Johanne Defay : « La vie m'a toujours permis de faire ce que je voulais »

Johanne Defay surfera sur le WCT la saison prochaine mais avant cela, elle a deux derniers rendez-vous en 2013, dont les championnats du monde juniors ASP à la fin du mois au Brésil. Johanne Defay surfera sur le WCT la saison prochaine mais avant cela, elle a deux derniers rendez-vous en 2013, dont les championnats du monde juniors ASP à la fin du mois au Brésil.  © Photo ASP Europe

Cinquième Française à se qualifier pour le World Championship Tour, Johanne Defay confie sa joie, ses émotions et ses projets. Au fait, la double championne d'Europe ASP n'a toujours pas de sponsor majeur… Interview.

Comment as-tu appris que tu étais qualifiée ?
Je n'ai pas forcément regardé toute la compétition. Je n'étais pas devant l'écran pour les calls tous les matins. J'étais dans l'eau quand ça s'est fait. Je n'y ai même pas pensé vendredi matin. J'ai pris mon petit déjeuner, il pleuvait, j'ai été surfer après. C'est Mathias (Maallem), mon ancien coach, qui m'a téléphoné pour me l'annoncer.

Tu t'y attendais quand même…
Ça fait trois semaines qu'il y avait cette possibilité. Je m'y attendais mais ce n'était pas officiel. Ça l'est maintenant et c'est fou !

Qu'est-ce que cela représente d'être qualifiée pour le CT ?
C'est un rêve qui se réalise. J'y pense depuis que je suis toute petite. Depuis que je fais les QS. On est toujours ensemble les Françaises. On s'encourage, on s'entraide. Quand Justine (Dupont) s'est qualifiée il y a deux ans, je me suis dit : Wouah ! Elle l'a fait ! et en meêm temps, je ne savais pas si j'allais, moi, y arriver. C'est donc une grosse satisfaction.

Comment as-tu vécu ces dernières semaines depuis le Swatch Girls Pro, et ta finale sur la dernière compétition WQS, dans l'attente du dénouement ?
Il y avait beaucoup de gens qui venaient me voir en me demandant ce qui allait se passer. Ça ne dépendait plus de moi. Je me suis dit : si ça le fait ok, cool. Si ça ne se fait pas, c'est que ça ne devait pas se faire, et donc ce n'est pas grave. Je n'ai pas trop pensé à tout ça. J'ai fais mes routines. J'ai eu ma famille autour de moi. Il y a eu le Pro Junior en Galice (et un 5e succès en sept compétitions, ndlr). Je ne me suis pas pris la tête. Même si cette dernière semaine, j'en avais un peu marre d'attendre, il fallait que ça cesse (rires) !

Est-ce plus aussi fort en émotions que de gagner une compétition ?
Non. Ça donne moins d'émotions qu'une victoire. Là, tu es seule quand tu l'apprends. Sur le Swatch, par exemple, il y avait la compétition, l'effort physique, le public, la famille…

Bizarrement, tu te qualifies l'année où tu aurais pu être moins présente avec la perte de sponsor principal…
Je pense que les choses arrivent pour une bonne raison. Si ça se trouve, je n'aurais pas été là si Roxy avait renouvelé mon contrat. Mais attention, je ne l'ai pas fait dans un esprit de revanche. Je l'ai fait pour moi ! Je suis partie cette saison avec l'envie de faire les choses bien. Je voulais m'entraîneur et me montrer que je pouvais y arriver. Me montrer que tout ce que je faisais depuis des années, je le faisais pour quelque chose. En me disant, que quoi qu'il arrive, j'en serais contente.

A qui dédies-tu cette qualification ?
A ma famille tout d'abord. Ça c'est sûr ! C'est grâce à eux. Il y a cette année avec leur soutien mais toutes les années précédentes aussi. Ça fait longtemps qu'on fait tous des sacrifices. Il y a eu du travail mais aussi des moments géniaux. J'ai passé des moments incroyables avec ma maman, qui a pu me suivre sur quelques compétitions. Ça nous a rapproché. C'est un vrai travail d'équipe avec ma maman, mon papa, ma soeur, Arnaud et Charly. Et mes entraîneurs aussi : Nico Conradi et Joël Hauss. De La Réunion, loin de tout, loin de ce milieu, ils ont cru en moi, ils m'ont aidé énormément. Je pense aussi à Amandine Sanchez, qui m'a entraînée plusieurs fois par semaine à partir du mois de novembre, après la perte de mon sponsor. Elle m'a dit "viens", elle m'a soutenu, elle m'a aidé ! Merci à tous ces gens ! Il y a tellement…

Le plus dur commence maintenant car il va falloir démontrer que tu as ta place dans ce Top 17 mondial. Pression ou pas ?
De nouveaux objectifs arrivent. Il va y avoir encore plus de travail, plein de choses nouvelles. Pour l'instant, je ne pense pas vraiment au Tour 2014. Je suis plus en mode fin de saison 2013. J'ai encore des compétitions à venir. J'aurais le temps d'y penser plus tard. Je verrai tout ça quand ça arrivera. En tout cas, je ne vais pas y aller avec la peur de me maintenir. Je vais vivre pleinement cette prochaine saison. 

On sait que tu as fais le tour WQS cette année sans sponsor majeur et que tu dois énormément à tes parents qui t'ont soutenu moralement et financièrement. Comment vas-tu faire pour 2014 ? Sachant qu'il te faudra passer par l'Australie, l'Europe, la Californie, le Brésil ?
Je n'ai aucune réponse pour le moment. Je ne sais pas. On verra bien. J'ai trois ou quatre mois devant moi pour trouver des solutions. La vie m'a toujours permis de faire ce que je voulais. J'espère que ça continuer et que je vais trouver un partenaire qui va me permettre de vivre le World Tour 2014. Il n'y a pas de raisons que je n'en trouve pas…

Avant le CT, il y a… les Championnats de France en Vendée (19-27 octobre) pour lesquels tu as confirmé ta participation.
J'attends ce moment avec impatience ! Il y a la compétition et un titre national à aller prendre mais c'est vrai qu'il y a surtout les retrouvailles avec mes amis de la Réunion. Je ne suis pas obligée d'y aller. Je sais que certaines filles ne les font pas. Mais, moi, ça me tient à coeur. Ça me fait plaisir. C'est pour la symbolique mais aussi pour le titre ! Je me souviens de la finale de l'an dernier avec Marie (Dejean) et Cannelle (Bulard) à la Barre.

Et pour conclure cette superbe année, tu seras fin octobre aux championnats du monde ASP juniors, au Brésil. L'ambition étant de devenir la troisième Française sur le palmarès après Pauline Ado et Alizé Arnaud…
Je les ai déjà faits, j'y ai eu de bons résultats mais j'espère les gagner cette fois ! Ça fait longtemps que je vois ces championnats. Quand j'avais 13 ans, à Narrabeen (Australie), ça me faisait rêver. Je suis contente d'y aller. Je vais faire tout ce que je peux. Il y a beaucoup de monde mais je veux remporter ce titre.

A quand un retour à La Réunion ?
J'y retournerai une fois la saison terminée. C'est certain. Quand ? Je ne sais pas. On m'y attend et j'ai besoin de me ressourcer. Ces temps-ci, j'ai des flashs de ma vie là-bas, de ma petite maison de l'Etang-Salé. Je ne vais pas y surfer malheureusement, mais je vais y aller. Joël et Nico m'attendent de pied ferme. Je vais aussi me préparer là-bas avec eux pour 2014.

 

 

 

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