Un deuxième spot sécurisé à La Réunion

Un deuxième spot sécurisé à La Réunion  © Photos Préfecture de La Réunion

Après Boucan Canot en fin d’année dernière, c’est au tour de la plage des Roches Noires, à St Gilles les Bains, de réceptionner officiellement son filet de protection. Ce vendredi 5 février, la baignade et les activités nautiques, dont le surf, sont désormais sécurisées et autorisées. Le dispositif de protection contre les requins couvre une surface de 57 000 m2.

 

« C’est un soulagement ! Une avancée de plus dans la volonté collective de sécuriser la baignade et les activités nautiques », indique Patrick Florès, adjoint au maire de Saint-Paul en charge de la station balnéaire et de la crise requin, et par ailleurs entraîneur des équipes de France de surf. « C’est deux ans de combat qui se terminent. Les plages de Saint-Paul revivent enfin. » Un combat que ce passionné de surf et enfant de St Gilles les Bains a mené avec énergie et détermination.
L’équivalent de 120 piscines olympiques
531 mètres linéaires de filets ont été installés au niveau du spot des Roches Noires. Les travaux et l’entretien sont financés par les fonds européens, la Ville de Saint-Paul, l’État et la Région. Ce dispositif est unique au monde puisque la technologie utilisée n’affecte en aucun cas la faune sous-marine.



« Ce sont bien des filets de protection et non des filets de pêche,
souligne Florès. Nous utilisons un système non maillant dans lequel les poissons et les mammifères marins ne peuvent être pris au piège. »
Au total, 141 000 m2 de surface (84 000 m2 à Boucan Canot et 57 000 m2 aux Roches Noires), soit l’équivalent de 120 piscines olympiques, sont désormais protégés. Plus de deux millions € sont investis sur quatre ans pour la maintenance des dispositifs de protection.
Johanne Defay : « On se sent vraiment en sécurité »
A cet effet, 11 maîtres nageurs sauveteurs et trois ouvriers scaphandriers seront chargés de l’inspection quotidienne avant l’ouverture des zones de baignade et de surf. « Ce ne peut être que positif pour les Réunionnais et pour le développement économique de la zone balnéaire, assure Patrcick Florès. C’est un investissement important mais qui vaut la peine lorsqu’on observe les bénéfices à venir. »



« Désormais, on se sent vraiment en sécurité »
, commente la N.1 Française Johanne Defay, qui séjourne actuellement sur son île avant de reprendre le chemin du tour mondial. « C’est important de pouvoir surfer en sécurité, à n’importe quelle heure, à n’importe quel moment de la journée ».
Un troisième filet prochainement
La Ville de Saint-Paul compte étendre les travaux de sécurisation avec une dernière tranche au niveau du spot de Trois Bassins, qu’elle partage en partie avec la commune éponyme. « Nous travaillons avec le maire de Trois Bassins sur cette sécurisation, c’est en bonne voie », confie Patrick Florès. D’autres communes travaillent pour leur part sur d’autres dispositifs de sécurisation. A St Leu, le spot le plus connu de l’île, des créneaux avec sécurisation sur l’eau et sous l’eau sont désormais proposés aux surfeurs du club local.
Le retour des compétitions
Du côté de la Ligue réunionnaise de surf, l’heure est désormais à la reprise des activités. La LRS indique qu’elle souhaite redonner vie aux clubs et aux écoles de surf, et travaille activement sur le calendrier des compétitions de surf. Des compétitions qui, pour le moment, ne pourront évidemment se dérouler que sur l’un des deux spots sécurisés.
Des compétitions à l’arrêt depuis plus de deux ans et demi et l’arrêté préfectoral interdisant la baignade et le surf à La Réunion en dehors des zones protégées (lagon). « Nous espérons qu’on pourra rendre à La Réunion son statut de fournisseur des équipes de France », conclu Patrick Florès.
Soutien de la Ligue Réunionnaise de Surf et de la communauté surf de La Réunion depuis le début de la crise, la Fédération Française de Surf se félicite de cette nouvelle avancé et de la possibilité de voir les jeunes surfeurs de l’île pratiquer de nouveau leur activité en toute sécurité.

 

Cinq ans, 18 attaques, 7 morts

Depuis le 19 février 201 et l’attaque d’Eric Dargent aux Roches Noires, La Réunion a connu une série d’attaques de requins sans précédent dans le monde. On a enregistré 18 attaques sur les quelque 30 km de côtes de la zone ouest du département français de l’Océan indien. 7 attaques ont été mortelles : 5 surfeurs et 2 baigneurs perdant la vie dans les eaux réunionnaises. Certains des rescapés sont depuis lourdement ou partiellement handicapés.
La dernière attaque mortelle remonte au 12 avril 2015. Elio Canestri (13 ans), membre du Pôle Espoir de La Réunion, étant mortellement mordu par un requin alors qu'il surfait sur le spot des Aigrettes. Sa disparition a causé une immense émotion à La Réunion et dans le Sud-Ouest d’où il était originaire.

Le surf et la baignade toujours interdit ailleurs

Un arrêté préfectoral d'interdiction du surf est en vigueur à La Réunion depuis juillet 2013 et la recrudescence des attaques de squales. La baignade et les activités nautiques sont interdites sur cette île tropicale de l'océan indien hors lagon (donc impossible pour le surf), hors zones surveillées ouvertes temporairement et hors zones sécurisées par des filets (plage de Boucan canot et des Roches Noires).
Les requins bouledogues, une espèce non protégée, dont la commercialisation a été interdite à La Réunion depuis 1999, sont mis en cause dans la majorité des attaques.

Dernière modification le : 05 février 2016
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