Le quatuor français 2e tour

Au lendemain du doublé français historique chez les dames, ce sont les messieurs qui ont pris la relève aujourd’hui aux Championnats du Monde de Surf ISA à Biarritz. Soudés comme jamais, les tricolores Jérémy Florès, Joan Duru, Vincent Duvignac et Dimitri Ouvré se sont tous qualifiés pour le 2ème tour.

Leur mission joliment accomplie au ISA World Surfing Games, à peine étaient-elles descendues du podium que Pauline Ado et Johanne Defay quittaient Biarritz. Direction les Fidji, où elles disputeront du 28 mai au 2 juin une étape du circuit professionnel. En réalisant lundi le doublé dans l’épreuve féminine (Ado 1re, Defay 2e), la Basque et la Réunionnaise ont fait le plein de points dans l’optique du titre par équipes, l’objectif numéro 1 des Bleus dans ces Mondiaux des nations. Dès lundi après-midi, les hommes ont pris le relais.
Deuxième de sa série du 1er tour derrière le Canadien Noah Cohen, Dimitri Ouvré a assuré l’essentiel en se qualifiant directement pour le 2e tour dans des conditions vraiment pas évidentes. Ce mardi matin, ça a été au tour de Vincent Duvignac de faire son entrée dans la compétition. Là encore, le Français n’a pas eu grand-chose à se mettre sous les dérives, mais les quelques gauches qu’il a pu travailler backside lui ont garanti la première place de sa série. Lui aussi évite le repêchage.
Duvignac : « On se donne plein de conseils »
Comme à chaque fois qu’un(e) Français(e) se met à l’eau pour disputer une série de ces ISA World Surfing Games, les autres membres du team France ont suivi le heat de Duvi depuis la plage, au plus près de l’action, afin d’encourager leur coéquipier. Un soutien sans faille, reflet d’un groupe soudé, qui ravit le Mimizannais : « Au sein de l’équipe, on est tous contents de se retrouver. Avec Jérémy, nos premières sélections en équipe de France remontent à 2000. On a eu pas mal de sélections ensemble ensuite et donc aussi de bons souvenirs en commun. Joan, je le connais très bien, depuis mes débuts avec Patrick (Florès). Et Dimitri pareil, on se côtoie depuis longtemps. L’ambiance est super au sein de l’équipe, on se donne plein de conseils. »
Ces derniers mois, Vincent Duvignac avait mis la compétition entre parenthèses pour se concentrer sur sa carrière de free surfeur. Mais alléché par ces ISA World Surfing Games « à la maison », qui plus est sur un spot qu’il connaît par cœur et où il a pris l’habitude de gagner (un titre de champion de France en octobre dernier ou encore la Maïder Arosteguy en avril), le Landais a fait les efforts nécessaires pour figurer dans la sélection. « Pour moi, ces Mondiaux représentent une opportunité incroyable d’être dans l’équipe de France avec des gars que j’admire », confie Vincent Duvignac. « Être soutenu par eux, c’est génial. J’ai donné le meilleur de moi-même en avril dans les compétitions européennes dans le but d’être sélectionnable, ce qui n’était pas du tout le cas il y a deux mois dans la mesure où j’avais fait zéro compétition. Ça s’est bien passé et quand j’ai reçu le coup de téléphone pour m’annoncer la sélection, j’étais fou de joie. Je profite de chaque instant. »
Duru et Florès complètent le sans-faute bleu
En fin de journée, après un break bienvenu de quelques heures pour laisser le temps à la marée de redescendre, Vincent Duvignac a pris place à son tour sur le sable, drapeau tricolore en main, pour encourager Joan Duru et Jérémy Florès. Aucun des deux n’a flanché. Même les petites vagues ventées proposées par le spot basque lors de son passage n’ont pas perturbé Duru. Actif d’entrée de série sur les gauches, le Landais s’est rapidement constitué un matelas de points suffisant pour s’installer en tête.  Avant de trouver une droite, en fin de heat, sur laquelle il a libéré ses habituels turns backside dévastateurs. « Ça fait du bien de rentrer dans la compétition ! », savourait le Français à sa sortie de l’eau. « Les séries ne durent que 20 minutes, ce dont on n’a pas l’habitude et je ne voulais pas me faire prendre par le temps. Je voulais construire mon total petit à petit et monter en puissance plutôt que d’attendre une bonne vague et qu’elle n’arrive pas dans ces conditions changeantes. »
Sur la plage, l’excitation est montée d’un cran avec les grands débuts dans ces World Surfing Games de sa plus grande star : Jérémy Florès. Le capitaine de l’équipe de France n’a pas eu à forcer son talent de surfeur du CT pour se défaire du Canadien Logan Landry, du Néerlandais Remi Petersen et du Marocain Elharim Abdelkhalek. Dès sa première vague, le Réunionnais a fait une première différence en enchaînant quatre turns backside sur une gauche (6,00 points). Jamais inquiété par ses adversaires, il a scellé son succès sur une ultime longue gauche, récompensée de la meilleure note (6,67) de la série.  « J’étais content de me mettre à l’eau. Ça fait quatre jours qu’on est ici et qu’on vit des choses intenses surtout après ce que les filles ont réalisé lundi. C’est bon de relâcher la pression de la première série », souriait, soulagé, Jérémy Florès.
Les Brésiliens se font remarquer d’entrée
Tour de chauffe des favoris de ces ISA World Surfing Games qui réunissent 47 nations, le 1er tour du tableau principal est allé à son terme ce mardi soir. L’Argentin Facundo Arreyes a signé le total le plus élevé des 44 séries avec 16,34 points, suivi de près par le Portugais Pedro Henrique, ancien champion d’Europe WSL, avec 16,17 points, et le très à l’aise Mexicain Dylan Southworth (16,16). La meilleure vague (8,93) revient au Costaricien Jair Perez.
À l’instar des Bleus, le team lusitanien a réussi un sans-faute avec les qualifications, outre d’Henrique, de Gullherme Fonseca, José Ferreira et Miguel Blanco.  Les Brésiliens sont arrivés et Elivelton Santos s’est signalé d’entrée en réussissant un air double grab, gratifié d’un 7,83. Largement de quoi lui permettre de gagner sa série. Il a ensuite été imité par son compatriote, pensionnaire du CT, Ian Gouveia, que l’on retrouvera donc au 2e tour. Idem en ce qui concerne Raoni Monteiro. L’ancien surfeur auriverde de l’élite a dominé le champion du monde ISA en titre, Leandro Usuna, dans l’une des séries les plus relevées de ce 1er tour.
Le Brésilien et l’Argentin rallient directement le 2e tour. La plupart des autres têtes d’affiche, à commencer par l’Uruguayen Marco Giorgi, le Sud-Africain Dylan Lightfoot ou encore les Tahitiens Ariihoe Teefaafana et Hira Teriinatoofa en ont fait de même. Mauvaise surprise en revanche pour l’Espagne : seulement 3es de leur série, Jonathan Gonzalez et Luis Diaz devront en découdre en repêchages, qui sont au programme de ce mercredi.


