Mondiaux - Il ne pourra en rester qu'une

IMG 5355 Cannelle Bulard, Pauline Ado et Vahiné Fierro sont les trois Françaises sélectionnées pour les championnats du monde qui débutent demain au Salvador (29 mai - 6 juin). Avec un objectif : enlever un des 7 derniers tickets féminins pour les Jeux Olympiques et rejoindre Jérémy Florès, Michel Bourez et Johanne Defay à Tokyo.

 

On l'a dit et répété, une Française et une seule pourra repartir du Salvador avec la qualification olympique. Avec un quota de deux athlètes par pays et par genre, la dernière place que peut espérer la France ne pourra aller qu'à Fierro ou Ado ou Bulard. De retour au Salvador un mois après le stage de sélection, les trois surfeuses entrent en compétition demain. Non sans surprise.
« Le spot principal (la Bocaña, ndlr) a totalement changé, explique Cannelle Bulard. J'avais mon repère en face de la rivière, il n'existe plus. J'ai galéré. En plus, il faut batailler avec toutes les équipes à l'eau. » Vahiné Fierro s'en est aussi aperçu. « Il y a eu des grosses houles dernièrement. Ce n'est plus la perfection qu'on a eu le mois dernier. Mais c'est pareil pour tout le monde. Les meilleures vont se qualifier pour les JO. » Cannelle Bulard sait que, malgré cette nouvelle configuration, le stage fédéral du mois dernier va l'aider autant que ses deux compatriotes. « On part quand même avec un avantage d'avoir surfé ici. Même si le spot a bougé, on connait la vague. On connait ce spot droite et gauche. »

Fierro : « J'adore cette équipe ! »

Installée dans un hôtel au bord de l'eau à 1km du spot, les trois filles de l'équipe de France se disent toutes très heureuse de retrouver ce groupe, deux ans après les derniers championnats du monde, en 2019 au Japon. « Ça ravive de bons souvenirs, confie Pauline Ado. Pour moi, la dernière fois remonte même à 3 ans. Ça fait plaisir de revoir tout le monde, les têtes familières, celles de l'équipe et celles des autres pays. Ça fait du bien de se replonger dans cette ambiance. »
Même discours chez la benjamin Vahiné Fierro qui honore sa deuxième sélection après 2019. « J'adore cette équipe. Elle est composée de beaucoup d'îliens, on a tous la même mentalité. Et Pauline et Joan (Duru) sont top eux aussi. On s'entend bien, on se motive. »

 DSC8473Cannelle Bulard (Photo FFSurf)

Bulard : « Je suis fière de porter le tee-shirt France »

Cannelle Bulard va encore plus loin en parlant des couleurs à défendre. « Le drapeau, le béret, c'est toujours un plaisir d'être sélectionnée. On est tous en tenue. Je suis très fière de porter ce tee-shirt avec France dans le dos. Et puis être ensemble permet de se mettre moins la pression que lorsqu'on est seule. » Un esprit d'équipe qui permet de réaliser des performances.
Pauline Ado, championne du monde ISA en 2017 à Biarritz, sait de quoi elle parle. « J'aime bien être dans cette ambiance. On se nourrit des expériences et des conseils des uns et des autres. On s'entraîne, on échange sur les planches, les vagues. C'est chouette aussi d'avoir les garçons qui nous conseillent, de façon naturelle. C'est très positif. » Vahiné Fierro d'enchaîner : « Je prends note de tout ce que les 3 garçons font et me disent. Ils sont sur le CT, ce sont des modèles pour moi. »

Ado : « Les stages fédéraux nous ont fait du bien »

Après une saison blanche en 2020 et avec seulement une seule compétition QS en 2021, la semaine dernière au Portugal, on peut légitimement se demander comme nos trois représentantes vont se comporter. « Au final, les deux stages que la Fédération a organisés (Tahiti en novembre et Salvador en avril, ndlr) nous ont fait du bien. Il y avait des enjeux et on a fait beaucoup de mise en situation de compétition. C'est très positif. »
Au Portugal justement la semaine passée, Pauline a vécu une compétition particulière avec un quart de finale à la clef. « Ça a été une énorme piqure de rappel car j'ai vécu un condensé de situations en quelques jours. Report, interférence, qualifiée au buzzer, … J'ai vécu une expérience de plusieurs compétitions en une seule. » 

