Titouan Puyo : « J'ai d'abord pensé que je n'avais plus ma place »

A 32 ans, Titouan Ouzo va vivre ses 8es mondiaux de Sup avec l'équipe de France. Un record. A 32 ans, Titouan Ouzo va vivre ses 8es mondiaux de Sup avec l'équipe de France. Un record.  © ISA

Capitaine de l'équipe de France championne du monde l'an dernier à Porto Rico, Titouan Puyo n'a pas raté une seule édition des Mondiaux de stand up paddle depuis sa première cape et son premier titre mondial en 2014. A 32 ans, le "doyen" est sorti de sa retraite pour un nouveau challenge, et un événement en France qu'il ne pouvait pas rater : les championnats du monde 2023 aux Sables d'Olonne du 24 septembre au 1er octobre. Interview.


Quelle a été ta première réaction à l’annonce de l’organisation des championnats du monde en France ?
Ça a été une bonne surprise. On a souvent des surprises avec l'ISA (International Surfing Association, ndlr) quant aux choix des sites et des dates. Là, c'en est une très bonne. La Vendée est une région dynamique dans le sport.

Tu as annoncé en début d'année arrêter les compétitions professionnelles, mais tu nous confirmes que tu es bien sur les starting blocks pour participer aux championnats du monde avec l’équipe de France ?
Je ne suis effectivement plus sur le circuit. Ça se sait, ça se voit. J'ai commencé à travailler à temps plein en Nouvelle-Calédonie. Si je veux bouger, ce sont sur mes congés. Je n'ai donc pas fait de courses pros cette année. Mais je me suis bien entraîné chez moi, et j'ai aussi fait du va'a (pirogue polynésienne, ndlr), qui m'a permis de faire beaucoup de foncier. Je suis à bloc en tout cas !

Bien qu'en retrait des circuits, le comité de sélection t'apporte sa confiance en te convoquant en équipe de France pour tes huitièmes Mondiaux consécutifs…
Le choix de la fédération a été de me prendre et je dois dire que c'est une sélection… originale, car on ne m'a pas trop vu cette année. J'ai pensé dans un premier temps que je n'avais peut être plus ma place. Mais je voulais quand même savoir si j'étais encore "sélectionnable". Je me suis donc confrontré à Clément Colmas, qui est le deuxième homme fort de la saison derrière Noïc Garioud. A son retour en Calédonie, on s'est entraîné tous les deux et on s'est régulièrement confrontés. Ensemble, on a vu que j'étais encore dans le coup, que je pouvais encore être explosif. Avec lui, on a fait le choix de ma participation. Si j'avais vu que ça ne le faisait pas, j'aurais dit non. Ça va effectivement être mes 8es Mondiaux. Ça commence quand même à sentir la fin.

 

FRA ath Titouan Puyo ath ph Ben Reed ph 1

Ces championnats du monde en France vont être dingues avec le soutien du public. Tu ne pouvais pas rater cet événement, non ?
J'habite en Nouvelle-Calédonie mais mon frère vit en France, j'ai de la famille en France. Nul doute que tous les autres membres de l'équipe de France auront aussi le soutien de leurs familles, de leurs amis et de leurs supporteurs. C'est une ambiance particulière quand on est chez soi. On l'a vu lors des éditions précédentes dans les autres pays. Ça pousse fort. On espère une belle ambiance, un beau public. On compte sur les Vendéens et sur les passionnés de Sup pour venir nous encourager et assister à cette compétition. Ça change de ce qu'on voit d'habitude, là c'est par équipes.

Penses tu que ces Mondiaux pourront aussi avoir un impact sur le SUP dans l’Hexagone ?
Même si le Sup est connu, il est encore marginal. J'espère que les médias français joueront le jeu. Il y a la coupe du monde de rugby en ce moment, on aura donc beaucoup de belles choses à voir en France fin septembre.

Connais-tu les Sables d’Olonne et que penses-tu du site retenu ?
Oui, je connais. J'ai beaucoup ramé dans la baie des Sables en va'a avec le CKCL, le club local. C'est un plan d'eau ouvert, intéressant, il y a des vagues, et même s'il n'y a pas de vent, ce n'est jamais plat. Ici, c'est l'océan. J'ai rendu visite plusieurs fois à Caroline Angibaud et j'ai un peu surfé à Tanchet aussi, c'est un beau spot. Et j'ai aussi plusieurs fois participé à la célèbre Vendée Glisse, à St Jean de Mont.

La France est double championne du monde en titre. Es-tu optimiste pour la passe de trois ?
"Jamais deux ans trois", dit-on. Et puis, ce sont les Mondiaux à la maison. On va surtout évacuer la pression particulière de cette édition en France. Ou plutôt la rendre positive pour être performants. On espère évidemment briller chacun de notre côté sur nos courses, ce qui voudra dire qu'on ne sera pas loin du titre par équipes.

Qu’est-ce qui fait aujourd’hui la force de l’équipe de France ?
Sa diversité. Il y a un groupe qui se connaît, des anciens qui sont là depuis plusieurs années, un staff qui est bien rodé aussi. Les jeunes arrivent, ils font beaucoup de compétitions à l'année. Ils vont vite comprendre les routines de l'équipe de France. J'espère qu'on va passer un bon séjour et apporter des émotions à nos supporteurs.

 

 

Dernière modification le : 13 septembre 2023
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