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SUP : la France dans le TOP 3 mondial !

SUP : la France dans le TOP 3 mondial !  © Photo ISA/Bielmann

Sans aucun athlète en prone paddle, rame allongée dont la Fédération Française de Surf n’a pas délégation ministérielle, la France termine 11e au classement général des nations aux championnats du monde au Mexique (10-17 mai). Mais en établissant un classement uniquement sur le Stand Up Paddle, elle est troisième derrière les USA et Hawaii. Et devant l’Australie et le Brésil ! Vous avez dit place forte ?

 

 

Que restera-t-il de cette campagne mexicaine ? 

Voilà la question qu’il faut désormais se poser une fois les planches rangées. Une question qui apporte plusieurs réponses. Notre bilan doit ainsi se faire sur le plan sportif en général, sur les performances individuelles et sur la dynamique de groupe au cours des 12 jours passés en commun à Sayulita.

 

Le bilan sportif

Avec deux surfeurs en finale et six finalistes en race, l’équipe de France a tenu son rang aux championnats du monde au Mexique. Si elle ne rentre pas à la maison avec un champion du monde comme en 2012 (Antoine Delpero) et en 2014 (Titouan Puyo), elle ramène une médaille de bronze et trois médailles de cuivre (4e place, spécificité de l’International Surfing Association). 

Cinquième au Nicaragua, la France visait le podium au Mexique. Mais contrairement à l’édition précédente où le calendrier avait permis à ses surfeurs de faire les courses en paddleboard, l’équipe a cette fois fait l’impasse et chuté à la 11e place au classement général établi sur le SUP et le paddleboard. 

Mais lorsqu’on établi le classement général des nations exclusivement sur le Stand Up Paddle, l’unique discipline dont la Fédération a la charge sur le territoire français et pour laquelle elle envoie une sélection nationale chaque année, la France fait un bond pour se hisser à la 3e place ! Une véritable performance au regard du plateau présent cette année. Les Mondiaux 2015 étant d’ailleurs considérés comme les plus relevés de l’histoire. 

Sur le podium des nations du SUP surf et SUP race, la France participe activement au développement de la discipline. Les Etats-Unis comme Hawaii (considéré comme une nation par l’ISA) reconnaissent d’ailleurs la place de la France dans le concert mondial et regardent déjà dans le rétroviseur. Sur ce podium grâce aux performances de ses athlètes, la France est donc devant l’Australie et le Brésil, deux autres grandes nations, deux immenses viviers de spécialistes du SUP. 

A ce titre, le développement de la discipline initié par la fédération en métropole et à l’outremer porte ses fruits. La multiplication des courses agréées par la FFS permet de détecter et de former les plus jeunes, de détacher une élite, de constituer un collectif. Dont la mission est de représenter la France au plus haut niveau à l’international. 

 

 

Les performances individuelles

Titouan Puyo : Animateur de la course et à la bagarre sur la Longue Distance dont il détenait le titre, le Calédonien a participé au sprint final pour la médaille de bronze, qui lui échappe pour quelques dixièmes de secondes. Quatre jours après sa 6e place, Puyo a de nouveau sprinté pour le bronze de la beach race. Avec un coeur aussi gros que ses biceps, l’ancien champion de va’a s’est arraché pour laisser le Danois Steinfath un centième de seconde derrière lui. A 23 ans, dont seulement trois de SUP, il a le mental et le physique, il lui reste à travailler la technique pour continuer à progresser. 

Antoine Delpero : Le capitaine de l’équipe. L’artiste et le guerrier. Paradoxalement, le talentueux surfeur, un des rares à manoeuvrer sur le rail, sait se muer en un compétiteur redoutable. Capable de se sublimer pour aller chercher une quatrième finale en quatre éditions consécutives sans passer par les repêchages. Deuxième derrière l’Américain Poynter, il se fait doubler par le Tahitien Poenaki et le Mexicain Hernandez dans les dernières minutes d’une finale mexicaine aux vagues malheureusement indignes d’un championnat du monde. Ce n’est pas une excuse, mais un constat. 

Caroline Angibaud : Compétitrice dans l’âme, la leader des world series 2015, après sa victoire fin février à Hawaii, a dominé les premiers tours, proposant un surf au-dessus des Gomez, Pacceli et Ruano. Mais la machine vendéenne a buggé quand le spot est passé sur le mode anarchie. A la loterie du choix de vagues, Angibaud a manqué de chance. Comme Delpero, elle dégringole de la deuxième à la quatrième place dans les derniers instants de sa finale.

Céline Guesdon : Quel engagement ! L’Azuréenne s’est battue comme une lionne sur les 20 km de la Longue Distance pour remonter une à une ses concurrents et se placer en 3e place au dernier tour. Une chute à l’avant-dernière bouée lui ôte le bonheur de la médaille de bronze derrière l’intouchable duo Appleby-Augaitis. Mais elle monte sur le podium des ISA avec le drapeau et le béret. Malade et incapable de ramer aussi fort cinq jours plus tard, elle a puisé dans ses dernières forces pour prendre la 7e place de la beach race, après avoir participé à l’énergie à la sixième place du relais français. 