Bulard : « Jamais aussi près de mon rêve olympique »

Pour mettre toutes les chances de son côté, Vahiné Fierro a, elle, quitté sa Polynésie natale pour l'Europe où elle a passé près de trois mois. « Je voulais m'entraîner dans toutes sortes de conditions. Je suis prête et j'ai hâte que la compétition commence », assure-t-elle. Le manque de rythme ? « C'est la même chose pour toutes les autres filles. On a la chance d'avoir fait beaucoup de séries avec la fédération. Comme je le dis, j'ai hâte de surfer le 1er tour pour enlever les papillons que j'ai dans le ventre. »
Pour Cannelle Bulard, absente au Portugal, sa sélection de dernière minute après le forfait de Johanne Defay est « un signe ». La championne du monde ISA 2011 sait qu’elle n’a « jamais été aussi près de mon rêve olympique » et que son surf « dans ces conditions assez puissantes (me) donne confiance. Je suis à mon avantage ici. Je suis là pour me battre. En tout j'y crois. » Sortie prématurément lors de la dernière édition au Japon en 2019, elle assure que le Salvador « (me) fait penser au Pérou en 2011 (l'année de son tire, ndlr). Il y a deux vagues de même style. J'ai l'impression de revoir le même endroit. J'ai des souvenirs qui remontent. »

 DSC8564Pauline Ado (Photo FFSurf)

Ado : « L'idée d'une qualification olympique est nouvelle »

Des souvenirs, Pauline Ado en a des tonnes depuis qu'elle a débuté sa carrière en équipe de France juniors : plusieurs finales et le titre en 2017 aussi. Mais ces Mondiaux 2021 ne seraient pas les plus importants de sa carrière ? « C'est dur à dire, souffle-t-elle. Il y a tellement de moments clefs dans ma carrière, des moments forts, importants. Mais c'est vrai qu'il y a ici un très gros enjeu avec les JO. Je pourrai vraiment y répondre qu'après la compétition. Les Jeux, on ne sait pas encore ce que c'est. On ne mesure pas encore l'ampleur de les vivre. Malgré toute mon expérience, c'est quelque chose de nouveau. Même l'idée d'une qualification olympique est nouvelle. Mais c'est chouette, et ça amène une pression et une excitation positives. »

Fierro : « Rien ne va nous être offert sur cette compétition ! »

A l'eau depuis mardi, les Françaises comme le staff technique ont pu se rendre compte que le niveau général a monté d'un cran, voire de plusieurs. Les filles en sont conscientes. « Il y a au moins une fille très forte dans chaque pays, affirme Pauline Ado. Le niveau est beaucoup plus dense. C'est l'essor du surf féminin. Comparé à quelques années, où les pays majeurs étaient identifiés, là, le "danger" peut venir de partout. »
Avec 121 femmes engagées (47% du total des compétiteurs), il n'y a jamais eu autant de féminines sur des Mondiaux. En quantité donc mais aussi en qualité. « Il y a une super surfeuse dans presque toutes les équipes, reconnaît Vahiné Fierro. Il va falloir se battre. Rien ne va nous être offert sur cette compétition ! » 

Bulard : « Si je suis là, c'est que j'ai ma place »

