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TOUT CE QU’IL FAUT SAVOIR SUR LA CRISE REQUINS À LA RÉUNION

[Le 18 juin 2017] L’île de La Réunion connaît une recrudescence anormale d’attaques de requins sur l’homme depuis six ans : 22 au total, dont 9 mortelles. Les surfeurs sont parmi les plus touchés avec sept décès, dont le dernier le 29 avril 2017.

Le requin mise en cause dans la quasi totalité de ces drames est le bouledogue. Une espèce intrusive, qui se sédentarise et qui attaque dans l’unique but de tuer. Le requin bouledogue est une peste pour l’environnement car il extermine toutes les autres espèces et dérègle considérablement l’écosystème marin.

Les causes de cette recrudescence ne sont toujours pas connues. De nombreuses hypothèses tentent de l’expliquer : urbanisme, surpêche, pluviométrie, turbidité des eaux, côte ouest riche en poissons, réserve marine, etc...

Pour lutter contre ce fléau, les usagers de la mer demande une reprise de la pêche pour réguler le trop grand nombre de requins bouledogues dans les eaux réunionnaises. Ils ont été rejoints dans leur cause depuis le 22 février 2017 par Kelly Slater, pourtant grand défenseur des océans et de l’environnement. Lequel a, enfin, ouvert les yeux et compris la situation exceptionnelle et catastrophique de La Réunion.

Pour vous aider à comprendre cette situation exceptionnelle que vivent les usagers de la mer de cette île française de l’Océan indien, la Fédération Française de Surf, solidaire de la Ligue réunionnaise de surf et de toute la communauté surf de La Réunion, vous propose ce dossier. Aux fins que les faits et les chiffres ci-après vous permettent de cerner le drame humain qui s’y joue malheureusement sans fin.

La Fédération Française de Surf est solidaire des surfeurs et des associations d’usagers de la mer, qui luttent pour un retour à la normale à La Réunion.

Au prétexte de la sauvegarde de certaines espèces de requins, qui ne sont pas rappelons-le protégées, La Réunion ne peut devenir un sanctuaire de requins bouledogues, lesquels ont ruiné l’écosystème originel. Il en va de la vie de ses habitants, de ses enfants.

 

1 - LES CHIFFRESpanneau.requin.run

- Depuis 2011, il y a eu 47 attaques mortelles de requins sur l’homme dans le monde. Neuf d’entre elles ont eu lieu à La Réunion. Une attaque mortelle sur 5 s’est ainsi produite dans le département français ! Un confetti sur la planète où, rappelons-le, l’accès à l’océan est interdit par arrêté préfectoral depuis juillet 2013.

- Depuis 2011, il y a eu 485 attaques recensées dans le monde, dont 47 mortelles.
A La Réunion, 40% des attaques sont mortelles. Dans le monde, 8% des attaques sont mortelles.

- La Réunion a connu 60 attaques de requins recensées en un siècle, dont 24 mortelles.

- La première sur un nageur, en 1913 (mort).

- La dernière sur un bodyboardeur le 18 juin 2017 (blessures légères).

- 1/3 des 60 attaques sur un siècle se sont produites au cours des six dernières années.
- 1/3 des 24 décès sur un siècle ont été occasionnés au cours des six dernières années.

 

2 – LES FAITS 

« UN DÉSÉQUILIBRE, UNE DENSITÉ ANORMALE (DE REQUINS), UNE AGRESSIVITÉ, LA COTE OUEST (EST) INFESTÉE, DES SPECIMENS DE TAILLE IMPORTANTE. »

RochesNoiresLa Réunion est le théâtre d’attaques de requins sur les surfeurs depuis bientôt 30 ans. Les surfeurs réunionnais ont appris à conjuguer leur passion avec ce risque. Ils ont aussi modifié leur comportement et se sont responsabilisés. Ainsi, les spots réputés à risque, au Sud, au Nord, et à l'Est des côtés réunionnaises ont été progressivement bannis par la quasi-totalité des usagers.

Les surfeurs réunionnais ont ainsi pu développer une véritable culture surf dans un cadre convivial et idéal que constitue la zone ouest de l'île, que l'on peut considérer comme une zone de pratique familiale. Le risque à cet endroit a toujours été faible et par conséquent acceptable. Jusqu’à la première attaque en février 2011 et le premier mort deux mois plus tard.

Le surf sur les zones isolées et dangereuses de La Réunion peut se comparer à du ski hors-piste, dans le cadre de l'acceptation d'un risque important. Les attaques de ces six dernières années ont, elles, la particularité de s’exercer sur ce qu'il conviendrait d'appeler des « pistes vertes ».

Jamais les requins n’ont été en aussi grand nombre à La Réunion que depuis ces dernières années. Qui plus est sur cette zone jusque-là sans histoire, la « piste verte », laquelle s’étend sur une bande d’une trentaine de kilomètres, face aux plages les plus populaires de l’île.

