Pauline Ado : « Pour réussir, il faut voir la saison dans sa globalité »

Premier des deux volets de l'interview que nous a accordée Pauline Ado avant son départ pour l'Australie où elle va lancer sa quatrième saison consécutive sur le WCT. La N.1 Française nous parle aujourd'hui de sa préparation, des changements qu'elle a opérés, de son choix de faire également des WQS, et de sa soif de remporter enfin un succès.

 

Il faut remonter à début octobre pour te voir en compétition. Ce break de plus de quatre mois entre les deux saisons ASP n'est-il pas trop long ?
Oui et non. Il y a quelques temps, il m'arrangeait car il me permettait de bien me reposer, de me ressourcer avec mes proches, de préparer la saison suivante. Ce n'était finalement pas trop long. Mais depuis, j'en suis revenue car il me fait perdre le rythme de la compétition. Sincèrement, j'ai vraiment hâte de reprendre. Je me suis bien préparée cet hiver, il faut maintenant remettre le lycra.

Qu'as-tu fait depuis la dernière compétition ?
Je suis allée au Maroc en décembre pour surfer davantage qu'ici en hiver. J'ai pas mal travaillé sur mes planches et sur ma préparation physique.

Justement, as-tu opéré des changements dans ta préparation, dans ton matériel, dans ton surf ?
Je n'ai pas fait de gros changements. Plutôt des ajustements. Ceci dit, je me suis préparée cet hiver à Biarritz dans une salle spécialisée dans les sportifs de haut niveau (voir clip vidéo plus bas). En ce qui concerne les planches, j'ai essayé d'aller plus loin, d'en tester davantage, d'avoir le plus d'échanges possible avec mon shaper pour avoir le meilleur matériel. Et quant au surf, je me suis entraînée à tenter de nouvelles choses. 

« J'ai travaillé pour surprendre les juges ! »

Quoi par exemple ?
Être plus radicale, repousser mes limites. Je le fais pour surprendre les juges. Après 3-4 ans, ils connaissent mon surf et j'ai donc besoin de faire des choses différentes pour les surprendre. Il faut donc que je sois plus explosive, plus innovante ! Sur le tour, il y a quelques filles qui sont aujourd'hui capable de prendre une vague avec un potentiel à 6 points et d'en faire une vague à 8 points. Il faut que je parvienne à réaliser la même chose quand j'ai besoin d'un score sans avoir forcément la vague pour.

Tu pars dans quelques jours pour plus de quatre mois avec un premier long stop en Australie où tu vas enchaîner les compétitions. Les deux 6-star de Manly et Newcastle vont-ils te servir de répétition pour le CT de Snappers où les prends-tu déjà comme des compétitions où il faut prendre des points ?
Un peu des deux. C'est bien de marquer des points. En 2012, j'ai été chercher les points en QS pour me requalifier sur le CT. Mais j'y vais aussi pour retrouver le rythme avant l'enchaînement de compétitions que le calendrier propose. Bien débuter sur ces 6-star peut aussi apporter de la confiance avant le début du tour.

Tu vas débuter ta quatrième saison consécutive depuis ton entrée sur le CT en 2011. Que faut-il pour se maintenir au sein de l'élite du surf féminin ?
Beaucoup de régularité. Ne pas se laisser intimider. Croire en soi. Avoir une stratégie. Et voir la saison dans sa globalité, pas dans l'instant. 

« Je regarde souvent mes stats »

Quand on analyse tes stats, notamment celle de tes deux meilleurs saisons en 2011 et 2013 avec une 9e place au classement général, on s'aperçoit que tu es en progrès sur tes notes avec une moyenne de 12,54 pts l'an dernier. Est-ce dû à ton surf pur, à ton adaptation aux critères ASP, aux juges qui te connaissent mieux ?
Un peu de tout ça. Il y a l'adaptation au critères même si mon surf a évolué. L'expérience joue pour beaucoup aussi. C'est bien que l'on parle stats car je les regarde souvent. Quand je vois ces chiffres, je me dis que je suis dans le vrai. L'année dernière, avant l'US Open, j'avais remarqué que mes stats en séries étaient justement meilleures et j'avais un objectif caché de réussir à Huntington. 

L'envie d'atteindre enfin une finale et de la gagner doit être forte, non ? Tu y étais d'ailleurs tout proche l'an dernier à Huntington…
Oui, c'est un rêve de gagner une étape du world tour. La demi à l'US Open était géniale mais… Quand tu arrives à ce stade là, tu as forcément envie d'aller un peu plus loin. Et effectivement, je n'ai pas encore de victoire à mon actif sur le tour. Ce n'est pas évident car je suis parvenue à en décrocher quelques une sur le circuit junior. Mais il y a une grosse bagarre sur le QS et surtout le WCT.

Malgré ta régularité et tes résultats au plus haut niveau, il faut remonter à août 2010 pour trouver trace du dernier succès de Pauline Ado (Pro Junior de Lacanau). Comment vis-tu cette absence de victoire ?
Je me dis que s'il n'y a pas de victoire pure, il y a des victoires sur des séries qui sont très importantes.

 

Demain : second volet avec les objectifs 2014, le circuit qui va passer par Fidji, le retour de Hawaii, le coaching et la présence de Johanne Defay sur le WCT.

Vidéo associée

Dernière modification le : 21 janvier 2014
Évaluer cet élément
(1 Vote)
Retour en haut

Les Partenaires Officiels  de la Fédération

BP