Arthur Daniel : La révélation de ces Mondiaux. Une 8e place qui le place à 44 secondes du podium ! Et devant des pointures comme Léo Nika (Italie), Beau O’brian (Australie) ou encore Dylan Frick (AfSud). Sur le grill pendant 8 jours, le jeune Breton (19 ans) a lâché les chevaux dès le départ de la finale beach race. Cinquième dans le premier tour, il a commis une errer de jeunesse au premier passage sur le sable qui l’empêcha de continuer à ramer avec le groupe de tête. Daniel représente l’avenir du SUP français et sa première expérience si tôt lui permettra de ramer avec davantage d’assurance sur les prochaines échéances.

Jérémy Massière : Dans les petites vagues poussives de Sayulita, le grand gaillard a su envoyer des manoeuvres puissantes mais aussi produire du flow, et fut d’ailleurs un des rares à surfer jusqu’au shore break. On pensait vraiment le voir aller plus loin que sa 9e place, surtout après avoir sorti le vice-champion du monde australien Jackson Close. Mais la casse de deux dérives sur sa meilleure planche, et un manque de chance dans son dernier heat avec une seule série de vagues correctes alors il n’était plus au pic, l’ont empêché de grimper dans la hiérarchie, à une place plus conforme à son niveau.

Eric Terrien : Il a reconnu lui même avoir pioché sur la Longue Distance et sa 13e place ne correspond pas à sa valeur réelle. Un départ moyen lui empêche de coller au peloton et tous ses efforts pour revenir dans le train de tête ont fini par l’épuiser. Quatre jours plus tard, il a offert à (presque) lui tout seul la sixième place du relais. Parti en 9e position, il a grillé trois adversaires à la rame, dont l’Espagnol sur la plage, démontrant qu’il était un grand monsieur du SUP. 

 

La dynamique de groupe

L’équipe de France est une équipe ! Cela peut paraître évident. Mais en observant le comportement du collectif, l’empathie de chacun pour ses compatriotes, l’intégration des nouveaux, la joie de vivre en commun pendant 12 jours, la solidarité sans artifice et la motivation inamovible, on s’aperçoit que les résultats individuels ont leur essence dans la dynamique du groupe. A Sayulita, le collectif a avancé soudé, uni, sans faille. 

Modelée par ses devancières équipes de France de surf des 10 années écoulées, revues et corrigées par le staff technique mis en place par la FFS et son head coach Patrick Florès, l’équipe de France de SUP a surfé sur les mêmes valeurs : performance, détermination, solidarité, patriotisme. On ne trahira aucun secret mais les briefings quotidiens en soirée ont fini de forger l’union entre chaque personnalité. Tout le monde prenant régulièrement la parole pour s’exprimer selon un rituel bien établi, le dernier speech revenant au capitaine Delpero. 

L’équipe de France a ses leaders, ses tauliers. Ses trentenaires qui la guident et lui permettent, avec leur expérience, de se mesurer avec assurance aux autres. A Sayulita, Delpero, Angibaud et Terrien ont amené leur part de succès mais ont surtout été au service de leurs coéquipiers. Voir un Terrien faire le caddie pour le jeune Daniel, le conseiller et l’encourager est une aubaine pour l’équipe. Surprendre un Delpero insuffler une mentalité de gagnant à ceux qui ne croient pas totalement en eux est une arme redoutable. Regarder Angibaud ramer jusqu’à l’épuisement pour le relais permet de comprendre l’engagement et l’amour du maillot tricolore.

Et puis il y a les coaches. Stéphane Corbinien, le directeur des équipes de France de surf et de Sup; celui qui connait mieux que personne les rouages et les subtilités d’un championnat du monde ISA; qui met en place les stratégies en accord avec les athlètes et avec Serge Lougarot, le cadre technique national en charge de la discipline à la FFS. Entraîneur hors pair, celui-ci a multiplié les séances de race pour les quatre sélectionnés. A suivi chaque série et chaque course au bord de l’eau, talkie-walkie en main pour échanger avec Corbinien, volontairement placé en hauteur pour mieux apprécier le spot et le site de course.

Enfin, il y a le « doc ». Une volonté de la Fédération de toujours embarquer un médecin avec l’équipe de France. Une assurance tous risques, surtout en Amérique latine ou du Sud. Au Mexique, Pascal Depaire a traité deux gastros, une crampe d’estomac, deux entailles profondes, une entorse, et autres petits bobos. Se mettant avec discrétion, sérénité et efficacité au service des athlètes et du staff. 

Rappelons pour conclure que 80% des athlètes internationaux présents aux Mondiaux de Sayulita ont payé tout ou partie de leur déplacement, voire même leur tenue. La FFS a, elle, entièrement pris en charge le déplacement de l’équipe de France, comme elle l’a toujours fait.

 

Et maintenant ?