La quasi-totalité des dernières attaques a eu lieu dans cette zone, placée en réserve marine en 2007. Avant la création de cette zone, la présence de requins était exceptionnelle à cet endroit.

Les signalements et observations de squales y sont désormais quasi quotidiens, l'ensemble des pêcheurs de l'île a de plus en plus de difficultés à ramener un poisson entier à bord de son bateau.

Le risque d’attaques à La Réunion est bien plus fort que dans n'importe quel autre endroit du monde, avec un à deux morts par an pour 500 pratiquants résiduels. Par comparaison, l'Australie a une population de 2 millions de surfeurs pour un à deux morts par an. Les États-Unis avec une population de 3,1 millions de surfeurs ont un à deux morts par an.

La « jauge » moyenne des spots réunionnais est de 30 surfeurs en même temps. Mais depuis les attaques de 2011, la population de surfeurs à l’eau a considérablement chuté. Il n’y a donc pas de surpopulation des spots.

Le message de prudence qui devrait être véhiculé partout est brouillé par l'apport de nombreux spécialistes nationaux et internationaux, qui tentent d'expliquer le phénomène sans même être venus sur place constater les faits et les spécificités locales associés à cette crise.

Le travail des scientifiques sur place porte notamment sur l’étude des squales. Beaucoup de personnes se posent légitimement cette question : en créant cette réserve marine, ont-ils contribué à l’arrivée massive et la sédentarisation de requins aux abords des plages de la Réunion ?

D’une manière générale, les scientifiques notent que quatre facteurs favorisent la présence des squales : de fortes précipitations, la hauteur de la houle, la turbidité de la surface et la richesse en poissons de la côte ouest de La Réunion.

Les requins mis en cause dans la majorité des attaques, et dans les plus récentes, sont le requin tigre et le requin bouledogue. Deux espèces ni protégées, ni en voie de disparition. La taille et le poids de ces requins peuvent dépasser les 3 mètres et 300 kg.

Le requin bouledogue est responsable de nombreuses attaques dans le monde. C'est une espèce qui a une tendance invasive à travers la 

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colonisation d’espaces marins. Du fait de son caractère plus agressif, il est souvent considéré comme un prédateur dominant capable de causer un déséquilibre environnemental, lorsqu'il n'a plus aucune concurrence.

La particularité est le déplacement et la concentration de ces attaques sur la côte Ouest de la Réunion, réputée pourtant comme la plus sûre.

Cette zone a été placée en réserve marine depuis 2007 avec l’interdiction de pratiquer, notamment, la pêche côtière, la pêche sous-marine et le jet ski.

Ce parc marin se situe sur la principale station balnéaire de La Réunion avec les plages touristiques de Boucan-Canot, Roches-Noires, Trois-Bassins.

Une ferme aquacole installée en Baie de St Paul durant plus de 20 ans, distante de 3 kilomètres de cette station balnéaire, a été fermée en avril 2013.

La commercialisation de la chair des requins côtiers est interdite depuis 1999 pour cause de risque sanitaires, liée à une toxine : la ciguatera. Par ailleurs, le commerce d’ailerons est totalement interdit à La Réunion depuis 2004. Ces deux mesures ont placé La Réunion à la pointe de la protection des requins.

Une opération de marquage de requins bouledogues et tigres pour étudier leur comportement a débuté en 2012. 170 requins, adultes pour la plupart, dont 70 bouledogues, ont été marqués à ce jour. Les relevés des récepteurs indiquent qu’ils sont présents de façon très régulière près de la côte, à proximité immédiate des zones balnéaires, et quelles que soient les heures de la journée.

Après la huitième attaque, en avril 2013, les scientifiques qui étudient les requins à La Réunion depuis plusieurs années ont conclu, nous citons, qu’il existait déjà : « UN DÉSÉQUILIBRE, UNE DENSITÉ ANORMALE (DE REQUINS), UNE AGRESSIVITÉ, LA COTE OUEST (EST) INFESTÉE, DES SPECIMENS DE TAILLE IMPORTANTE. »

Il est aujourd’hui empiriquement et scientifiquement avéré que la population de requins est anormalement élevée à La Réunion. En avril 2015, les scientifiques en charge du dossier sur place ont estimé à 1.200, le nombre de requins bouledogues croisant sur la zone.

 

3 - HISTORIQUE

La première attaque sur un surfeur remonte à juillet 1989. Bruno Giraud (19 ans), espoir du surf local, décède des morsures d’un requin tigre alors qu’il surfait au couchant à Ste Suzanne, sur la côte Est de la Réunion.