Libérée dans son approche de la compétition après avoir annoncé qu'elle voulait faire un break, pour ne pas parler de retraite sportive, Cannelle Bulard sait qu'il y a un sacré niveau mais préfère parler du sien. « Il y a encore un mois je disais que les filles surfaient toutes bien. Aujourd'hui, je me dis que moi aussi je surfe bien. Je n'étais jamais parvenue à me mettre en valeur. Il y a beaucoup de Françaises qui ont un sacré niveau et qui pouvaient prétendre être aux Mondiaux. Si je suis là, c'est que j'ai ma place. C'est méritée. Je m'en rends compte maintenant. »
Compétition très longue avec ses 9 jours et des repêchages interminables, et un climat très lourd aussi (35 degrés et 98% d'humidité), les Mondiaux de l'ISA sont un véritable marathon. Pauline Ado et Cannelle Bulard, respectivement championnes du monde en 2017 et 2011, nous donnent les clefs pour aller le plus loin possible. « La régularité et la gestion, déclare Ado. Il faut faire des coups d'éclats à certains moments mais c'est la régularité qui va payer. Il va y avoir une usure physique et surtout mentale. Il faut aussi être opportuniste. » 

 DSC8514Vahiné Fierro (Photo FFSurf)

Fierro : « Je dois me focaliser sur ma passion de surfer »

Un constat identique pour Cannelle Bulard qui parle du mental. « C'est réellement là-dessus que ça se joue. Le physique, on l'a. Le surf, on l'a. Tout se joue au mental. On sort de notre zone de confort. On peut passer quatre fois dans la même journée. Il faut tout donner. Il être présente dans le moment. » Moins expérimentée et pourtant tout aussi talentueuse que ses aînées, Vahiné Fierro préfère, elle parler de plaisir quand on lui pose la question. « J'en parlé à mes parents il y a quelques jours, je vais devoir être deux fois plus passionnée que d'habitude dans ce que je fais. Je dois me focaliser sur ma passion. Pas sur la fatigue, ni le stress. Mon objectif est d'être heureuse et passionnée. »

Ado : « On sait respecter l'espace personnel de chacune »

D'ici le dimanche 6 juin, jour des finales, les trois Françaises auront on l'espère avancer le plus loin dans le tableau. Véritables amies en dehors de l'eau, elles sont néanmoins en compétition car, une fois encore, une seule pourrait se qualifier pour les JO. Comment vivent-elles cette situation ? « On a l'habitude et on s'entend bien nous trois, assure Pauline Ado. On arrive à avoir notre vie, notre rythme, avec des moments de convivialité. On sait respecter l'espace personnel de chacune. » 
« On n'en a pas parlé, il y a une relation très mature, estime Cannelle Bulard. On ne se fait la gueule, on ne se met pas du savon sur la wax (rires) ! On s'entraide. C'est une compétition dans l'eau, pas en dehors. On sait qu'il y a une place pour trois. Mais ce n'est pas qu'entre nous, non plus. Je souhaite qu'au moins une de nous trois gagnera son billet pour les JO. » 

Fierro : « On parle d'autres choses entre nous »

Quant à Vahiné Fierro, elle confirme ne pas être focalisée sur cette concurrence franco-française. « Je ne pense pas à ça. D'ailleurs, on parle d'autres choses entre nous. Je sais que l'enjeu va être d'aller plus loin que les deux autres. Mais encore une fois, je ne me disperse pas. Je vais me concentrer sur moi. Pour être honnête, je n'ai même pas regardé le format de la compétition. Je ne sais même pas jusqu'où je dois aller au minimum pour espérer me qualifier. »
Et Pauline Ado de conclure. « Et si ça se trouve, on ne s'affrontera même pas entre nous. C'est celle qui ira le plus loin qui décrochera peut-être le dernier ticket pour Tokyo. »

 

L’équipe de France
Messieurs : Jérémy Florès, Michel Bourez, Joan Duru
Dames : Vahiné Fierro, Pauline Ado, Cannelle Bulard
Staff : Stéphane Corbinien, Patrick Florès, Frédéric Robin, Hira Teriinatoofa, Thierry Durantel (médecin), Thibault Paraillous (kiné)


- Déjà qualifiés pour les Jeux Olympiques
Johanne Defay, Jérémy Florès, Michel Bourez
- En lice pour une place aux Jeux Olympiques
Vahiné Fierro, Pauline Ado, Cannelle Bulard 

 

Dernière modification le : 28 mai 2021
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