Yannick Sarran, de l'ASP à la Fédé

Yannick Sarran lors des sélections U18 pour les Mondiaux ISA, la semaine dernière à Capbreton. Yannick Sarran lors des sélections U18 pour les Mondiaux ISA, la semaine dernière à Capbreton.

Juge professionnel sur le world tour de l'ASP depuis huit ans, Yannck Sarran participe régulièrement aux sélections fédérales. Un gage de rigueur pour la FF Surf. Rencontre.

 

Comme Bruno Truch et Thierry Vidal, les deux chefs juges de la Fédération et de l'ISA, Yannick Sarran a intégré l'équipe fédérale qui opère lors des sélections fédérales. Habitué à noter les Kelly Slater, Mick Fanning et Jérémy Florès à longueur de saisons, Sarran s'est ainsi retrouvé la semaine passée à Capbreton à évaluer Nelson Cloarec, Arthur Lassée et Elliot Ivarra. Loin d'être blasé, il se dit même enthousiaste à l'idée de participer à ces regroupements. 

« Important d'avoir notre avis »

« La FFS a décidé de nous inclure dans ses sélections et je trouve cela très bien car c'est important d'avoir l'avis de juges reconnus au niveau international, commente-t-il. Les surfers devront, quand il seront sur le tour pro, plaire aux juges ASP. C'est donc toujours important d'avoir notre avis. » Le juge international concède toutefois qu'il ne participe « qu'à un moment de la saison » et qu'il est « uniquement là pour donner un avis technique durant quelques journées. »
En ce sens, il reconnait être tiraillé : « On ne voit pas ces jeunes toute la saison et c'est un peu difficile pour nous car les gamins sont totalement investis alors que nous, on vient juste mettre des notes… » 

« Un mode de sélection totalement transparent »

Il n'empêche Yannick Sarran loue « la très bonne initiative de la Fédération » d'impliquer le professionnels français du jugement en surf. Depuis l'année dernière, au moins un juge accompagne chaque sélection fédérale. Ainsi, Thierry Vidal est-il actuellement en Afrique du Sud avec les meilleurs minimes et cadets français pour le stage national d'hiver qui se termine sur une sélection U16 pour les Mondiaux ISA d'avril. « Le mode de sélection est désormais totalement transparent. Il repose avant tout sur la performance. Ça me parait très bien », se félicite ainsi Yannick Sarran

« Huit mois par an sur le tour »

Depuis 8 ans sur le tour professionnel, le juge ASP ne sera pas à Snappers pour l'ouverture de la saison WCT (1-12 mars). « J'ai eu un bébé l'année dernière, j'ai décidé de rester à la maison et de profiter encore un peu de la famille avant de partir pour de longues semaines. » Il sera ainsi sur les deux autres CT australiens, à Margaret River et Bell's beach. « Après l'Australie, je ferai tout le tour sauf Rio. Je vais notamment passer trois semaines à Fidji avec la compétition des filles cette année. Je passe huit mois hors de la maison. C'est génial et difficile aussi. Je suis loin de chez moi. »
La vie d'un juge ressemble ainsi à celle d'un surfeur, toujours entre deux avions, sur les plus beaux spots de la planète et, finalement, un peu solitaire. « Je suis un peu seul sur le tour, reconnait-il ainsi. Je suis l'un des rares français. Les Australiens et les Brésiliens sont nombreux et partout, ils ont des amis, des connaissances. Moi, je passe mon année à parler anglais… »

« Etre sérieux et honnête  »

La dernière journée de sélection pour les Mondiaux ISA juniors se termine. Avant de se quitter, on a une dernière question pour Yannick Sarran. Inévitable. Comment vit-il avec toutes ces critiques sur le jugement ASP ? « Je le vis bien, sourit-il. Je sais très bien que ça critiquera toujours. Le jugement est subjectif. A l'ASP, on a une équipe qui travaille ensemble depuis des années. On essaye d'être rigoureux et d'être réglo avec tout le monde. Pour ma part, je fais tout pour être le plus sérieux et le plus honnête. Après, ce qui se dit sur les réseaux sociaux ne me touche pas… »

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