Jusqu’à ce mois de février 2011, on avait recensé 12 attaques sur des surfeurs (4 morts), 2 attaques sur des véliplanchistes (2 morts), 6 attaques sur des plongeurs sous-marins (3 morts), 6 attaques sur des baigneurs ou des personnes ayant chuté à l’eau (6 morts).

Depuis avril 2011, on a recensé 17 attaques sur des surfeurs dont 7 mortelles et cinq mutilations sévères (membres supérieurs et/ou inférieurs arrachés).

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© Le Journal de l'Île de La Réunion 

2011 : 6 attaques / 2 morts
Le 19 février 2011, Eric Dargent, surfeur en vacances, se fait arracher une jambe sur le spot de Trois Roches. 
Le 15 juin 2011, Eddy Aubert fait du bodyboard sur le spot de Ti Boucan quand il se fait attaquer par un requin qui le blesse mortellement. 
Le 6 juillet 2011, Arnaud Dussel est chargé par un requin sur le spot des Roches en milieu d’après-midi. Sa planche est coupée en deux. 
Le 19 septembre 2011, Mathieu Schiller (31 ans), ancien champion de France de bodyboard et moniteur de surf, est attaqué en pleine journée ensoleillée sur le spot de Boucan Canot, la plage la plus populaire de l'île. Il est secouru par ses amis et les MNS mais les requins reviennent à la charge en le happant au bord de l'eau puis l'emportent au large. On ne retrouvera jamais son corps. 
Le 5 octobre 2011, Jean-Pierre Castellani navigue sur une pirogue à balancier en matinée en Baie de St Paul quand il est chargé par un requin. Le 11 novembre 2011, Jean-Paul Delaunay (42 ans) est mordu au pied par un requin alors qu’il pratique la chasse sous-marine au large de Ste Rose.

2012 : 3 attaques / 1 mort
Le 5 mars 2012, Gérard Itéma se fait attaquer sur le spot du Butor. Il n’est pas blessé mais sa planche est mordue sur 15 cm.
Le 23 juillet 2012, Alexandre Rassiga (23 ans) est mortellement blessé par un requin sur le spot de Trois-Bassins.
Le 5 août 2012, Fabien Bujon (42 ans) est attaqué par un requin sur le spot de St Leu. Il perd son pied droit et sa main droite.

2013 : 4 attaques / 2 morts
Le 23 avril 2013, Yoann Schultz se met à l’eau sur le spot de la Jetée à St Pierre quand il se fait renverser par un requin. Il regagne le rivage sans être blessé.
Le 8 mai 2013, Stéphane Berhamel (35 ans), en lune de miel sur l’île, se fait attaquer par un requin sur le spot des Brisants et décède de ses blessures. 13125028 1135743269809205 2632833775707337230 n
Le 15 juillet 2013, Sarah Roperth (15 ans) en vacances est dévorée par un requin alors qu’elle se baigne à deux mètres du bord dans la Baie de St Paul.
Le 26 octobre 2013, Tanguy (25 ans) se fait arracher une jambe par un requin alors qu’il se baigne à une dizaine de mètres du rivage à l’Etang Salé.

2014 : 1 attaque 
Le 22 juillet 2014, Vincent Rintz (51 ans) est attaqué en milieu de journée par un requin sur le spot de St Leu. Il est gravement blessé au mollet et au bras.

2015 : 4 attaques / 2 morts
Le 14 février 2015, Talon Bishop (22 ans) se fait dévorer par un requin alors qu’elle se baigne à quelques mètres du rivage à l’Etang Salé.
Le 12 avril 2015, Elio Canestri (13 ans), surfeur du Pôle espoir, est mortellement attaqué par un requin bouledogue sur le spot des Aigrettes.
Le 1er juin 2015, Eddy Chaussalet (47 ans) est attaqué sur le spot du Port. Alors qu’il n’est qu’à quelques mètres du rivage, le requin lui mord le bras provoquant de profondes lacérations.
Le 22 juillet 2015, Rodolphe A., surfeur, est attaqué à St Leu, il sera amputé du bras droit.

2016 : 1 attaque
Le 27 août 2016, Laurent Chardard (20 ans) est attaqué par un requin sur le spot de Boucan-Canot. Les filets de protection dont dispose la plage ne sont pas opérationnels ce jour-là et la flamme rouge hissée. Le jeune homme est mordu à la cheville et au bras.

2017 : 2 attaques / 2 morts
Le 21 février 2017, Alexandre Naussac (26 ans) est attaqué par un requin sur le spot Santana, situé à l’embouchure de la Rivière-du-Mât. Il décède de ses blessures avant l’arrivée des secours.
† Le 29 avril 2017, Adrien Dubosc (29 ans) est attaqué par un requin bouledogue sur le spot de la Pointe au Sel, situé à 5 km au sud du spot de St Leu. Il décède de ses blessures malgré l'intervention des secours rapidement sur place.
Le 18 juin 2017, un homme d'une quarantaine d'années est attaqué sur le spot des Roches Noires à 10h du matin. L'inspection quotidienne du filet de protection était en cours et l'autorisation de baignade et d'activités nautiques n'avait pas encore été donnée. Le requin, d'une taille estimée à +2 mètres, a mordu le bodyboard sur une trentaine de cm de large, et légèrement blessé le pratiquant au niveau de la hanche. 