L’International Surfing Association n’a pas encore annoncé où se tiendront les 5es championnats du monde en 2016. Mais avec 9 pays européens sur les 27 participants au Mexique, on peut espérer voir la compétition franchir l’Atlantique. Le Danemark et son (ex)double champion du monde Casper Steinfath, par ailleurs vice-président de l’ISA, travaillerait sur le dossier. A moins que les Etats-Unis, qui ont réussi à détrôner l’Australie après trois années de domination sans partage, ne prennent la main. 

Au regard des trois premières éditions, et de celle-ci, l’ISA serait bien avisée de trouver, enfin, un vrai spot de surf pour que le spectacle soit digne de championnats du monde. La beach race dans les vagues a fait un carton et elle doit assurément se reproduire dans des conditions similaires. 

La France, elle, a moins d’un an pour mettre sur pied une équipe tout aussi compétitive. On l’a vu, elle est sur le podium des nations en SUP. Elle doit y rester. Avec qui ? La Direction Technique Nationale est la seule compétente à établir les sélections et à choisir les athlètes qui représenteront le pays l’an prochain. L’important sera d’avoir des sportifs tout aussi performants pour un tel rendez-vous, tout en maintenant la même cohésion de groupe qui fait la force de l’équipe de France. 

Et puis, c’est l’Arlésienne, la Fédération Française de Surf tentera de convaincre l’an prochain, et pour la cinquième fois, la Fédération Française de Sauvetage et Secourisme pour qu’elle se joigne à elle afin de former une équipe de France complète en intégrant, enfin, le prone paddleboard. On concluera en vous disant que les Français excellent aussi dans cette discipline. On a vu pire comme horizon. 

 

 

L’EQUIPE DE FRANCE

SUP Race : Eric Terrien (Longue Distance), Titouan Puyo (Longue Distance et Technical Race), Arthur Daniel (Technical Race); Céline Guesdon (Longue Distance et Technical Race)

SUP Surf : Antoine Delpero (capitaine), Jérémy Massière ; Caroline Angibaud

Staff : Stéphane Corbinien (team manager), Serge Lougarot (coach), Pascal Depaire (médecin)

 

LE CLASSEMENT PAR EQUIPES

1. USA 12.123 pts

2. Australie 10.814 pts

3. Hawaii 10.285 pts

4. Nouvelle-Zélande 9.211 pts

5. Brésil 8.191 pts

6. Mexique 8.141 pts

7. Afrique du Sud 7.940 pts

8. Espagne 7.799 pts

9. Tahiti 6.465 pts

10. Pérou 6.400 pts

11. France 5.939 pts

12. Argentine 5.630

13. Japon 5.507 pts

14. Canada 5.006 pts

15. Grande Bretagne 4.619 pts

16. Italie 4.036 pts

17. Danemark 3.698 pts

18. Suède 3.523 pts

19. Costa Rica 2.435 pts

20. Irlande 1.705 pts

21. Chili 1.660 pts

22. Venezuela 1.516 pts

23. Pays-Bas 1.270 pts

24. Barbade 900 pts

25. Suisse 715 pts

26. Iles vierges 700 pts

27. Salvador 690 pts

 

LE CLASSEMENT UNIQUEMENT STAND UP PADDLE

[sans le prone paddleboard, avec le relais]

1. USA 7.723 pts

2. Hawaii 6.736 pts

3. France 5.939 pts

4. Mexique 5.771 pts

5. Australie 5.761 pts

6. Brésil 5.513 pts

7. Nouvelle-Zélande 5.246 pts

8. Tahiti 4.812 pts

9. Afrique du Sud 4.544 pts

10. Espagne 4.536 pts

 

LES RESULTATS DES FRANÇAIS AUX MONDIAUX 2015

Titouan Puyo : médaille de bronze en beach race, 6e place en Longue Distance

Eric Terrien : 13e place en Longue Distance, 6e place en relais

Arthur Daniel  : 8e place en beach race

Céline Guesdon : 4e place en Longue Distance, 7e place en beach race, 6e place en relais

Antoine Delpero : 4e place en SUP Surf, 6e place en relais

Jérémy Massière : 9e place en SUP Surf, 6e place en relais

Caroline Angibaud : 4e place en SUP Surf, 6e place en relais

 

LE PALMARES DES MONDIAUX 2015

Sup Surf messieurs : Sean Poynter (USA)

SUP surf dames : Izzi Gomez (USA)

Longue Distance messieurs : Danny Ching (USA)

Longue Distance dames : Candice Appleby (USA)

Beach race messieurs : Connor Baxter (Hawaii)

Beach race dames : Candice Appleby (USA)

Prone Paddle Longue Distance messieurs : Lachie Lansdown (Aus)

Prone Paddle Longue Distance dames : Jordan Mercer (Aus)

Prone Paddle beach race messieurs : Jack Bark (USA)

Prone Paddle beach race dames : Jordan Mercer (Aus)

Relais : Australie

 

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Dernière modification le : 21 mai 2015
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