Eric Terrien 8e de la Molokai

Malgré des conditions délicates, un changement de bateau suiveur de dernière minute et un GPS inactif, Eric Terrien a su trouver sa route pour rallier Oahu et prendre la 8e place au général. Malgré des conditions délicates, un changement de bateau suiveur de dernière minute et un GPS inactif, Eric Terrien a su trouver sa route pour rallier Oahu et prendre la 8e place au général.  © Photos Michel Terrien

Le Français termine dans le Top 10 mondial de la Paddle board World Championship, la mythique course à la rame qui a eu lieu il y a quelques jours entre les îles Molokai et Oahu, à Hawaï. 

Les conditions furent particulièrement difficiles cette année, le vent était trop faible, loin des 20-30 nœuds habituels, la houle insuffisante, et les deux n'étaient pas orientés au mieux. En SUP, 92 athlètes, originaires de 10 pays, ont eu la joie de franchir la ligne d'arrivée, individuellement (59) ou par équipe. Eric Terrien termine en 5h 24mn 36s. Pour sa troisième participation il reste largement le meilleur Européen, bien installé dans le top 10. Côté français, le Tahitien Tamarua Cowan (11e) et le Guadeloupéen Stéphane Bodet (20e) entrent dans le top 20. 

La traversée du mythique Ka'iwi Channel entre les îles hawaiennes de Molokai et de Oahu est  le théâtre d'un championnat du monde de paddleboard  depuis 1997. Les SUP ont été invités à la fête dès 2006. Entre les deux îles, la combinaison du vent violent et de la houle qui s'engouffre dans l'étroit et profond (700m) canyon sous-marin a de tout temps été redoutée par les hawaiens. En juillet, à la date de la traversée, la  direction habituelle des alizés et du swell assure des allures portantes et de bons surfs. Le Ka'iwi Channel (Ka'iwi signifie « os ») est ainsi un lieu idéal pour ce championnat du monde de longue distance océanique (51 km). 

Comme tous les coureurs, Eric est loin de son record personnel, lui qui détient le huitième temps record de la traversée, en 4h35. Le plaisir d'enchainer de longs surfs était absent cette année, il fallait pagayer sans fin, parfois dans du clapot croisé épuisant. Malgré ces conditions, la planche unlimited de 17 pieds, conçue pour cette course avec Patrice Remoiville, a montré tout son potentiel.

Tous les meilleurs mondiaux étaient présents, le plateau étant le plus relevé qu'ait jamais connu cette épreuve devenue incontournable. Parmi eux certains spécialistes hawaiens de ces downwinds océaniques en planche unlimited, peu connus en Europe, sont très forts sur leur terrain. Ils ne furent d'ailleurs pas à la fête cette année, leur glisse incomparable et leur capacité à lire le plan d'eau pour enchainer les surfs ne suffisaient pas, il fallait aussi être un pagayeur puissant et très résistant.

Au départ, l'une des options d'Eric était de garder en ligne de mire les deux hawaïens Connor Baxter et Kai Lenny (favoris avec le californien Danny Ching et l'australien Travis Grant, futur vainqueur). Kaï Lenny avait à bord de son bateau accompagnateur les deux meilleurs spécialistes du parcours (chaque concurrent est accompagné par son propre bateau), son choix pouvait être supposé bon. Mais leur cap vers le sud n'était pas cohérent avec les prévisions météo du français, qui rechercha finalement la route directe.

Après avoir pagayé sans voir quasiment aucun concurrent pendant plusieurs heures (ce qui est normal),  Eric approcha Oahu au niveau de la falaise appelée China Wall.  A ce point de passage, un regroupement de quatre coureurs se fit, sur les surfs en pied de falaise. Ensuite sur les derniers kilomètres face au vent, la technique et la puissance d'Eric ainsi que le shape de sa planche creusèrent un écart important avec ses poursuivants.

Source : Jade Paddle Surf 44

 

« Je ne voyais pas Oahu, ce n'était pas normal… »

Dans une interview à notre confrère de GetUp Sup Mag, Eric Terrien revient sur sa course. Extraits. 

Comment s’est déroulée ta course ? Quelle route as-tu choisie ?
La course a été très longue. Cela n’avançait pas. Je pense que j’ai pris une route assez sud par rapport à l’année dernière mais comme je n’avais pas mon GPS déclenché, je ne pouvais pas contrôler. Trois jours avant la course, mon capitaine, la personne qui m’avait escorté l’année dernière, m’a annoncé qu’il vendait son bateau et qu’il ne pourrait pas me suivre. Il m’a trouvé une autre personne et tout s’est bien déroulé au niveau logistique. Par contre, ce nouveau capitaine n’avait pas dû escorter beaucoup de riders et je ne sais pas s’il savait où il allait réellement, il manquait d’expérience et ne me donnait pas assez d’informations sur l’eau comme celui de 2012. Connor Baxter et Kai Lenny ont tout de suite opté pour une route très au sud, je les ai suivis. Mais au bout d’une heure et demie, j’ai fait un point avec le bateau et je ne voyais toujours pas Oahu, ce qui n’était pas normal. Étant descendu au sud, je me retrouvais donc avec l’arrivée sur ma droite. J’ai donc changé de cap et j’ai croisé Livio Meneleau qui faisait route encore plus au sud.

D’où une certaine confusion j’imagine ?
Exactement. Je ne sais pas pourquoi Kai et Connor ont choisi cette option sud. C’était une option très radicale. Trois jours avant la course, j’ai croisé Dave Kalama et Kai Lenny qui étaient sur le parking d’arrivée du Maliko. Ils me donnaient des prévisions très différentes de celles que j’avais. D’où peut-être cette option radicale. Il faut savoir qu’il y avait en plus une tempête tropicale qui approchait et qui perturbait beaucoup les prévisions. Je pense que Kai et Connor ont tablé sur une absence de vent. 

Tu es parti vite, comment s’est passé le départ ?
La logique aurait été de se placer en haut de la ligne de départ, sur le côté nord, ce qu’a fait Travis. Danny, Kai et Connor étaient de l’autre côté, au sud. Je me suis mis avec eux. Danny avait l’air très décontracté, c’était même assez marrant. Pendant le décompte avant le départ, Kai et Connor étaient déjà prêts à partir, à genoux sur la planche 5 minutes avant le coup de trompe alors que Danny était tranquillement assis les jambes dans l’eau. 

Ton résultat, 8ème, tu es content ?
Je m’en suis bien sorti. Je pensais être plus loin au classement. Heureusement que j’avais une bien meilleure planche que celle de l’année dernière. J’ai quelques modifications à faire pour encore l’améliorer et poursuivre cette phase de développement mais ce séjour a été instructif.

L’interview est en lire dans son intégralité en cliquant ICI 

 

 

Dernière modification le : 08 août 2013
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