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Photo © JIR 

 

4 - LA POSITION DES SCIENTIFIQUES

« Il y a un déséquilibre de l’écosystème marin »

Les spécialistes des requins à La Réunion ont reconnu le 13 mai 2013 qu’il y avait -déjà à cette époque- « un déséquilibre, une densité anormale (de requins), une agressivité, une côte ouest infestée, des spécimens de taille importante. » Au début, ceux-ci étaient très mesurés, pour ne pas dire contre l’avis des usagers de la mer. Lesquels affirmaient la forte présence de requins aux abords du littoral de la côte ouest.

Les résultats du programme CHARC (Connaissances de l'écologie et de l'HAbitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de la Réunion) qu’ils ont remis à la Préfecture, font ainsi état d’un « déséquilibre de l’écosystème marin au large de la Côte Ouest », ce qui aurait dû conduire depuis quatre ans à une régulation raisonnée de la population des requins dans la zone.

Installé à La Réunion depuis 1988, Philippe Mespoulhé est docteur en biologie marine et créateur de l'association Carcharodon : « Aucune étude scientifique ni aucun prélèvement n'empêchera les attaques. Je pense néanmoins que certains spécimens identifiés et sédentarisés de plus de 3 mètres, qui représentent une menace évidente pour les usagers, devraient être prélevés. Au nom de la survie des océans, il faut certes accepter la présence des requins – qui ne sont ni cruels ni sanguinaires – pour conserver l'équilibre général du milieu. Mais une réflexion s'impose : la régulation d'une population d'animaux qui pose problème doit rester envisageable. »

Bernard Séret, chercheur à l’IRD, déclarait en 2013 que « On ne peut pas avoir un parc d’attractions aquatiques et une réserve au même endroit. Il faudra faire un choix. »

 

5 - LA POSITION DES USAGERS DE LA MER

« Un impact sur les espèces alentours »

Tous les usagers de la mer s’accordent à dire qu’il y a toujours eu des requins à La Réunion.
Mais ils font savoir que les plages de Boucan Canot, des Roches-Noires, de Trois-Bassins et de Saint-Leu étaient jusque-là préservées.

La présence de requins en surnombre a également un impact sur toutes les espèces alentours. Avec des prédateurs en surnombre, les petites espèces qui se nourrissent de poissons et de crustacés ne peuvent plus sortir du récif car ils s’y cachent dans le corail. Ceux qui s’en éloignent se font alors manger par les requins sur les fonds sableux.

Un pêcheur indiquait récemment : « Cette réserve n’est en rien une pépinière, elle n’est que la réserve de nourriture des requins. Faudra-t-il attendre qu’ils se mangent entre eux pour espérer un retour à la normale ? »

 

6 - LA POSITION DES SURFEURS REUNIONNAIS

« Pas un massacre des requins mais un retour à l’équilibre »

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Réunis sous plusieurs associations, ils demandent une prise en compte de ce problème à sa juste valeur, car cette situation débouche sur des conséquences dramatiques pour l'économie, la vie sociale et pour des familles endeuillées.

Dans ce cadre, ils vont dans le sens d'une « régulation raisonnée », telle qu'elle est demandée par les autorités et les acteurs politiques locaux, dans le but de retrouver un équilibre avec les activités humaines et l'environnement.

