L'ESB, un exemple pour la mixité

A l'École de Surf de Bretagne de la Torche, la mixité, on connaît. Ainsi, la moitié des salariés et stagiaires de l’ESB sont des femmes. De l'accueil, aux cours dans les vagues, en passant par l'administratif, le surf shop et le surf camp, elles sont légion sur le spot breton. Pour la bonne ambiance de travail de la structure labellisée École Française de Surf, et aussi pour le bonheur des client(e)s. 

« Les femmes nous apportent de la douceur. » En une courte phrase, le pourtant très bavard Didier Tirilly résume l'ambiance générale. Pour le gérant de la structure : « La mixité existe depuis bientôt 30 ans à l'ESB. »
Pointe de la Torche, un matin des premiers jours du mois d'août. Le parking est déjà plein, la plage se remplit elle aussi. Il y a les baigneurs et beaucoup, vraiment beaucoup, de surfeurs. A l'école de surf, c'est d'ailleurs un ballet incessant entre les cours, la location, le magasin, les élèves… 
« C’est le changement »
Juliette Honoré (photo ci-dessous) travaille à l'accueil. Trois saisons déjà qu'elle est à l'ESB. Elle habite à deux pas et surfe ici depuis toujours. Licenciée au club dès son plus jeune âge, elle a suivi des stages, pris des cours, fait des compétitions. « Mes parents me déposaient en début d’été et me récupéraient à la fin » rigole-t-elle. Après être passée par le shop et la location de matériel, la voici à gérer les plannings des moniteurs, à accueillir les stagiaires. Et de faire remarquer : « On a toujours eu beaucoup de filles dans l’équipe mais, cette année, on en a encore plus. Il y a beaucoup d’écoles où il n’y a que des hommes et, ici, ça fait du bien d’avoir des femmes. C'est le changement ! » 
Alors que trois jeunes anglais lui demandent dans un grand sourire où récupérer leurs planches, Juliette glisse que « les clients sont très contents d’avoir des femmes pour les cours. » Et de conclure : « Elles savent vraiment s’adapter à toutes les tranches d’âge. »

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« De plus en plus de filles à l’eau »
Les huit moniteurs, quatre hommes et quatre femmes, enchaînent depuis tôt ce matin les sessions. Jusqu'à une courte pause pour déjeuner sur le pouce. Originaire du Morbihan, Léna Le Frapper vit sa première saison à l'ESB. Tout sauf un hasard pour celle qui est passée par le Pôle espoir de Bretagne où elle a rencontré Didier (Tirilly) et Ronan Châtain. BP en poche depuis six ans, elle (re)vient s'installer dans le Finistère. « C'est un vrai retour aux sources, clame-t-elle. J'ai commencé l'an dernier, on était deux monitrices, et nous voilà quatre ! C'est agréable d'être entourée de filles, on ne travaille pas forcément de la même manière, on n'a pas forcément le même niveau d’écoute. » 
Passée par la compétition où elle était « bien souvent la seule fille », Léna a toujours évolué dans un milieu « majoritairement masculin » et se réjouit de voir que « c'est en train d’évoluer car on nous voit de plus en plus à l'eau. »
Précurseurs
Le cours des tout petits va bientôt débuter. Charlotte Troadec guide la troupe de Schtroumfs jusqu'au jardin des vagues. Après en avoir passé 13 ans comme co-directrice de l'école de surf de Bretagne de Crozon Morgat, elle est en certification du BP surf. Pour faire dans l'originalité, elle est aussi originaire du coin. Avec un papa surfeur et, surtout, shaper bien connu dans la région, elle a débuté le surf à la Torche. « J'ai toujours baigné dans cet univers et j'ai lié une amitié avec Didier et Ronan, puisque j'ai été de la première génération au sein de la filière d'entraînement. » Également prof de yoga, elle milite pour une mixité dans la pratique de cette autre activité. "Jeune" monitrice, Charlotte porte un regard bienveillant sur l'ESB La Torche et confirme qu'il y « a toujours eu pas mal de femmes dans leurs structures, que ça soit à l'accueil, dans les magasins et avec les monitrices. Ils ont vraiment été précurseurs, c’est vraiment chouette ! »
Adoucir les tempéraments
IMG 6682Maëlys Jouault (photo ci-contre), membre des équipes de France juniors, se remet de la crème solaire, enfonce son chapeau sur la tête, et repart avec ses élèves. A bientôt 20 ans, elle est stagiaire BP, après avoir eu son Bac l'an dernier. « J'adore ce que je fais ! » lance-t-elle. Pour le moment, elle est aussi focalisée sur les prochaines compétitions de l'été : les QS de Lacanau et Anglet arrivent bientôt. Lucide, l'ex-pensionnaire du Pôle France de Biarritz sait que sa carrière pro « ne va pas durer jusqu'à 40 ans, et il faut donc assurer le coup tout en continuant à faire ce qu'on aime. Même si je ne sais pas si je pourrais être prof de surf toute ma vie… » 
Formée à l'ESB puis au Pôle espoir Bretagne, elle connaît tout le monde ici. Comme ses collègues, elle apprécie la touche de féminité. « Les moniteurs nous disent d'ailleurs que c'est sympa de travailler avec des filles. Généralement, dans le surf, il y a beaucoup plus de garçons. Si tu ne te sens pas mise à l'écart, il existe quand même un petit décalage. Ils ne pensent pas forcément comme nous, et le fait qu'on soit plusieurs… « ça les calme » (rires). » 
Pour Charlotte, « être autant de femmes permet d'adoucir les tempéraments au niveau de l'enseignement, et offre une autre dimension pour certains publics. » Comme Léna, elle assure que « ça peut être rassurant pour certains enfants qui vont se tourner plus facilement vers nous. On a notre vision du surf qui n’est pas forcément celle d'un homme et on n’a pas les mêmes objectifs, ni les même les attentes. »
Calme et organisation
Forcément, certaines élèves sont quelquefois déçues. « On entend souvent des filles nous dirent "Zut, je pensais avoir le beau moniteur" » confirme Léna qui a la parade. « Quand je vois un groupe de filles, je les envois sans réfléchir aux moniteurs ! » (rires). Plus sérieusement, elle confie qu'être une femme dans une école de surf comporte aussi des inconvénients. « Ça dépend de chacune mais les règles peuvent être un moment difficile pour enseigner dans l'océan. Et, soyons honnête, le surf c'est très physique, il y a pas mal de manutention avec le matériel. Heureusement, il n'y a pas de tabou à l'ESB, où tout le monde nous comprend. » 

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En retrait mais toujours avec un œil bienveillant sur ses troupes, Didier Tirilly (photo ci-dessus) se satisfait pleinement de cette harmonie voulue. Surfeur émérite, celui qui est par ailleurs président de la Ligue de Bretagne et élu au comité directeur de la Fédération, reconnait avoir « toujours travaillé avec des femmes. Ça fait partie du fonctionnement de l’ESB. Elles nous apportent du calme mais aussi de l'organisation dans le travail. Et elles sont très volontaires. »
Le public féminin est de plus en plus important, et il y a même désormais plus de filles que de garçons surfeurs chez les moins de 14 ans. Répondre à la mutation du surf par la mixité est une des réussites de l'ESB La Torche. Une structure qu’il est bon de prendre en exemple. 

 

 

Dernière modification le : 04 septembre 2022
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