Hugo Savalli : « J'ai fait une croix sur le surf à La Réunion »

Pour Hugo Savalli, champion de France il y a tout juste un an à Anglet, « le danger à La Réunion est 100 fois plus présent » à La Réunion que « n'importe où ailleurs sur la planète. » Pour Hugo Savalli, champion de France il y a tout juste un an à Anglet, « le danger à La Réunion est 100 fois plus présent » à La Réunion que « n'importe où ailleurs sur la planète. »  © Photo Yves S./FFS

Champion de France Open en titre, le Réunionnais Hugo Savalli est le grand absent des championnats de France de Brétignolles-sur-Mer (19-27 oct.). Très affecté par les nombreuses attaques de requins sur son île, il n'a plus mis les pieds à l'eau depuis quatre mois. Confidences.

Quand as-tu surfé pour la dernière fois ?
Je ne surfe plus à la Réunion depuis le décès d’Alex (Rassiga) à Trois-Bassins, en juillet 2012. Je surfais avec lui la veille. Comme à chaque fois, j’ai été profondément choqué par cette attaque mais, là, c’était celle de trop. J’ai eu la chance de pouvoir voyager les mois qui ont suivi pour arriver dans une forme correcte aux championnats de France 2012. Ensuite, je n’ai pas surfé pendant 5 mois. Début avril, j’ai fait un trip d’une semaine à Madagascar où j’ai pu enfin resurfer. Un mois après, le jour de mes 30 ans, je me suis autorisé un surf à St Leu. Une session mémorable d’ailleurs, des conditions idéales et très peu de monde à l’eau. J’ai également resufer de très bonnes vagues le lendemain. Mais, le surlendemain, une autre attaque à eu lieu à St Gilles. Cette fois, un touriste venu en lune de miel… Ce jour là, j’ai fait une croix sur le surf à La Réunion. A ce jour, je n’ai pas mi un pied à l’eau depuis un trip en Indo il y a 4 mois. Et croyez-moi, ça me démange tout les jours.  

Que penses tu des gens qui ont continué à surfer à La Réunion et de ceux qui se remettent à l'eau ?
C’est difficile. Le surf est plus qu’un simple hobby. Certains acceptent le risque en se rattachant au Karma et d’autres font tout simplement un déni. Mais la réalité est que le danger est 100 fois plus présent qu'à n’importe quel endroit de la planète. 

Pourrais-tu toi aussi craquer et y retourner ?
Bien sûr que je pourrais craquer, le surf me manque terriblement ! Mais d’un autre coté j’ai peur. 

Es-tu optimiste ? Penses tu qu'une situation acceptable comme celle que La Reunion connaissait avant 2011 puisse revenir ?
La situation peut revenir si on réagi vite. Mais les autorités ne font rien. Ils dépensent des millions pour apprendre à connaître les requins et pendant ce temps on se fait bouffer. Aujourd’hui, un arrêté préfectoral interdit la baignade et la pratique du surf à La Réunion ! Sur une ile ! Mais rien n’est fait en parallèle pour réduire le risque. Les autorités ont peur du peule d’un coté et du lobbing écologiste de l’autre. Alors ils jouent la montre en avançant d’un pas puis en reculant de deux...

Tu ne viens pas défendre ton titre de champion de France Open alors que tu étais qualifié d'office. Pourquoi ? Manque de forme ? Manque d'envie ?
J’ai beaucoup hésité à venir. Je suis en bonne forme physique mais je n’ai quasiment pas surfé cette année. J’avais aussi des projets qui coïncidaient plutôt mal au niveau des dates. Et puis je préfère rester sur une victoire. 

L'équipe de La Réunion engagée en Vendée peut-elle défendre ses chances ou penses-tu qu'il va y avoir une baisse des résultats ?
La Réunion a toujours été un des meilleurs viviers à champions au niveau international. Je crois qu’une bonne partie de l’équipe a émigré en métropole pour pouvoir surfer. On devrait pouvoir tirer notre épingle du jeu. Pour être honnête, je ne connais pas toute la sélection mais j’ai beaucoup d’espoir en Medi Veminardi en surf Open et Yoan Florentin en bodyboard.  

Quand te reverra-t-on sur une planche ?
Dès mon prochain trip. J’ai vraiment hâte !

 

Dernière modification le : 17 octobre 2013
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