Ils s’expliquent : « Notre démarche vise à reconstituer un équilibre entre l'homme et la nature, tel que définit par la notion écologie. Notre situation exceptionnelle mérite forcément un traitement exceptionnel. Le risque requin à La Réunion est démesurément plus fort que n'importe où ailleurs dans le monde. Il faut dire qu’à La Réunion, l'impact de l’écologisme (idéologie extrémiste, rien à voir avec la vraie écologie) a placé sans que l'on se rende compte notre requin depuis plusieurs années à la pointe de la protection des espèces de requins côtiers dangereuses que sont le tigre et le bouledogue. Les surfeurs de La Réunion ont servi de cobayes à une vaste expérimentation grandeur nature, et en ce sens sont devenus les nouveaux martyrs de cet écologisme moderne. Notre rôle est de conseiller et d'accompagner l'État, les politiques, et les scientifiques dans le respect de nos compétences, à savoir celle de l'expertise du terrain. » Les surfeurs de La Réunion ont un message clair. Dans un communiqué en date de 2013, ils faisaient savoir qu’ils ont « toujours accepté et vécu avec le risque requin à La Réunion en toute connaissance de cause (...) Malgré les accidents dramatiques, aucune "élimination des requins" n’est demandée par qui que ce soit à La Réunion. Il n’est donc, en aucune façon, question "d’élimination de requins" à La Réunion, mais de régulation de quelques spécimens (...). Les surfeurs sont d’ailleurs opposés à la pose de filets, ces mesures étant bien trop létales pour la faune marine. La gestion de l’environnement sur le terrain et le développement durable demandent des compromis entre les activités humaines et la préservation de la faune, de la flore et des habitats, bien loin des dogmes écologistes bio-centrés et des idées toutes faites. L’ensemble de solutions, qui est préconisé et issu du fruit des travaux entre scientifiques, monde de la conservation et associations à La Réunion, est d’ailleurs le plus écologique qui soit au monde (...) Si nous aimons tous rêver de grands territoires sauvages et de nature insoumise, les Réunionnais aimeraient cependant pouvoir vivre sur leur île, se baigner, surfer, manger du poisson, et conserver une activité touristique, d’autant plus dans un contexte économique critique. Ces activités humaines, doivent, comme partout en France, et si possible sur le reste de la planète, se faire en respectant la Nature, et chacun sera bien inspiré d’agir sur son lieu de résidence, pour une connaissance des réalités de terrain et une efficacité accrue. (...) L’heure des tranchées entre environnementalistes et surfeurs a fait long feu et est stérile. »

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7 – LES SCIENTIFIQUES RECONNAISSENT LA PRÉSENCE ANORMALEMENT ÉLEVÉE DE REQUINS DANS LES EAUX RÉUNIONNAISES

A la Reunion le requin tue encore- Selon une étude des scientifiques de La Réunion remise le 13 mai 2013 au Préfet de La Réunion, il y a « un déséquilibre, une densité anormale de requins, une agressivité, une côte ouest infestée, des spécimens de taille importante »; Cette étude faisait déjà été d’un « déséquilibre de l’écosystème marin au large de la Côte Ouest ».

- Quand on parle requin à La Réunion, on parle ici d’un prédateur hors norme, furtif. On sait de manière empirique que, depuis une dizaine d’années, le nombre de requins bouledogues s’est intensifié. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas un nombre en augmentation peut-être exponentielle.

- La vente de requin bouledogue et de requin tigre est interdite au prétexte que leur chair contiendrait une toxine (Ciguatera). Depuis 1999, et cette interdiction, aucun cas d’intoxication n’a été relevé à La Réunion alors que la population locale continue d’en consommer.

 

8 - LA GESTION REQUINS CHEZ LES VOISINS DE LA RÉUNION

- Après deux attaques mortelles en 2011, le gouvernement des Seychelles a obligé les petits pêcheurs à reprendre la pêche côtière aux requins et à relancer la consommation. Depuis 2011, les Seychelles ont instauré une filière de pêche aux squales artisanale et durable, soumise à quotas, réajustés chaque année selon que les prises augmentent ou diminuent.

- L’Afrique du Sud pêche 600 requins par an et dispose de 40 km de filets maillants sur ces côtes, installés au large des plages publiques. Ce dispositif a été installé voici plus de 60 ans.

 

9 - DES CONSÉQUENCES DIRECTES SUR L’ÉCONOMIE

- De février 2011 à décembre 2015, date de mise en service de filets de protection sur deux plages de la station balnéaire de St Gilles les Bains, la Réunion a enregistré une baisse significative de la fréquentation du tourisme : -11% de touristes en 2013. Et -60% sur les réservations en 2014.

- De nombreux commerces de restauration, de souvenirs et d’accessoires de plage ont fermé leurs portes sur la station balnéaire de Saint-Gilles.

- Au plus fort de la crise requins, 16 des 17 écoles de surf ont fermé leurs portes. - Des dizaines de personnes ont directement perdu leur emploi.

- Les plages de la seule station balnéaire de l’île qui accueillaient de nombreux nageurs et baigneurs avec masque et tuba, s’adonnant aux joies des loisirs nautiques en toute quiétude, n’ont plus eu d’activité sur cette période.

- Depuis décembre 2015, la pose de filets non maillants de protection sur les plages les plus populaires de l’île, Boucan Canot et les Roches Noires, ont permis une relance de l’économie locale et un retour du tourisme.

 

10 - LA POSE DE FILETS DE PROTECTION SUR DEUX PLAGES

12961151 1116889738361225 1243214087415869084 o- Près de 30 mois d’interdiction totale du surf, depuis l’arrêté préfectoral du 26 juillet 2013, prennent fin le vendredi 11 décembre 2015 à Boucan canot. Première plage, et premier spot de surf, de La Réunion à disposer d’un dispositif de sécurité. D’une longueur totale de 700 mètres, pour une profondeur maximale de 11 mètres, le filet couvre toute la zone de baignade et de surf, du nord au sud de la plage la plus populaire de l’île. La surface sécurisée couvre 8 hectares, soit l’équivalent de 67 piscines olympiques.