REACTIONS  

Jérémy Florès (1er de sa série du 1er tour) :
« On a tous bien commencé la compétition, maintenant il faut continuer. La série était dure, franchement j’étais un peu perdu. Je n’ai plus trop l’habitude de surfer ce genre de vagues compliquées. Mais bon je suis content de faire premier. Mon rôle de capitaine ? On a une équipe magique, filles et garçons ont énormément d’expérience, je n’ai pas beaucoup à leur apporter. Juste des petits conseils de temps en temps. Eux aussi me motivent beaucoup. Pour moi, cette épreuve est peut-être plus compliquée que celles du CT. Là je surfe pour mon équipe, c’est une pression supplémentaire. Quand j’affronte Kelly Slater ou Mick Fanning, si je perds, je ne peux m’en vouloir qu’à moi-même. Là je veux vraiment marquer un maximum de points pour l’équipe. En plus tu surfes contre des mecs que tu ne connais pas forcément, qui n’ont pas de partenaires pour voyager, mais qui sont des surfeurs incroyables. Ils sont dangereux. »

Joan Duru (1er de sa série du 1er tour) :
« C’était un peu bizarre hier quand les filles ont gagné, c’était top, elles ont tout pété, mais après, on avait presque l’impression que la compétition était finie. C’était un peu dur de se remettre dedans et ça fait vraiment du bien d’avoir commencé. Deux séries avant la mienne, les vagues n’étaient pas trop mal, un peu plus au bord. Là, c’était un peu plus loin, plus petit et avec plus de vent. C’était un peu compliqué, mais je savais qu’il fallait juste ne pas tomber pour passer la série. Jérémy (Florès) est un capitaine top, il est tout le temps là pour nous encourager. »

Vincent Duvignac (1er de sa série du 1er tour) :
« Je pensais que les vagues étaient mieux que ça. Il y a deux à trois heures de cela, on avait quand même des vagues assez consistantes. Il est vrai que sur la fin de la marée basse, comme souvent à la Grande Plage, les vagues se font un peu plus rares. Il fallait rester patient pour essayer d’attraper ses deux meilleures vagues. Ça s’est bien passé, j’étais confiant. Je suis assez serein, j’ai des bonnes planches en ce moment, je connais bien l’endroit. Le Turc m’a bien décontracté au début parce qu’il n’était pas sûr d’être dans la bonne série, j’ai trouvé ça rigolo. Je suis content d’avoir pu enfin rentrer dans cette compétition que j’attendais avec impatience. Les filles ont vraiment bien bossé hier, elles nous ont apporté le maximum de points. Leur parcours exemplaire nous inspire. Le but, c’est d’aller chercher l’or par équipes et on verra pour l’individuel. »

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