutrition, de nouvelles planches et toujours Fred Robin »

Sur quoi as-tu travaillé pour te lancer sur le tour 2015 ? 
J’ai surtout énormément surfé. Tous les jours à fond. Je me suis beaucoup fait filmer aussi, pour réaliser des clips et ainsi partager mes sessions de rêves avec le public. Je me suis mis au yoga aussi, pour devenir plus souple et je fais beaucoup plus attention à ma nutrition. Je suis content du résultat : j’ai perdu 8 kg depuis septembre dernier. Au niveau planches, je suis en transition, je surfe beaucoup de planches différente en ce moment. Je continue à travailler avec Frédo Robin, sur place ou à distance. C’est quelqu'un en qui je fais confiance et, de nos jours, ce n’est pas évident de trouver des gens de confiance. La plupart ne veut surtout profiter que de l’argent sans vraiment y mettre du coeur. 

 

« Un rêve de surfer Snapper à deux »

Snapper est une vague qui te réussi bien. Peux-tu nous la décrire ? 
C'est une longue droite, on surfe habituellement des petites planches/ Moi, je surfe en 5'9 à Snapper. La vague peut changer par rapport au banc de sable mais quand c'est le vrai Snapper, ça commence par un tube en haut de vague, puis un long mur pour faire de beaux carves. Ça fonctionne rarement au-dessus de 2 mètres. C’est une vague magique, avec de l’eau bleu turquoise. C'est un rêve de pouvoir la surfer à seulement 2 à l'eau, parce que c'est généralement un spot surpeuplé, et ça peut être dangereux.

 

« Je ne lâcherai rien »

Une demi comme en 2008 peut-elle être envisageable ?
Je vais y aller série par série. Pour l'instant, c'est le premier tour. Evidemment, si j’ai l'opportunité, j'essayerais d'aller jusqu’au bout. Je ne lâcherai rien.

 

« Même le dernier peut gagner ! »

Selon toi : qui va gagner à Snapper ?
Aucune idée. Le niveau de surf est en ce moment tellement haut. Le dernier du classement pourrait créer la surprise et gagner la compèt ! Vraiment. Le niveau est incroyable. C’est beau à voir. Je suis fan de tous !

 

Propos recueillis par Stéphane Sisco

 

A lire, l’interview de Yann Martin, coach des équipes de France, qui a suivi la préparation de Jérémy Florès à Snapper ces derniers jours.

 

Jérémy Florès sur le World Tour
2014 : 33e
2013 : 18e
2012 : 10e
2011 : 13e
2010 : 9e
2009 : 25e
2008 : 10e
2007 : 8e 

Jérémy Florès au Quik Pro Australia 
2014 : 13e
2013 : 9e
2012 : 13e
2011 : blessé
2010 : 17e
2009 : 9e
2008 : 3e
2007 : 9e

Sa série du 1er tour au Quik Pro Australia
Round 1 (le vainqueur au Rd 3, les autres en repêchages au Rd2)
Série 7 : Jordy Smith (AfS), Kai Otton (Aus), Jérémy Florès (Fra)

Live : http://www.worldsurfleague.com/events/2015/mct/1207/quiksilver-pro-gold-coast?home=1
Call tous les jours à 7h30 locales (soit 22h30 la veille en France)

 

Le classement mondial 2014
1. Gabriel Médina (Bré) 62,800 pts
2. Mick Fanning (Aus) 55,350 pts
3. John John Florence (Haw) 51,400 pts
4. Kelly Slater (50,050) pts
5. Michel Bourez (PYF) 46,000 pts
6. Joël Parkinson (Aus) 43,100 pts
7. Jordy Smith (AfS) 42,900 pts
8. Adriano de Souza (Bré) 42,250 pts
9. Taj Burrow (Aus) 41,700 pts
10. Josh Kerr (Aus) 41,700 pts
… 33. Jérémy Florès (Fra) 9,500 pts

Calendrier 2015 messieurs
28 février-11 mars : Quiksilver Pro Gold Coast, Australie
1er-12 avril : Rip Curl Pro Bell's Beach, Australie
15-26 avril : Drug Aware Margaret River Pro, Australie
11-22 mai : Rio Pro, Brésil
7-19 juin : Fiji Pro, Tavarua, Fidji
8-19 juillet : J-Bay Open, Jeffrey’s Bay, Afrique du Sud
14-25 août : Billabong Pro Teahupoo, Tahiti
9-20 septembre : Hurley Pro Trestles, Trestles, États-Unis
6-17 octobre : Quiksilver Pro France, Landes, France
20-31 octobre : Moche Rip Curl Pro Portugal, Peniche, Portugal
8-20 décembre : Billabong Pipe Masters, Pipeline, Hawaii

 

WCT mode d’emploi

La saison 2015 de la World Surf League (ex-ASP) débute ce samedi sur le Gold Coast australienne (1000 km au nord de Sydney) avec le Quik Pro (messieurs) et le Roxy Pro (Australie). 

En fin de saison, le Top 22 messieurs sera requalifié pour la saison 2016, et complété par le Top 10 du circuit QS (hors surfeurs du Top 22) et deux wild cards à l’année de la WSL. Les deux moins bons résultats des onze étapes seront défalqués pour établir le total des points général de chaque concurrent.

Jérémy Florès est l’un des deux Français avec Michel Bourez sur le world tour messieurs. Il entame sa 9e saison consécutive, après une année catastrophique (33e) et requalification via le QS (11e). L’unique représentant de la Fédération française n’est plus entré dans le Top 10 mondial depuis 2012.

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