- Après Boucan Canot, c’est au tour de la plage des Roches Noires, à St Gilles les Bains, de réceptionner officiellement son filet de protection le vendredi 5 février 2016. La baignade et les activités nautiques, dont le surf, sont désormais sécurisées et autorisées. Le dispositif de protection contre les requins couvre une surface de 57 000 m2. 531 mètres linéaires de filets ont été installés au niveau du spot des Roches Noires. Les travaux et l’entretien sont financés par les fonds européens, la Ville de Saint-Paul, l’État et la Région. Comme à Boucan Canot, ce dispositif est unique au monde puisque la technologie utilisée n’affecte en aucun cas la faune sous-marine.

- Au total, 141 000 m2 de surface (84 000 m2 à Boucan Canot et 57 000 m2 aux Roches Noires), soit l’équivalent de 120 piscines olympiques, sont désormais protégés. Plus de deux millions € sont investis sur quatre ans pour la maintenance des dispositifs de protection.

- Les usagers de la mer, baigneurs et surfeurs, peuvent à nouveau s’adonner aux plaisirs nautiques sur ces deux espaces protégés. Un service de maintenance inspecte quotidiennement les filets longs chacun d’environ 700 mètres et immergés d’une dizaine de mètres. L’ouverture des plages ne se fait qu’après leur feu vert.

- La technologie utilisée, dite non maillante, ne peut provoquer de dommages collatéraux : pas de poissons ou de tortues pris dans les mailles (de 40 x 40 cm). Aucun requin ne peut non plus être pris dans ces mailles dites carrées. D’un coût total de 1,5 million €, financés à 80% par la Région Réunion au travers de ses fonds propres et des fonds européens, avec la participation de l'état (CNDS) et de la commune de St Paul, le dispositif permet au surf réunionnais de retrouver une activité régulière.

 

11 - LES DECISIONS PRISES PAR L’ÉTAT

- Un arrêté préfectoral interdisant toute pratique nautique entre en vigueur en juillet 2013. La baignade et les activités nautiques sont interdites sur cette île tropicale de l'océan indien hors lagon (donc impossible pour le surf). - Suite à l’attaque du 8 mai 2013, Jean-Luc Marx, Préfet de La Réunion, décide et déclare : ° la mise en place de dispositifs physiques de réduction du risque dans des zones à surveiller, dans le but de créer un obstacle entre le prédateur et la zone d'activités humaines. Il s’agit de dispositifs destinés à piéger les requins qui s’approcheraient de trop près des plages sans forcément les tuer, ceux retrouvés vivants pourraient être marqués puis libérés. ° la reprise de la pêche traditionnelle, suite aux résultats de l’étude sur la ciguatera, qui permettrait une relance de la consommation. Un effort de pêche est le moyen de garantir la pérennisation économiquement viable d'une pression sur la population des requins côtiers dangereux, grâce à la commercialisation de leur chair, et socialement acceptable car ces poissons seront pêchés pour être consommés. ° un arrêté préfectoral intitulé « capture après attaque » est en phase de finalisation. Les usagers de la mer travaillent sur ce dossier avec les scientifiques.

- L’arrêté préfectoral du 12 février 2016, portant réglementation temporaire de la baignade et de certaines activités nautiques restreint, dans la bande des 300 mètres du littoral du département de La Réunion, sauf dans le lagon et, en dehors du lagon, dans les espaces aménagés et les zones surveillées définies par arrêté municipal, les activités les plus exposées au risque requin. Les filets sur les plages de Boucan-Canot et des Roches Noires (commune de Saint-Paul) au sein de zones d’expérimentation opérationnelle (ZONEX), ouvrent des espaces de pratique surveillée hors lagon. Cependant, la pratique de la baignade et des activités nautiques au sein de ces zones aménagées n’est possible que dans les conditions et aux créneaux horaires portés à la connaissance des usagers par les services municipaux sur site. En effet, la disponibilité des filets, qui ne peut être assurée de façon permanente en raison des conditions météorologiques de l’hiver austral (houle), conditionne notamment l’ouverture effective de ces ZONEX. En dehors des conditions et créneaux horaires précisés par les services municipaux, notamment à l’aide de la signalétique sur zone (drapeaux, fanions, panneaux...), la pratique des activités nautiques est dangereuse et formellement interdite.

- Le 8 février 2017, le Préfet de La Réunion prolonge l’arrêté interdisant la baignade en dehors des lagons, des espaces aménagés et surveillés et des zones expérimentales sous surveillance jusqu’en février 2018.

 

12 - LA RÉUNION À LA POINTE DE LA PROTECTION DES REQUINS

- La Réunion est à la pointe de la protection des requins dans le monde depuis 14 ans :

° la commercialisation de la chair des requins côtiers est interdite depuis 1999 pt215400.1365903.w430° la possession ou la vente d'ailerons de requins est strictement interdite depuis 2004 : une exemplarité mondialement reconnue.

- La France pêche environ 20.000 tonnes de requins chaque année. La France importe plus de 3.400 tonnes de produits de requins pour la cosmétique et la pharmacopée.

- L’Europe est le 3e exportateur mondial d'ailerons de requins en Asie.

- Les États-Unis sont à l'origine de la politique de pêche massive des requins dans le monde au début des années 1980. En 2013, plusieurs milliers de requins sont péchés et tués à des fins uniquement récréatives notamment en Floride.

- Chaque année, 1,4 million de tonnes de requins est pêché par an dans le monde (soit entre 26 et 76 millions de requins) pour 2012 selon « Marine Policy ».

- Une reprise normale de la pêche artisanale de requins à La Réunion représenterait 1/1.000.000 de la pêche artisanale dans le monde. [Source www.opr.re]

 

13 - LES EXTRÉMISTES DE L’ÉCOLOGIE

- A La Réunion, les usagers de la mer sont fustigés par des extrémistes de l’écologie qui les traitent de barbares, eux, et tous ceux qui les soutiennent. La Fédération Française de Surf, Jérémy Florès, Kelly Slater : nous sommes tous des « assassins » à leurs yeux.

- Un extrémiste de l’écologie transformera le mot « pêcheur » en « barbare sanguinaire » ; il y a 48 millions de pêcheurs estimés sur notre planète, c'est une activité nourricière ancestrale.

- Un extrémiste de l’écologie écrira qu’il préfère voir un humain mort qu’un poisson pêché.

- Un extrémiste de l’écologie continue à s'acharner sur une communauté meurtrie et qui souhaite juste rétablir un équilibre.

- Un extrémiste de l’écologie expliquera que monde entier ne peut se passer d'un lieu aussi important pour la « survie de l’humanité », car les requins auraient quasiment disparu des océans selon le discours commun.

- Un extrémiste de l’écologie exige que les usagers de la mer à La Réunion abandonnent l’océan pour le bien de la planète tout entière.

- Un extrémiste de l’écologie n’ira jamais se documenter sur ce qu’il se passe réellement à la Réunion mais reprendra en boucle le discours commun qui place le requin en animal totem.

- Un extrémiste de l’écologie déversera sans cesse sa haine sur les réseaux sociaux mais ne fera rien pour aider l’environnement.

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14 - TÉMOIGNAGES

Philippe Mespoulhé, docteur en biologie marine et installé à La Réunion : « Certains spécimens identifiés et sédentarisés de plus de 3 mètres, qui représentent une menace évidente pour les usagers, devraient être prélevés. Au nom de la survie des océans, il faut certes accepter la présence des requins – qui ne sont ni cruels ni sanguinaires – pour conserver l'équilibre général du milieu. Mais une réflexion s'impose : la régulation d'une population d'animaux qui pose problème doit rester envisageable. »

Bernard Séret, chercheur à l’IRD : « On ne peut pas avoir un parc d’attractions aquatiques et une réserve au même endroit. Il faudra faire un choix. »

Bertrand Baillif, pêcheur professionnel à La Réunion : « On a tellement protégé le requin qu’aujourd’hui il y a une surpopulation de requins. On sait qu’il y a une surpêche au large qui rabat les requins sur nos côtes. En pêche de nuit, on perd 30% de notre pêche à cause du requin. »

Gérard Romiti, président du comité national des pêches de La Réunion : « Il y a beaucoup de méthodes à employer, il faut que les requins soient pêchés par les pêcheurs professionnels pour réguler ce problème. C’est un débat difficile. Le pêcheur doit être vu comme une sentinelle de la mer. Je touche du doigt ici, à une catastrophe humaine. »

Alain Hoarau, pêcheur de requins de père en fils : « Avant, on sortait jusqu’à 6 ou 7 squales par semaines. Aujourd’hui, j’en vois dix fois plus, si ce n’est 100 fois plus. »

 

15 - L’ÉTAT DE SANTÉ DU SURF RÉUNIONNAIS

- Les spots se sont dépeuplés depuis six ans. Certains surfeurs bravent cependant toujours l’interdiction de se mettre à l’eau en vigueur depuis juillet 2013.

flores surf

- Avec la pose des filets de protection depuis décembre 2015 et février 2016, les spots de Boucan Canot et des Roches Noires permettent de nouveau une pratique légale du surf. 

-Depuis l’été 2013, le Pôle espoirs Réunion s’entraîne dans les Landes chaque mois de juillet.

- Les surfeurs du Pôle Espoirs et les licenciés de la Ligue réunionnaise bénéficient également du programme Vigie Requins pour surfer sur un spot sécurisé 5 jours par semaine tout au long de l’année.

- Vigie requins : pour sécuriser les spots, les associations de prévention, la Ligue réunionnaise de surf et leurs partenaires ont mis en place un programme de vigie sous-marines. Armés d’arbalètes, des plongeurs sécurisent les entraînements ou les sessions de free surf sur un même spot. En plus de ce dispositif, des vigies sur des stand up paddle et/ou sur un zodiac patrouillent plus au large.

- Face au risque trop grand, la Ligue de surf et les associations OPR et PRR demandent à tous les surfeurs : soit de ne plus se mettre à l’eau, soit si la passion est trop forte de redoubler de prudence, en redoublant de vigilance sur l'environnement immédiat, et d'éviter toute mise à l'eau isolée, ou dans des conditions jugées à risques. La période à venir de l’hiver austral reste a priori la plus propice aux attaques de requins.

 

16 – FAUT-IL INTERDIRE LE SURF À LA RÉUNION ?

Non car les surfeurs sont les Saint-Bernard de l’océan !

- Les surfeurs sont les usagers les plus vulnérables à La Réunion, car la mer est souvent agitée et n'est pas propice à la baignade. Ce sont eux qui sont en première ligne, et qui constituent la quasi-totalité des dernières victimes. Pour autant, il ne serait pas honnête de penser qu'une simple stigmatisation de cette communauté, voire une interdiction totale, suffirait à stopper les attaques à La Réunion. Si les surfeurs ne sont plus présents, les attaques continueront sur des plongeurs, des baigneurs, des véliplanchistes, etc. -

La perte de l'activité surf pour une région constitue un préjudice important car ce sont des véritables Saint-Bernard de l’océan, auxiliaires indispensables de la sécurité en mer, comme en témoignent les nombreux sauvetages et assistance aux baigneurs qu'ils réalisent chaque année sur les côtes du monde entier.

 

17 - L’AVENIR DU SURF À LA RÉUNION

- Le surf a de l'avenir à la Réunion. Il est inconcevable d'arrêter l'activité. C’est un atout économique pour l'île, il faut trouver des solutions à cette crise requins.

- La Fédération Française de Surf assure qu’elle se battra pour que le Pôle Espoir continue à fonctionner à La Réunion. La Réunion représente 50% des effectifs des équipes de France de surf.

 

18 - LA POSITION OFFICIELLE DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE SURF

- La FFS rappelle que la Réunion est la seule île au monde où la baignade et le surf sont interdits en raison de « la présence anormalement élevée de requins particulièrement agressifs », selon les spécialistes sur place.

- La FFS tient à souligner qu’elle ne cautionnera jamais le massacre de requins. Elle regrette qu’un amalgame soit délibérément fait par des personnages mal intentionnés entre la pêche industrielle qui prélève à des fins commerciales près de 20.000 tonnes de requins chaque année en France et la prise de quelques spécimens par des pêcheurs traditionnels réunionnais.

- La FFS rappelle qu’elle défend le monde marin et les sites naturels. On ne peut pas l’accuser de vouloir nuire à la nature.

- La FFS n’a pas attendu ces évènements pour être solidaire de la protection de toutes les espèces menacées.

- La FFS est solidaire des surfeurs et des associations d’usagers de la mer, qui luttent pour un retour à la normale à La Réunion. Au prétexte de la sauvegarde de certaines espèces de requins, qui ne sont pas rappelons-le protégées, La Réunion ne peut devenir un sanctuaire de requins bouledogues, lesquels ont ruiné l’écosystème originel. Il en va de la vie de ses habitants, de ses enfants.

- La FFS ne peut plus tolérer que la sauvegarde des usagers de la mer soit bafouée par des propos déplacés.

- La FFS ne peut plus tolérer que la mémoire des surfeurs morts et des surfeurs mutilés soit bafouée par des propos injurieux.

- La FFS demande aux pratiquants de pratiquer dans les zones sécurisés et de respecter les interdictions de surfer en vigueur sur les autres sites.

- Consciente des enjeux humains et environnementaux, la Fédération Française de Surf s’implique et soutient les usagers de la mer, les surfeurs réunionnais et tous les licenciés de la Ligue réunionnaise de surf.

 

POUR ALLER PLUS LOIN : http://www.requinsreunion.fr/

 

La vidéo ci-dessous date de 2015 (on en est désormais à 22 attaques, 9 morts) et explique ce qu'il se passe à La Réunion en 2 minutes 

 

Vidéo associée

Dernière modification le : 18 juin 2017
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